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Bhagavad Gita in French Language

 

Gita In French Language

 


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This translation in French is from the English Gita of the IGS
by
Philippe De Coster, DD, president
GITA SOCIETY OF BELGIUM
Parklaan, 81
B9000, GENT
BELGIUM
E-mail contact: fb060913@skynet.be


 

La Bhagavad Gîtâ en Français

 

traduit par Philippe L. De Coster D.D.

 

suivant le  Sanscrit et  l'œuvre

 

de

 

Ramananda Prasad, Ph.D.

 

 

 

INTRODUCTION À LA BHAGAVAD GÎTÂ

 

Message à l’Humanité :

 

Aujourd’hui, après deux guerres mondiales, l’histoire semble répéter ses leçons à l’humanité d’une voix plus forte que jamais parce que la turbulence et la souffrance sont généralement inhérentes à l’histoire politique, affectent directement ou indirectement des sections toujours plus grandes de l’humanité. Et, pourtant, il ne semble pas que ces leçons aient été mieux apprises qu’avant. Pour un esprit réfléchi, plus poignante et plus navrante que les nombreux exemples individuels de souffrance que fournit l’histoire récente un peu partout dans le monde, est l’étrange et tragique monotonie de conduite qui pousse l’humanité à un nouvel accès de folie qu’on appelle la guerre. Le même vieux mécanisme est de nouveau en marche, l’interaction de la convoitise et de la crainte. A ce monde malade et vraiment insensé qu’est la nôtre, vient un enseignement ancien de vérité et de sagesse éternelle, de conduite infaillible, qu’est la Doctrine de la Bhagavad Gîtâ, résumé des livres Sacrés de l’Hindouisme. Elle vient avec la question ardente, pleine de bienveillance, mais calme et discrète, de savoir si, cette fois, l’humanité sera prête à saisir la main secourable que le Seigneur Krishna et Arjuna ont tendu à l’humanité souffrante à travers l’Enseignement éternel, en particulier de  la Gîtâ. Ou bien le monde attendra-t-il encore jusqu’à ce qu’il ait réussi à conjurer une épreuve encore plus macabre que la dernière guerre mondiale et d’aujourd’hui dans bien de pays dans le monde qui peuvent se terminer par le déclin final de l’humanité, tant matériel que spirituel ? Le message du Seigneur Krishna vient au monde comme un moyen d’aide efficace aux afflictions et problèmes actuels et comme un remède radical contre le mal. Le dialogue du Seigneur Krishna et son charretier Arjuna, vieux de 3000 ans, cette vraie sagesse est toujours jeune et toujours à la portée de l’esprit ouvert qui atteint péniblement ses hauteurs en Occident, mais qui a une époque de déclin religieux a quand-même chance d’être écouté.

 

Principaux commentaires :

 

La Bhagavad Gîtâ, « Le Chant du Seigneur », occupe une place unique parmi les Saintes Écritures de l’Inde, et en est le résumé. La Gîtâ affirme l’unité de la vie et sert parfaitement de guide pour l’homme d’aujourd’hui de part les quatre coins du monde, de toute race et culture, grâce à son approche pragmatique de la vie qui en fait un véritable guide. La Gîtâ ne nous cache rien, car elle met l’homme devant les faits de la vie en tant que champs de bataille, car rien ne s’accomplit sans efforts. Dans la lutte de la vie, le petit livre de 700 versets invite l’homme à découvrir l’action juste au cœur même de l’existence. La vie elle-même est une alternance de trois étapes, la création, la préservation, et la destruction, qui sont indissociable de l’activité incessante de l’éternel recommencement de la Nature comme le déroulement des quatre saisons. La Gîtâ est une porte ouverte vers la vie intérieure et à la fois extérieure, nous aidant à nous maintenir dans cette vie, croître et nous renforcer, prendre conscience, en nous apprenant à fonctionner suivant l’attitude juste, inspirée par l’amour grâce à la perception de l’Existence éternelle, le Suprême Absolu.

 

Le Seigneur Krishna délivre son enseignement à Son ami Arjuna, qui représente dans la Gîtâ l’homme de hier, aujourd’hui et demain, celui qui à travers les âges ne change pas mais qui doit changer en se formant, car il porte en lui la faculté de se brancher bien au-delà du visible et du tangible. Arjuna a un problème précis à régler au début de la Gîtâ, et le Seigneur Krishna se contente à l’aider, à nous aider aujourd’hui à le résoudre nous aussi.

 

La vie est un mystère insondable, mais la Gîtâ nous fait découvrir les grandes valeurs de la vie. Les manifestations de la vie sont actuellement déroutantes, non seulement par leur infinie multiplicité, mais aussi par des contradictions, des oppositions, des conflits qui laissent supposer une anarchie complète. Des théories patiemment élaborées, des lois savamment établies s’effondrent brusquement par une nouvelle constatation qui bouleverse les observations précédentes. Et, pourtant, la vie obéit aux lois cosmiques, comme tout ce qui existe. La vie est la Loi elle-même, et ses principes sont simples. Mais on ne peut en découvrir le mécanisme, dans l’infinité des rouages, des pièces de ressorts, de leviers, des canalisations électriques et humorales qui s’enchevêtrent, des multiples inter réactions chimiques, biochimiques et électrochimiques, de l’action des radiations cosmiques, lumineuse, telluriques, électo-magnétiques de toutes sortes de toutes puissances, de toutes provenances, qui s’enchevêtrent et se conjuguent ou se contrarient et se bousculent dans un véritable carrousel, en un chaos où il est impossible de se reconnaître. Mettez-vous sur le plan spirituel de la Gîtâ et alors tout s’éclairera. Axez vos recherches sur la vie spirituelles de la Bhagavad Gîtâ et vous trouverez la solution que vous cherchez vainement dans l’attachement aux fruits de votre labeur. L’enseignement de la Gîtâ est clair : l’action dans la société ne peut pas être évitée, et le monde des objets (samsara) ne peut pas être nié. Bien au contraire, nous devons l’utiliser intelligemment, en mettant tous nos efforts dans le détachement (l’action désintéressée), car il nous donne un moyen d’éliminer les tendances égoïstes qui voilent le Soi.

 

En ces « Temps Nouveaux » aujourd’hui, pendant que les anciennes valeurs de nos parents disparaissent, la Gîtâ nous invite à méditer sur la Vérité Une. C’est par la méditation, ce que nous verrons plus loin, que l’homme en tant que personnalité, est touché par la vibration du Moi Spirituel (l’Âme), cherche à l’atteindre en éliminant  le moi égoïste de manière de s’élever au-delà de l’attachement matériel. C’est par la méditation ou l’extension du concret à l’abstrait, que la conscience Causale est pénétrée, et l’homme durant cette période finale, devient le Moi Spirituel et non plus la personnalité.

 

La Bhagavad Gîtâ est postérieure au grand  mouvement incarné par les Upanisads primitives, et antérieure à la période de développement des systèmes philosophiques et de leur rédaction en sutras. Ses constructions archaïques et d’autres références internes nous induisent à penser que le merveilleux petit livre est une œuvre de l’ère préchrétienne, dont la date pourrait être fixée 5 siècles avant Jésus Christ, malgré que le texte ait pu subir des altérations par la suite (Indian Philosophy, Vol. I, pages 522-25). La Bhagavad Gîtâ tend à inculquer deux choses à l’individu : d’abord, l’oubli de soi, puis l’action. Ce que nous croyons que Dieu nous inspire de faire demande cependant à être contrôlé, et c’est ici qu’intervient la nécessité de recourir aux avis et aux conseils de la Gîtâ, le meilleur gourou ou Père spirituel. C’est au niveau de la Gîtâ que le yogi (le dévot ou méditant) soumettra sa règle de vie personnelle. La Gîtâ en mains, le souci dominant devra être, répétons-le, de suivre de prés la volonté du Suprême Absolu. Le renoncement qui nous est demandé n’a pas d’autre sens. C’est un renoncement à l’orgueil, à l’obstination dans les idées purement personnelles et fausses, au caprice, à l’impressionnabilité, en vue de marcher sans entrave dans la voie des yogis ou dévots et de parvenir à cet amour dont les intuitions et les désirs ne feront plus qu’un avec la sagesse et l’amour du Seigneur Krishna. De l’étude de la Gîtâ et de son application à la vie naîtra la croyance qu’il y a un seul Esprit et non plusieurs ; que nous ne pouvons pas vivre pour nous seuls, mais que nous devons arriver à réaliser qu’il n’y a pas de séparativité et qu’on ne peut se soustraire au karma collectif de la race à laquelle on appartient et,  finalement, que nous devons penser et agir conformément à cette croyance. Tout cela, seul le Suprême Absolu, Dieu,  peut réaliser en nous, dans la lumière de sa sagesse et la force de sa grâce. Le yogi (le dévot) est celui ou celle qui attend tout du Suprême Absolu en se mettant sous l’abri de l’enseignement de la Gîtâ. Il ou elle ne va dans la solitude que pour se placer plus directement dans le rayonnement du foyer divin par un mode de vie, et la méditation d’après la Gîtâ. L’homme d’aujourd’hui proclame sa volonté d’unir tous les hommes par une seule Écriture, un seul Suprême Absolu, une seule philosophie et un devoir unique. La Bhagavad Gîtâ apporte tout cela.

 

L’histoire du Mahâbhârata :

 

La Srîmad Bhagavad Gîtâ, ou « le Chant Divin du Seigneur », est une partie du Mahâbhârata, l’une des grandes épopées de l’Inde. De par le trésor de sagesse qu’il contient, le Mahâbhârata est appelé « le cinquième Veda ». La rédaction de la Gîtâ est attribuée à Vyasa, le compilateur légendaire du Mahâbhârata. A cette époque donc, prospérait au Nord de l’Inde un royaume, Bhârata, qui était régné par Pându, le plus jeune de deux frères. L’aîné en effet, Dhrtarâstra, ne pouvait monter sur le trône, car il était aveugle depuis sa naissance.

 

Le roi Pându était marié à deux épouses, Kuntî et Madrî. La première eut trois fils : Yudhisthira, Bhîma et Arjuna. La seconde femme eut deux autres fils, Nakula et Sahadeva, des jumeaux. Dhrtarâstra, par contre avait épousé Gândhâri, qui par respect pour son mari aveugle, s’était volontairement bander les yeux, et ainsi elle partageait son sort.

 

Un jour le roi Pându tua tout accidentellement un brahmane, et pour expier cette faute, il décida e se retirer dans la forêt et d’y accomplir une vie d’ascèse. Ses fils furent confiés aux soins de Bhîsma, l’oncle de Pându et de Dhrtarâstra. Ce dernier plus tard devint roi à la mort de Pându. Le maître d’armes des fils de Pându (les Pândavas) et de ceux de Dhrtarâstra (les Kauravas) était le brahmane Drona. Les fils de Pându et de Dhrtarâstra grandirent et furent élevés ensemble ; cependant,  l’aîné des Pândavas, Yudhisthira, étant accepté par tous, fut considéré l’héritier légitime au trône.

 

Au fil de l’histoire, les Pândavas et les Kauravas développèrent leurs compétences respectives. Yudhisthira était l’incarnation même de la vérité, de la vertu, de l’honnêteté. Bhîma était d’une force surhumaine et toujours prêt à se battre. Arjuna, ami, disciple et dévot du Seigneur Krishna, incarnait l’idéal de l’héroïsme et de l’esprit chevaleresque. Tous les frères des Pândavas se distinguaient par la noblesse de leur caractère, et ils firent preuve par la suite de courage et de tolérance quand vinrent les épreuves. Les frères Kauravas par contre, au nombre de cent, étaient tout le contraire. L’aîné, Duryodhana était méchant, cruel et d’un esprit tortueux. Il savait absolument   et depuis très longtemps que son rival pour le trône était Yudhisthira, de là sa jalousie grandissante.

 

Le jour arriva où Yudhisthira fut couronné comme prince héritier, ce qui provoqua la joie par tout le royaume, grâce à sa droiture et bonté. Duryodhana, jaloux, monta un complot pour faire périr les cinq Pândavas. Le plan fut favorisé par le roi régnant Dhrtarâstra, qui attaché à son fils ne pouvait résister, échoua. Les frères Pândavas n’osèrent pas retourner rapidement à la cour, par crainte des persécutions. Ils habitaient la forêt pendant un certain temps, et c’est lors de ce séjour qu’Arjuna obtint la main de la princesse Draupadî, grâce à sa manipulation extraordinaire de l’arc. Tous retournèrent ensuite à la cour de Dhrtarâstra en exigeant que justice leur soit faite. Ils demandèrent que la moitié du royaume leur soit donnée, et Dhrtarâstra accepta, cependant sous l’impulsion de Bhîsma.  Les Pândavas élevèrent leur nouvelle capitale Indraprastha (près de la Delhi actuelle). Le royaume de Yudhisthira, bien gouverné, devint rapidement prospère. Le Seigneur Krishna était l’ami des Pândavas, et il conseillait Yudhisthira dans son administration. Arjuna avait aussi épousé Subhadrâ, la sœur de Krishna, et c’est ainsi que les deux amis devinrent très proches.

 

Duryodhana ne pouvait supporter de voir la prospérité de ses ennemis, et son envie ne connut plus de bornes lorsqu’il fut invité au couronnement du roi Yudhisthira. La gloire du roi Yudhisthira, et la splendeur de sa capitale Indraprastha, lui devenaient  intolérables et il jura de causer la perte des Pândavas. Dans ses plans obscures, il fut aidé par son oncle Sakuni : ce dernier jouait aux dés, érudit dans l’art de tricher et de gagner bien attendu. Duryodhana invita Yudhisthira à une partie de dés. Yudhisthira s’y rendit, attiré par l’amour du jeu. Sakuni jouait pour Duryodhana, et inévitablement gagna. Dans sa faiblesse, Yudhisthira peu à peu mit en jeu tout ce qu’il possédait, y compris son royaume, ses frères, et même son épouse! C’était le triomphe de Duryodhana grâce à Sakuni, tout en insultant les Pândavas devant toute la cours horrifiée. Finalement, Dhrtarâstra accorda la pleine liberté aux Pândavas, et tous s’en retournèrent.

 

Duryodhana en fureur, ne pouvant pas tolérer ce retournement de situation, persuada son père d’inviter les Pândavas à une nouvelle partie de jeu de dès. Le perdant devrait cette fois partir dans la forêt, et vivre une vie d’austérité pendant douze ans, et rester inconnu la treizième année, au risque sinon de devoir encore mener cette vie pendant douze autres années. Yudhisthira accepta la partie de dés et l’enjeu, et de nouveau perdit !

 

Les frères Pândavas vécurent douze ans dans la forêt, pratiquant des austérités, rencontrant des sages, en écoutant leur enseignement. Puis ils passèrent la treizième année de leur exil au royaume dur roi Virâta, sous des déguisements divers : Draupadi en servante de la reine, et Arjuna en eunuque maître de danse, Yudhisthira en courtisan du roi, le distrayant par son habileté aux dés, et Bhîma en cuisinier. Cela leur réussit de ne pas être découverts pendant cette dernière phase et treizième année de leur exil, et cela malgré les recherches acharnées de Duryodhana, les Pândavas revinrent à la cour de Dhrtarâstra réclamant leur royaume. Duryodhana refusa encore de leur donner le moindre morceau de territoire. Il fit des alliances avec d’autres rois puissants en vue d’une guerre éventuelle. Le Seigneur Krishna fit des tentatives de réconciliation, mais Duryodhana ne céda point et son père n’eut pas le courage ni l’intelligence de l’arrêter dans cette folie. La guerre fut ainsi inévitable.

 

Le Seigneur Krishna joua un rôle majeur dans ce conflit de longue haleine, bien qu’Il prit le parti de ne pas combattre. Sollicité à la fois par les Pândavas, il donna à Duryodhana son armée, et à la demande d’Arjuna, il accepta de conduire son char pendant la bataille. Les armées se trouvèrent le jour dit sur le champ de bataille du Kurukşetra, et Arjuna demanda alors au Seigneur Krishna  de mener son char au milieu des deux armées, afin qu’il puisse évaluer les forces présents. Quant-il fit l’armée adversaire, puissante et remplie d’amis et de parentés, Arjuna fut saisi de malheur et son seul et unique recours fut de se tourner vers son ami Krishna, et c’est ce que constitue en forme de dialogue, la « Bhagavad Gîtâ ». La grande guerre du Mahâbhârata fut effroyable, et les Kauravas furent complètement anéantis. Yudhisthira, pendant trente-six ans, régna avec justice sur le royaume réunifié et prospère.

 

L’effort de l’homme a sa place dans l’abandon total au Suprême Absolu ; abandon qui ne sait être dénué n’intention ni d’effort. La doctrine de la Grâce Divine ne doit pas s’interpréter comme une élection spéciale ; car, une telle conception contredirait la tendance générale de la Gîtâ à affirmer que le Suprême Absolu est « identique pour tous les êtres ». Donc, ne cherchez le Suprême Absolu, ni dans un lieu, ni dans l’espace. Fermez les yeux de votre corps, en chaînez votre imagination, et descendez en vous-même par la méditation, louange et prière : vous êtes ainsi en communion avec le Suprême Absolu. L’homme est contemplatif par destination et par structure, et d’une connaissance innée qui participe à celle du Suprême Absolu Lui-même, par l’œil de la foi le voyant face à face dans la ferveur d’une création parfaite visible et invisible, l’amour béatifique. Le connaître, c’est l’objet suprême de notre intelligence faite pour la Vérité Une, et L’aimer, c’est le tout de notre volonté avide du bien.

 

N’est-il pas étrange que le yogi construit pour s’épanouir dans la concentration, la méditation et la contemplation qui le dilate à la mesure du Suprême Absolu, et préfère l’action détachée qui le ramasse sur lui-même dans la volonté de vaincre et d’arriver au Salut, le Nirvana où il n’y a plus de retour dans le monde physique. Essayons de percevoir dans la Bhagavad Gîtâ quelque chose de ces échanges de Vérité Une, d’amour et de pratiques spirituelles dans le dialogue entre le Seigneur Krishna et Arjuna. Aucune joie humaine ne peut se comparer à cette félicité divine. Le yogi comprend qu’elle n’est pas un bien étranger à lui-même, moins encore une thèse à déchiffrer dans la littérature ou un spectacle lointain dont l’inaccessible splendeur rendrait sa vie érémitique ou la vie tout court dans le monde plus maussade.

 

La Méditation dans la Gîtâ :

 

Le yoga sous les formes proposées dans la Gîtâ ne peut être considéré uniquement comme un acte précis, d’une durée plus ou moins courte, mais présuppose la vie entière, dans les enceintes de l’ermitage ou ashram, ou en-dehors dans la vie familiale et de la société, tous se consacrant à l’exercice spirituel pour finalement atteindre le Nirvana (la libération des cycles incessants de transmigration). En effet, celui qui entreprend cette voie, est saisi d’un intense désir de libération. Il s’y prépare par une vie intègre et d’austérité, pour certains même ascétique, baignée dans la ferveur et la générosité de l’esprit, suivant les grands principes moraux (yama) propres aux ascètes et les observances (niyama) diverses décrétées par le ‘dharma’ de chacun. « L’homme sage  doit toujours observer le yama, mais non le niyama, car celui qui n’obéit pas au premier, alors qu’il observe le second, devient un proscrit. » (Manusmrti  4.204)

 

Les yama et les niyama sont :

 

(1)    La non-violence

(2)    La vérité envers tous les êtres

(3)    L’abstention de vol

(4)    Le célibat ou la maîtrise des sens

(5)    L’abstention d’avarice

(6)    La purification interne et externe

(7)    Le contentement

(8)    L’austérité ou la renonciation

(9)    L’étude des Saintes Écritures

(10)La dévotion totale à Dieu

(Yoga Sutra 2.30-32)

 

C’est par la méditation ou par le retrait que l’homme apprend la signification de l’esprit, la Force Vitale, qui s’applique finalement à tous le corps, et au-delà, jusqu’à rien ne reste sauf le Suprême Esprit Lui-même. C’est par la méditation ou l’extension du concret à l’abstrait que la conscience Causale est pénétrée, et l’homme devient finalement le Moi supérieur et non plus la personnalité. C’est par la technique de la méditation que l’homme en tant que personnalité est touché par la vibration de l’Ego, en cherchant à l’atteindre et à amener la conscience égoïque de plus en plus bas, de manière à inclure consciemment le moi inférieur au supérieur.

 

Comme on a déjà pu comprendre, l’étude de la Bhagavad Gîtâ n’est plus seulement pour nous une occasion d’accroître nos connaissances livresques, mais on y trouve également un manuel pratique de dévotion et de spiritualité qui, avec des faciles transpositions de termes, est utilisable dans le cadre de la plupart des religions, y compris le Christianisme. La méditation dans la Gîtâ est pour tous et chacun individuellement, en dehors ou à l’intérieur de l’érémitisme ou le cénobitisme, car les pratiques spirituelles et morales sont de toute façon assimilées aux austérités. Dans le chapitre 17, 14-19, ces austérités sont divisées en trois catégories : corporelles, verbales et mentales. Les austérités corporelles consistent à révérer les Dieux, les Brahmanes, les gourous et les sages par la pureté, l’intégrité, la chasteté et le refus de faire le mal. Les austérités verbales consistent à s’exprimer en paroles de bonté et de vérité et à pratiquer en permanence la récitation sacrée. Les austérités mentales consistent en sérénité de l’esprit, bienveillance, silence et maîtrise de soi. Par contre, les sévères austérités  physiques sont condamnées.

 

Voici donc le dit passage traduit directement en français de la version du Dr. Ramananda Prasad :

 

« Le culte des régnants célestes (Deva’s), le prêtre, le gourou, et les sages ; la pureté, la droiture, le célibat, et la non-violence, sont considérés comme l’austérité des actes. (17.14)

La parole non offensive, qui est véridique, agréable, bénéfique, et qui s’apprête à l’étude régulière des écritures est appelée l’austérité de la parole. (17.15)

La sérénité du mental, la douceur, l’équanimité, le contrôle du soi, et la pureté des pensées, est appelée l’austérité de la pensée. (17.16)

Cette triple austérité mentionnée ci-dessus (de la pensée, la parole, et les actes) pratiquée par des yogis persévérants, avec une foi inébranlable, sans désir d’en récolter les fruits, est dit d’appartenir au tempérament bonté. (17.17)

L’austérité pratiquée pour obtenir le respect, l’honneur, la révérence, et pour la cause de gloire extérieure qui s’appuie sur l’instabilité et l’éphémère est dit d’appartenir au tempérament passion. (17.18)

L’austérité pratiquée avec une obstination stupide, ou en se torturant, ou pour causer du tort aux autres, et dite d’appartenir au tempérament ignorance. (17.19) »

 

 

La technique de la méditation démontrée dans la Gîtâ est appelée « dhyâna », méditation prolongée, la septième étape du yoga, évoluant progressivement dans ce cadre, intègre petit à petit d’autres pratiques yoguiques. La méditation « dhyâna » est une des pratiques religieuses fondamentales et fréquentes dans l’hindouisme d’aujourd’hui, et par le monde. Les plus avancés dans la  vie spirituelles la pratiquent plusieurs heures chaque jour, tandis que ceux qui sont engagés dans l’activité du monde trouvent tout de même le temps, si ce n’est qu’un moment bref, de se recueillir devant l’image sacré du Seigneur Krishna ou autre, même un symbole sacré et de méditer sur lui, y concentrant tout leur esprit et leur mental. Chaque acte important de la vie hindoue, chrétienne ou autre devrait commencer par un moment de méditation, une prière ou un chant méditatif.

 

Au fait, la pratique de la méditation est triple :

 

(1)      Elle relie et aligne la personnalité du yogi ou dévot au Soi supérieur ou l’Ego.

(2)      Elle unit le yogi ou dévot avec le créer visible et l’invisible, le microcosme dans le macrocosme.

(3)      Elle maintient le yogi ou dévot en communion avec le Suprême Absolu.

 

Dans la Bhagavad Gîtâ, le chapitre 6, les versets 10 à 17 donne la méthode de méditation, qu’on connaît déjà de nom, et que l’on nomme «Dhyâna yoga » (yoga de la méditation). Le succès dans la méditation est directement proportionnel à la tranquillité intérieure et donc à la maîtrise de soi dont le yogi ou dévot fait preuve dans la vie quotidienne. Il n’atteint cet équilibre qu’après avoir délaissé la fièvre de posséder et l’envie d’acquérir. Nous devons nous libérer de cette préoccupation constante qui nous conduit à planifier sans cesse de nouveaux moyens pour accroître nos possessions.

 

Comme on l’entend dans la Gîtâ, le détachement (ou, l’attachement dans le détachement), c’est le bienfait de la solitude du yogi, tels que le silence et l’abandon, comme nous allons voir plus tard. C’est la virginité du cœur, le dépouillement de l’attachement, même des faveurs du Suprême Absolu en ce qu’elles ont de savoureux. La douceur, c’est l’inaltérable patience au dedans et au dehors, l’amour paisible des volontés contrariantes du Suprême Absolu et de ses instruments, hommes et choses. La justice, c’est le désir lancinant du Suprême Absolu, qu’il attise lui-même et qui opère d’admirables fruits de sainteté. La miséricorde, c’est l’intuition perspicace et affectueuse de l’indigence humaine, jusqu’au besoin d’y porter secours ; la tendre compassion pour la faiblesse des autres. C’est l’indulgence qui comprend, pardonne tout et relève avec des paroles et de gestes de bonté. La pureté, c’est l’aversion pour le mal et la laideur, la crainte d’offenser le Suprême Absolu et sa Création visible et invisible, le courageux effort de s’éloigner du péché, et la vigilance héroïque pour en éviter de nouvelles, la passion pour le Suprême Absolu primant toute intention, prière instante de purification. La paix, c’est au dedans de soi et au dehors la tranquillité de l’ordre dans le respect de la hiérarchie des valeurs.

 

Le yogi, le dévot, celui ou celle qui s’est lancé dans la pratique de la méditation, a une manière privilégiée de le faire, qui relève de son état religieux, se vouant ainsi au culte du Suprême Absolu, Dieu. Tous les exercices spirituels, ressortissants d’une vie de méditation sont « Adoration et Louange ». L’adoration authentique est difficile à l’homme dont elle devrait être la respiration. Il lui manque sans doute le sens profond de la transcendante Majesté du Suprême Absolu et de lui-même. Dans la méditation, les divines perfections sont contemplées, l’idée d’Incarnation Divine étant acceptée dans l’hindouisme autant que dans le christianisme car, en fait, chacun est en quelque sorte une incarnation divine, puisque la Vérité Suprême imprègne chaque créature et s’exprime envers elle. Plus l’esprit est pur, plus le rayonnement de cette Essence divine resplendit.

Il est maintenant raisonnable de faire parler le Seigneur Krishna dans ses indications concernant la pratique de la méditation. Les versets, chapitre 6. 10-17 sont une traduction minutieuse  de la version anglaise du Sanskrit par Dr. Ramananda Prasad :

 

 

Un yogi, assis dans la solitude et seul, doit constamment s’efforcer de contempler le Suprême Être après avoir mis son mental et les sens sous contrôle, libéré du désir et de droit de propriété. (6.10)

Il ou elle devrait s’asseoir dans un endroit propre, sur un siège stable qui est ni trop haut ou trop bas, couvert d’herbe sacré Kuśa, d’une peau de daim, et d’une étoffe superposées. Là, assis (dans une position confortable), concentrant son mental sur Dieu, et maîtrisant ses pensées et les activités des sens, mettra en pratique la méditation pour sa propre purification. (6.11-12)

La personne doit s’asseoir, la taille, la colonne vertébrale, la poitrine, le cou et la tête droites, immobiles et d’aplomb ; le regard et le mental fermement fixés sur l’extrémité du nez, sans regarder autour de soi ; serein et  sans crainte, mettant en pratique le célibat ; le mentale sous contrôle, pensant à Moi, et M’atteignant comme le dessein suprême. (6.13-14)

Ainsi, exerçant toujours le mental fixé sur Moi, le yogi dont le mental est soumis atteint la paix de Brahma-nirvana et  vient à Moi. (6.15)

Ce yoga n’est pas possible, O Arjuna, pour celui qui mange trop ou qui ne mange pas du tout ; pour celui qui dort trop ou qui se tient éveillé. (6.16)

Mais, pour la personne qui est modéré dans sa nourriture, son délassement, ses travaux, son sommeil et l’éveil, le yoga de méditation détruit toute souffrance. (6.17)

 

 

La méditation (dhyâna) est une assimilation à l’objet : celui qui médite perd sa propre conscience de soi pour ne devenir conscient que de l’objet sur lequel il médite.

 

(a)    Sur la forme cosmique du Suprême Absolu : La méditation sur la forme cosmique et la forme personnelle du Suprême Absolu sont les deux manifestations importantes de la forme au cœur même du Suprême Absolu. Des deux, on considère que la seconde est plus pratique que la première, car elle est le Suprême Absolu dans sa forme la plus compréhensible pour la plupart des humains. La forme de purusa est la manifestation cosmique originale du Suprême Absolu ; tandis que sa forme personnelle est sa manifestation dans ses avatars. La méditation sur la forme cosmique de Dieu, le Suprême Absolu,  est essentiellement une contemplation de toutes les choses créées, un regard porté sur elles de façon à voir leur signification profonde en relation avec le Suprême Absolu. C’est au fait un retour à la forme originelle de la création. Les objets considérés comme  êtres séparés et indépendants sans référence au Suprême Absolu perdent toute signification, deviennent un vain rêve, un monde du maya, qui distrait et trompe en enfonçant l’homme dans son ignorance. Le dhyâna est donc la méthode par excellence pour vaincre l’ignorance en parvenant au point central, base de toute la création, dans lequel toute chose est unifiée, toutes les choses s’articulent comme les différents membres d’un même corps.

(b)    Sur la forme personnelle du Suprême Absolu : De même que la méditation sur la forme cosmique du Suprême Absolu est considérée comme plus difficile que sur la forme personnelle, la méditation dont elle fait l’objet est censée d’être ainsi d’un niveau presque exceptionnel à celle sur la forme du Suprême Absolu, comme nous allons lire plus bas dans la Gîtâ. On pourrait dire que la méditation sur la forme personnelle de Dieu n’est qu’une préparation à celle sur la forme cosmique, ou la transition progressive de formes plus simples à des formes plus parfaites. On discerne un approfondissement aussi bien dans les objets de la méditation que dans ses formes mêmes, chacune réclamant  au yogi ou dévot davantage de concentration pour finalement atteindre l’union (Samadhi) avec l’objet contemplé.

 

Si vous êtes vraiment détaché de tout et constamment orienté vers le Suprême Absolu même par le désir, vous n’aurez pas besoin de paroles. Le Seigneur Krishna interprète cette tension amoureuse dans la Gîtâ, qui traduit jusque dans votre chair l’élan de votre être assoiffé. Les divines perfections que le yogi ou dévot contemple ne lui arrachent qu’un mot où passe toute l’extase de son âme parce qu’elles lui apparaissent éblouissantes dans l’unité et l’infinité du Suprême Absolu, le mot sacré « AUM », que nous allons voir plus loin. Tout d’abord, en ce qui concerne la méditation sur la forme cosmique et sur la forme personnelle, la Gîtâ dit au chapitre 12 :

 

 

Arjuna dit : De ces très fermes dévots qui T’adorent (comme Krsna, Ton aspect personnel), et de ceux qui adorent Ton aspect impersonnel, l’Être Éternel  (Brahma) ; lesquels ont la meilleure connaissance du yoga ? (12.01)

Le Seigneur Suprême dit : Les très fermes dévots (Bhaktas) qui adorent avec une foi suprême en fixant leur mental sur Moi comme Dieu personnel, je les considère comme étant les meilleurs yogis. (12.02)

La réalisation du Soi est plus difficile pour ceux qui fixent leur mental sur l’Être Éternel (Brahma) impersonnel et non manifesté ; car, le non manifesté est très difficile à saisir pour les êtres incarnés. (12.05)

C’est pourquoi, fixe ton mental sur Moi, et laisse ton intellect demeurer uniquement sur Moi (par la méditation et la contemplation). Ainsi, tu M’atteindras certainement. (12.08)

 

 

La méditation peut être considérée comme une sorte de participation à la vie du Suprême Absolu dans sa forme cosmique ; ou, dans les pas de la Gîtâ, le Seigneur Suprême Krishna, en tant qu’aspect personnel du Suprême Être. Dans la méditation, le yogi ou dévot se découvre lui-même dans la vie transcendantale  du Seigneur Suprême Krishna.

 

Méditation -I

 

Une simple technique de méditation est exposée ici :

 

(1)      Lavez votre visage, yeux, mains, et pieds ; et asseyez-vous dans un lieu propre, silencieux, et sombre, empruntant n’importe quelle position confortable, avec la tête, le cou, et la colonne vertébrale droite et verticale. La musique ni l’encens sont recommandables pendant la méditation. L’heure et le lieu pour la méditation devraient être fixés au préalable. Observez les yama et les niyama (voir page 6), comme étant les bons principes de vie, autant en pensées, paroles, et actions. Quelques exercices yogiques sont nécessaires. Minuit, matin et soir sont les meilleurs moments pour méditer 15 à 25 minutes chaque jour.

(2)      Souvenez-vous du nom ou de la forme du dieu personnel (Isht Dev)  en qui vous croyez, tout en implorant Son ou Sa bénédiction.

(3)      Fermez vos yeux, et faites cinq à dix respirations lentes et profondes.

(4)      Fixez votre regard, l’intellect, et émotions au-dedans le centre du thorax, le siège du cœur causal, et respirez lentement. Chantez mentalement « So » lorsque vous aspirez, et « Hum » lorsque vous expirez. Pense que c’est la respiration elle-même qui retentit les sons « So et Hum » (Je suis Cet Esprit). Visualisez mentalement et poursuivez la voie respiratoire par les narines, jusqu’au centre situé entre les sourcils, en descendant jusqu’au centre de la poitrine, ou les poumons. N’essayez pas de contrôler ou de conduire votre respiration, mais suivez le cours naturel de votre respiration.

(5)      Dirigez votre volonté tout en pensant que vous vous émergez dans l’infinie espace d’air que vous respirez. Si la pensée s’écarte du rythme respiratoire entamé, recommencez à partir de l’étape (3). Soyez régulier, et persistez sans remettre au lendemain.

Informez-nous de vos problèmes avec cette technique.

 

Quelques activités profitables lors de la méditation.

 

Lors de la pratique de la méditation, le mental doit être possédé par les activités suivantes :

 

(1)     La première est celle de l’intention, du désir, ou la ferme résolution. C’est un désir suprême, ou une préférence pour le contrôle dans une certaine direction, telle que la méditation. Pour que l’on puisse atteindre le but de la méditation, il faut souhaiter et être résolu à éviter toutes les pensées erronées et mondaines, tous les états d’esprit qui sont des empêchements à la méditation, tout ce qui rend l’attention confuse ou vacillante. Il faut que le but visé soit la tranquillité, la connaissance transcendantale et la sagesse deviennent le désir ultime et le but de l’esprit.

(2)     La seconde activité nécessaire est d’avoir de la sincérité et du zèle. Cela veut dire que l’on observera les préceptes yama et les niyama avec une sincérité persévérante.

(3)     La troisième des activités nécessaire est celle de l’attention vigilante et de la réminiscence. Cela veut dire que l’on doit toujours avoir présente à l’esprit la nature vide et décevante du monde présent avec toutes ses tromperies et ses souffrances et qu’il faut toujours chérir la Vérité Une et de la valeur de l’Illumination résultant de la pratique de la méditation.

(4)     La quatrième activité nécessaire du mental est l’acuité de la vision profonde. Il faut réfléchir en comparant les plaisirs du monde avec ceux que nous procurent la pratique de la méditation. Les attractions fascinantes terrestres arrivent souvent à cacher la souffrance et l’irréalité. La vision pénétrante éveillera la conviction que la pratique de la méditation fait gagner.

(5)     La cinquième activité du mental est la clarté et la concentration sur une idée unique, par exemple celle de la forme cosmique ou personnel du Suprême Absolu, Dieu. Cela veut dire que l’on doit clairement comprendre la véritable nature du monde qui produit la douleur ce qui est abominable ; et, en même temps il faut reconnaître que la tranquillité et l’intelligence du mental produites par la méditation sont très précieuses et honorables.

 

OM (AUM) – GAYATRI – OM TAT SAT:

 

Les mantras, sont des saints proverbes, mots, hymnes des Védas, ou prières issues des textes sacrés. Au sens exotérique un mantra est la partie la plus ancienne des Védas, la seconde partie de ce qui est composé par les Brahmanes. Le mot mantra signifie, la faculté, ou pouvoir psychique qui conduit à la perception ou à la pensée. Un mantra peut aussi être une vibration sonore spirituelle, qui a pour effet de libérer l’être en purifiant le mental de ses souillures et tendances matérielles. Ainsi, en langage métaphysique, c’est la parole fait chair, ou ‘Grâce’ objectif de la Divinité. C’est également un arrangement de mots ou de syllabes, disposés de telle sorte, qu’à leur énoncé rythmiques des vibrations sont conçu. Par exemple, OM (AUM) est une vibration sonore spirituelle qui représente la forme impersonnelle de la Vérité Une.

 

OM (AUM) est une syllabe mystique représentant l’univers entier dans sa forme manifestée (le monde des noms et des formes) et non manifesté (le Principe Suprême invisible, substratum cosmique). La syllabe ‘OM’ (AUM), est le plus grand « mantra » de tous les Vedas. La syllabe ‘OM’ est constituée de trois sons : ‘A’, ‘U’, ‘M’, chacun représentant respectivement l’état de veille, le rêve et le sommeil profond. Le prolongement du son ‘M’ représente le quatrième état de conscience « turîya » (l’état transcendant), et le silence entre chaque ‘OM’ est l’Infini. Le ‘OM’ est le mot de gloire, du Moi spirituel (l’âme) en nous, et l’espérance de la gloire par la libération finale. Lorsque le ‘Mot’ est correctement prononcé, il s’ensuit un rayonnement resplendissant de la Divinité, car le son fait également entrer en manifestation l’âme incarnée (macrocosmique ou microcosmique), étant le saint mot par lequel la lumière radieuse intérieure est visible sur terre. OM (AUM) est le Mot libérateur de la conscience; correctement compris et utilisé, le Mot Sacré délivre l’âme des bornes de la forme de ce monde.

 

 

Je suis Bhrgu parmi les grands Sages ; Je suis le monosyllabe et son cosmique OM parmi les mots ; Je suis Japa-yajna parmi les disciplines spirituelles (yajna) ; et Je suis l’Himalaya parmi les immobiles. (10.25)

Lorsqu’une personne quitte le corps physique en contrôlant tous ses sens ; fixant le mental sur Dieu, et Prâna dans le cerveau ; engagée dans des pratiques yoguiques ; en méditant sur Moi et en prononçant OM – le monosyllabe et son sacré, force de l’Éternel Être (Brahma) – il atteint la demeure Suprême. (8.12-13)

 

Le mot sacré ‘OM’ (AUM) est la voie la plus directe pour constituer un canal servant à la transmission du pouvoir, autant efficace dans la méditation individuelle que collective lors d’un Satsang par exemple, ou autre rassemblement de caractère religieux. Parmi les vibrations spirituelles c’est le ‘OM’ (AUM) qui représente le Suprême Absolu dans tout l’univers visible et invisible jusque dans le plus intime de l’homme. En effet, le divin habite au plus intime de l’être humain où l’on ne peut pas éteindre sa lumière. Il est la clarté intérieure, le témoin caché, ce qui perdure impérissablement de naissance en naissance, non touché par la mort, le déclin ou la corruption. La grâce du Suprême Absolu est Sa vie même, et elle est sans cesse déversée dans le monde de bien des manières et à des niveaux divers. C’est donc le but de la Gîtâ de procurer aux yogis et dévots des canaux pour cette effusion de force divine tel que le mot sacré, et de les préparer à profiter pleinement. Apprendre à énoncer ‘OM’ (AUM) est une préparation inconsciente à l’activité de la création spirituelle, notamment son accoutument  dans le cerveau sans qu’il soit énoncé. Pour réussir, ne faut-il pas établir une progression graduée d’un état d’activité physique à un état de tranquillité mentale !

 

 

Je suis Brhatsana  parmi les hymnes Sâma. Je suis Gãyatrï parmi les mantras Védiques, Je suis Novembre-Décembre parmi les mois, Je suis le printemps parmi les saisons. (10.35)

 

 

Le Gãyatrï Mantra  dont le rôle est d’ordre majeure dans la civilisation Védique, est considéré comme la manifestation sonore Brahman. Brahma en est l’initiateur, et c’est par une filiation spirituelle qu’il fut, à partir de Lui transmis. Le Gãyatrï est composée de trois vers, chacun de huit syllabes. Côte à côte avec le mot sacré ‘OM’ (AUM), nul n’a été aussi glorifié que le Gãyatrï et aucun ‘mantra’ n’a eu le privilège d’être chanté par tant de dévots, et depuis si longtemps.

 

Aum Bhûr Bhuvah Svah

Aum Tat Savitur varenyam bhargo devasya dhîmahi

Dhiyo yo nah prachodayât

Aum

 

Ce qui traduit :

 

Aum O Créateur de l’univers

Puissions-nous recevoir Votre Suprême Lumière qui détruit le péché

Puissiez-vous guider notre intellect dans la bonne direction.

Aum

 

La vie sur terre est une manifestation matérielle de la force suprême et solaire de Gãyatrï. Ce qui signifie que le Gãyatrï mantra exerce son influence sur divers niveaux de l’existence : physique, mental et émotionnel. C’est pour cela, indépendamment de notre bagage culturel ou croyance scientifique, inattentif à nos croyances religieuses, nous chantons Gãyatrï mantra, en l’absorbant et le méditant car il possède la puissance pour ouvrir les écluses de plus hauts capacités intellectuelles et créatives. Le Gãyatrï mantra se chante individuellement ou en chœur 108 fois avec un rosaire qui s’y apprête. Pour comprendre comment un mantra peu avoir une telle importance, nous devons connaître un peu ce que l’on pourrait appeler la physique des mondes supérieurs, et les lois qui régissent ces forces puissantes et la manière de les utiliser, ce qui au fait la Gîtâ nous fait découvrir.  Le Gãyatrï mantra est le Seigneur Krishna Lui-même ; et en chantant ce mantra comme Arjuna son charretier, nous lui confions la lutte, Lui tendant les armes, les reines et du gouvernement.

 

 

« OM TAT SAT » est dit d’être le triple nom de l’Éternel Être (Brahma). Les personnes avec des qualités Brahmaniques, les Vedas, et le service désintéressé (Seva, Yajna) ont été crées dans les temps anciens  de et par Brahma. (17.23)

Par conséquent, actes de sacrifice, de charité, et d’austérité prescrits par les Écritures, commencent  toujours par l’articulation « OM » chez les connaisseurs du Suprême Être (Para-Brahma). (17.24)

Divers types de sacrifice, de charité, et d’austérité sont accomplis par les chercheurs de libération (Mokşa) en articulant « TAT » (ou, Il est le tout) sans viser à la récompense. (17.25)

Le mot « SAT » est employé dans le sens de la Réalité et de la Bonté. Le mot « SAT » est aussi utilisé pour un acte favorable, O Arjuna. (17.26)

La foi dans le sacrifice, la charité, et l’austérité est aussi appelée « SAT ». Le service désintéressé pour plaire au Suprême, est appelé en vérité « SAT ». (17.27)

 

 

OM TAT SAT. Sur chaque plan du système solaire, le Suprême Absolu déverse Sa Lumière, Sa Force et Sa Vie ; et, c’est naturellement sur les plans supérieurs que l’effusion de force divine peut nous être confiée dans toute sa plénitude sur le plan mental, ce qui fait découvrir la méditation et l’utilisation des mantras. OM TAT SAT représente la Vérité Absolue, Dieu Lui-même, le Suprême Absolu, et reflète en trois mots l’aspect de l’unique Réalité. « OM » représente le Soi transcendantal et pur, l’Absolu, qui est le Substratum Infini sur lequel se maintiennent les projections du corps, du mental, et de l’intellect. Le terme « TAT » est utilisé pour indiquer le But Éternel, Immuable et Parfait. « TAT » désigne la source dont tout a émergé, en laquelle tout existe et tout se dissoudra à la fin. Le mot « SAT » signifie ‘existence’ : c’est le Principe d’Existence fonctionnant à travers tout ce qui est perçu, ressenti et pensé dans notre vie.

 

Donc, invoquer « OM » exprime l’Absolu transcendantal ; « TAT », la Vérité Universelle ; « SAT » le concept. « OM TAT SAT », est la Réalité une en trois parties qui permettent d’élever notre esprit et de purifier notre activité dans le monde. De ce triple désignation coule la vie divine avec une plénitude incomparablement grande sur le plan mental et de l’intuition. Cependant, ainsi pour tout ce qui se rapporte à la spiritualité de la Gîtâ ou autres, des expériences répétées et des investigations patiemment poursuivies, nous montrent que le vrai succès n’arrive que lorsque le yogi ou dévot y est totalement ouvert par une conduite de vie pure et irréprochable à la quête du Suprême Absolu. Lorsque la pensée ou le sentiment d’un homme est égoïste, l’énergie produite se meut en courbe fermée et revient inévitablement se verser sur son propre plan ; mais lorsque la pensée ou le sentiment est parfaitement altruiste, l’énergie s’élance en une courbe ouverte et ne revient pas dans la direction habituelle, mais passe dans le plan au-dessus, trouvant sa place nécessaire à l’expansion requise. Un courant illimité de force élevée est toujours prêt à se déverser dans et par le yogi ou dévot qui s’offre à Lui, comme l’eau d’un réservoir qui abreuve les assoiffés.

 

Le terme « OM » est prononcé au moment où ceux qui suivent la vie intérieure, s’adaptent aux valeurs divines en entreprenant les actes de sacrifice, la charité et l’austérité ou l’ascèse. Ce sont des étapes préliminaires pour devenir compétent en matière de méditation, comme :

 

1.      LE REPENTIR, c’est-à-dire se rendre compte de ses imperfections et faire de sincères efforts pour les surmonter.

2.      L’ABSTINENCE  de ce que l’on considère comme faux et de ce qui, à nos propres yeux, nous dégrade.

3.      LE RENONCEMENT, c’est-à-dire renoncer au sens de possession, aussi bien pour les choses matérielles que pour les affections.

4.      L’AUSTÉRITÉ, c’est-à-dire réduire au minimum ses besoins matériels. L’austérité n’implique pas un manque, pour personne ; le manque tourmente l’âme.

5.      LA CONFIANCE AU SEIGNEUR SUPRÊME, c’est-à-dire la patience face aux instabilités de la vie. Prenez tout ce qui vous arrive comme venant du Seigneur Suprême et tout sera bienvenu.

 

Nous savons déjà que le mot « TAT » représente la Vérité Universelle et indique l’unité de toutes les créatures vivantes. Si l’on garde dans le mental les intérêts de la famille, on oublie son intérêt personnel, et l’accomplissement des actions avec l’attitude mental juste et désintéressé.

 

Le mot « SAT » signifie à la fois la réalité et bonté, et les actions dignes de louanges, et a aussi trait au substratum unique, la Réalité Absolue, « SAT ». Le verset 27 explique  comment le mot « SAT » est utilisé pour désigner « Brahman ». Ce mot est également employé pour indiquer la foi et la dévotion d’un yogi ou dévot face au sacrifice, l’austérité ou l’ascèse et la charité. « OM TAT SAT » invoque le concept du Suprême Absolu (OM), de l’Universel (TAT) et du Réel (SAT), « Brahman » Infini. Dans tout ce qu’accomplit le yogi ou dévot, le but suprême « OM TAT SAT » est invoqué, servant à parfaire toute action, et confère à toute chose la plénitude. Le souvenir du Divin exalte l’éclat et la gloire de nos motifs. Le don de soi au Suprême Absolu signifie consacrer au Suprême Absolu toutes ses actions et Lui offrir son mental.  De même qu’un filet d’huile, versé d’un récipient dans un autre, coule sans interruption, de même le yogi ou le dévot déverse toute sa vie en Dieu ou « OM TAT SAT ».

 

Il y a trois degrés dans le don de soi à Dieu. Le premier, c’est de penser qu’Il est tout, l’esprit immanent en tout. Le deuxième, c’est de penser qu’Il est dans le mental, c’est-à-dire qu’Il est manifesté dans le mental exactement comme l’électricité se manifeste partout mais plus particulièrement dans l’ampoule qui donne la lumière. Le troisième degré, c’est la conviction qu’Il est mon Moi réel, Lui et Moi sommes un. Le premier de ces degrés s’applique à la méditation et à la douceur, le deuxième à la méditation et à la maîtrise du mental et le troisième c’est le but de la méditation. Patanjali déclare d’ailleurs : « Le don de soi à Dieu mène à l’absorption spirituelle ».

 

Le Suprême Seigneur Krishna (Krsna). Le Seigneur Krishna est le personnage principal dans le Mahâbhârata. Il est né à Mathurâ, dans le clan des guerriers Vrni, nom d’un ancêtre du Seigneur Lui-même. Krishna est le fils de Vasudeva et de Devakî sa mère. Sa naissance avait été menacée car son oncle qui était roi, suite à une prédiction  obscure, tuait tous les enfants que sa sœur mettait au monde. C’est ainsi que Krishna fut enlevé à sa mère dès sa naissance, emmené à Gokula, et confié à des parents adoptifs. Beaucoup d’événements miraculeux marquèrent la jeunesse de Krishna parmi les bergers. Il était très intelligent, plein de joie de vivre, et jouait merveilleusement de la flûte à l’enchantement de tous. A l’âge de douze ans, il revint à Mathurâ et vainquit le roi despotique, faisant preuve d’une force absolument surhumaine. Ensuite, il construisit à Dvârakâ une ville, et il y établit un royaume. En réalité, il ne monta jamais sur le trône, mais prodigua ses conseils en toutes les matières concernant le bon déroulement d’un royaume, et dans les négociations diplomatiques les plus délicates. Son entourage, autant que les citoyens du royaume et bien au-delà reconnaissaient tous qu’Il était exceptionnel et absolument divin. Il fut la réalisation divine qui marqua toute Sa vie, de plus Il était un exemple pour le monde entier de hier, aujourd’hui et demain. En effet, une fois que l’on est parvenu à la réalisation du Suprême Absolu, rien ne peut nous faire tomber de cet état de conscience élevé. Il n’existe pas de profit plus grand que celui-là. Le Seigneur Krishna vivait comme son enseignement dans la Gîtâ. Il pratiquait le détachement, aimant, servant inlassablement autrui sans attendre les fruits de son action, en parfait yogi, et engagé dans toutes les activités humanitaires, tout en restant observateur des événements. Krishna fut plus qu’un chef  de clan, Il était le Guide Spirituel et le Dieu Suprême de toujours. Il ne cessa de dire à son charretier et ami, Arjuna : « Lève-toi et combats ! » C’est suivant la notion spirituelle qu’il faut comprendre cet ordre, et jusqu’à nous aujourd’hui, et non réservé aux guerriers d’autrefois mais à l’humanité toute entière, à bien mener la bataille de la vie. Krishna, par les paroles de la Gîtâ nous apprend à maintenir notre esprit dans ce même état que Lui-même a mené, afin d’atteindre la libération, le Nirvana, la Grande Illumination pour toujours. Et, dans la Gîta, la philosophie de vie qu’Il nous propose pour arriver à la plus haute perfection, c’est l’amour de Dieu le Suprême Absolu, l’obéissance à Ses préceptes  divines, le célibat ou le contrôle des sens, l’austérité, le détachement, la méditation, l’oraison, le silence, la paix.

 

Prasâda:

 

Prasâda, qui signifie grâce ou miséricorde, est un rituel d’offrande lors d’un Satsang, d’une réunion religieuse ou d’un culte Hindou. C’est de la nourriture d’abord offerte au Seigneur Krishna, ou à une autre divinité et redistribuée ensuite aux yogis ou dévots comme une bénédiction. Le Seigneur Krishna accepte cette nourriture de la part de ses fidèles pour autant que les dons soient offerts avec amour et dévotion ; et, ensuite Lui aussi les consacres pour les partager avec Ses bien-aimés en guise de purification et de bénédiction. Toutes les religions recommandent aux fidèles de faire des  offrandes comme d’ailleurs dans la Chrétienté, dont la célébration Eucharistique dans les Églises Apostoliques et Épiscopales (Catholiques, Orthodoxes, Anglicanes), et la Sainte Cène chez les Protestants d’après 1 Corinthiens 11. 23-29 de la Bible. Par notre rituel que l’on nomme ‘prasâda’ dans l’Hindouisme, c’est notre offrande à Dieu ou à un avatar, que ce soit le Seigneur Krishna ou autre divinité, même Jésus Christ, pour redevenir enfin le partage entre fidèles, disciples, yogis ou dévots peut importe la qualification ou le nom.

 

 

Quiconque M’offre une feuille, une fleur, un fruit, ou de l’eau avec dévotion ; J’accepte et mange cette offrande de dévotion venant d’un cœur pur. (Gîtâ 9.26)

 

 

« Eucharistie » vient du grec eucharistia, que l’on traduit par « action de grâces », et utilisé dans le Nouveau Testament de la Bible pour traduire le terme hébreu berakah, l’action de grâce prononcée par les Juifs pieux sur toutes choses, et ne l’est certainement pas au sens étroit d’un remerciement égoïste. « Prasâda » est également une eucharistie qui purifie. Mais, ce « prasâda » (eucharistie) ne purifie, ne nourrit et ne fait pas l’unité avec l’avatar, que si l’offrande est vécue dans la foi et dans l’amour, dans une concorde sans tiraillement. La foi et la charité sont une participation de l’amour inlassable dont prasâda est le gage, et ainsi se traduit toute la dynamique de ce rite de partage. La mentalité d’aujourd’hui pourrait s’étonner que le Suprême Absolu ait besoin d’objets aussi insignifiants qu’une cuillerée d’huile pour la lampe, un cierge, un ‘mandir’ (temple), ou église. Le verset 9.26 ci-dessus montre que les objets matériels offerts n’ont aucune valeur, sauf la dévotion avec laquelle l’offrande est faite, que ce soit une feuille, une fleur, un fruit ou simplement de l’eau. Dans un temple ou un simple coin réservé chez soi à la méditation, le Seigneur accepte l’offrande faite dans un esprit de pure dévotion. Bien attendu, le Suprême Absolu n’a pas besoin de nos libéralités pour augmenter ou maintenir Sa gloire. Tout ce que nous Lui présentons ne vient-il pas de Lui ? Autant qu’un amoureux cueille une fleur pour la donner à sa bien-aimée ; de même le yogi ou dévot cueille une fleur pour offrir au Seigneur Krishna. Prasâda est une réalité vivante, vivifiante car purificatrice, une énergie, une puissance. Le Seigneur Krishna, la représentation humaine de Dieu, après avoir montré qu’Il se trouve à l’origine de la création, qu’Il est comme Avatar le Créateur autant que la création, est donc véritable objet de tous les sacrifices. Le Seigneur Suprême révèle quelques dons à offrir en offrande, non seulement par le soi personnel mais aussi par ‘prasâda’. Le Seigneur Krishna, tout comme Jésus de Nazareth, le Messie (le Christ) des Chrétiens, trois mille ans plus tard, est le centre et le nœud de l’histoire, Dieu Lui-même incarné, désireux se voir présenter en oblation, la nourriture devenant céleste, spirituelle et divine. Si, en effet, nous voulons nous dévouer au Seigneur Krishna, et par conséquent à l’enseignement de la Gîtâ, par le culte de dévotion, et nous purifier ainsi pour atteindre le but de l’existence, notre offrande sera valide.

 

Celui qui aime le Seigneur Krishna Lui offrira tout ce qu’Il désire, en mettant en pratique les préceptes de la Gîtâ, donc ce que le Suprême Seigneur a enseigné dans le dialogue avec Arjuna. Prasâda est une offrande de produits naturels que produit la terre, ce que nous retrouvons dans le rite Eucharistique Catholique, par exemple, lorsque les dons sont offerts à Dieu à l’offrande : « Tu es béni, Dieu de l’univers, Toi qui nous donnes ce pain et ce vin (jus de raisins non alcoolisé), fruits de la terre et du travail des hommes, pour qu’ils deviennent le pain et le vin (jus de raison non alcoolisé) du Royaume Éternel. » Pour la brièveté, nous avons jumelé les deux offrandes, celle du pain et le jus de raisin (produit de base pour faire le vin), de plus que de nos jours les deux espèces (le pain sur patène et le vin dans le calice) sont très souvent offertes en même temps. Naturellement, les Catholiques et Orthodoxes ajoutent à leur « prasâda », la « consécration » qui fait partie de la prière eucharistique où à lieu la transsubstantiation (comment le Christ se rend présent sous les deux espèces de pain et de vin), dogme vivement contesté de nos jours. Malgré que le dogme infaillible ( ?) de la « Présence Réelle » sous les deux espèces soit vérité pour les uns ; pour les autres, le pain et le vin simplement symbolisent l’œuvre rédemptrice du Christ, pendant que le peuple de Dieu s’unit au Christ et devient ‘un’ en Lui, contemplant en esprit et vérité Sa mort et résurrection (dogme chrétien universel).

 

Prasâda nous unit également au Suprême Absolu dans la personne du Seigneur Krishna, ou autre avatar, mais une immolation spirituelle comme dans chez les Catholiques et Orthodoxes n’existe pas. Simplement, le Seigneur Krishna est présent là où Il  est invoqué.

 

La troisième et dernière partie de la célébration Eucharistique est la communion, lorsque les espèces bénies et consacrées sont distribuées aux fidèles comme don salutaire. La prière spécifiquement du prêtre à la communion mentionne, « qu’elles soutiennent mon esprit et mon corps et me donne la guérison. » D’abord, nous donnons au Seigneur Krishna notre offrande, puis nous recevons de Lui, et avons ainsi communion avec Lui. Toutes les religions insistent sur l’importance de l’offrande, sans que le fidèle à l’impression qu’il fait un sacrifice lorsqu’il donne quelque chose. Quand  dans la dernière partie de prasâda, celle de la « communion », nous allons chercher ce que le Seigneur nous donne, soit une feuille, une fleur, un fruit, ou de l’eau pour nommer quelques espèces seulement, une telle nourriture n’est pas différente de Krishna Lui-même. D’où l’urgence logique pour ceux qui participent à prasâda en offrant des présents au Seigneur, finalement partagent aux dons du Seigneur Krishna Lui-même, se conformant toujours plus pleinement a Lui, en se mettant davantage sous l’abri de Sa plénitude.

 

Il est clair qu’une offrande n’est pas efficace que si elle est offerte avec dévotion et par un mental pur, devenant ainsi un facteur d’évolution spirituelle. Sans ceci, l’offrande est nulle et non avenant. Celui qui aime le Seigneur Krishna, Lui offre ce qu’Il désire, et non ce qu’Il Lui déplaît. A ce propos, la Gîtâ dit :

 

 

Les justes, qui mangent le restant du service désintéressé (Seva, Yajna) sont libérés de tous péchés, mais les impies qui cuisinent seulement pour eux-mêmes (sans d’abord M’en offrir, ou partager avec les autres), vraiment mangent le péché. (Gîtâ 3.13)

Les êtres vivants subsistent des aliments de grains ; les grains sont produits par la pluie ; la pluie arrive (comme une faveur des Dévas) si le devoir est accompli en tant que service désintéressé (Seva, Yajna). Le devoir est prescrit dans les Védas. Les Védas viennent de Brahma (l’Éternel Être). Par conséquent, le Brahman omniprésent est toujours présent dans Seva.  (3.14-15)

 

 

Il est défendu d’offrir au Seigneur Krishna de la viande, du poisson ou des œufs, ce qu’Il accepterait d’ailleurs jamais. Dans le verset 9.26 (voir plus haut), Il confirme que seuls, une feuille, un fruit, une fleur, et l’eau, Lui est agréable, mais Il ne mentionne en aucun cas, viande, poisson et œufs. Seuls les légumes, céréales, fruits (boissons non alcoolisés de fruits), lait (beurre et fromage), et l’eau composent une nourriture substantielle pour l’être humain, ce que le Seigneur Krishna recommande Lui-même. Si l’on ne respecte Son désir, comment se croire encore attaché et uni d’une manière indissoluble au Bien-Aimé Seigneur !

 

Voilà comment se révèle cette théologie mystique de la Gîtâ, et cet amour secret que portent les yogis et les dévots dans l’âme pour monter jusqu’au Suprême Absolu. L’amour est comme le feu ; il s’élève toujours vers le haut pour atteindre le centre de sa sphère, le Cœur spirituel du Seigneur. Offrons au Seigneur Krishna les fruits de la terre, et préparons Lui des plats végétariens simples et savoureux pour offrir devant Son Image, Sa Forme dans Son sanctuaire, que ce soit un mandir (temple), ou un lieu de méditation d’une habitation, une salle où se tient satsang, en se prosternant et en Le priant d’accepter notre humble offrande, ce qui nous permet de progresser sur la voie spirituelle. C’est en effet une grande merveille et une chose vraiment suave et douce que le Seigneur tient en réserve à ceux qui accomplissent leurs devoirs et de l’offrande faite même de soi, dans un sentiment d’amour. Répétons le, le Suprême Absolu n’a pas besoin de nos offrandes pour augmenter ou maintenir Sa gloire, car toutes choses viennent de Lui. Le Seigneur accepte l’offrande de celui ou celle qui désire Lui plaire en faisant offrande des fruits de la terre et de notre travail (nos efforts). Le facteur dominant de prasâda, dans la préparation, la présentation, et finalement l’offrande, ne sont que pour exprimer notre amour pour le Seigneur Krishna. Le verset 9.27 suivant, confirme :

 

O Arjuna, quoique tu fasses, quoique tu manges, quoique tu offres comme oblation au feu sacré, quoique charité tu donnes, quelle que soit l’austérité que tu pratiques, accomplis tout en offrande à Moi. (9.27)

 

 

Le Suprême Absolu a Ses Desseins. Même au point de vue naturel Il veut que nous perfectionnons, et Il nous conduit à ce sommet de perfection par la Gîtâ. Au point de vue métaphysique surtout, notre cause est tout à fait claire et certaine.  On se procure ces devoirs dans la joie de la foi et en pénétrant dans la retraite mystérieuse de la méditation où la foi devient vie, et dans le détachement comme l’enseigne la Gîtâ.

Philippe De Coster, D.D.

The International Gita Society

 

Cette société internationale pour la diffusion de la Bhagavad Gîtâ fondée en 1984, est enregistrée aux États Unies d’Amérique comme « International Gita Society » (abrégée ‘IGS’). C’est une association absolument sans but lucratif, taxe exempte en tant qu’institut spirituel, sous la Section 501 (c) (3) du Code. L’adhésion comme membre est totalement gratuite. Tous sont bienvenus.

 

Les Actions et Objectives de la IGS sont :

 

  • Publier et distribuer, « La Bhagavad Gîtâ » dans un langage simple et compréhensif.
  • Fournir un cours par correspondance, soutenir, guider et encourager l’enseignement de la Gîtâ comme manière de vivre.

 

Une édition de poche de la Gîtâ est gratuitement disponible en langue anglaise, traduit du Sanscrit par le Dr. Ramananda Prasad. Une traduction de cette version anglaise est en préparation. Vous pouvez également copier la Gîtâ aux adresses suivantes :

 

gita-society.com/

ou

gita4free.com/

 

 

Dr. Ramananda Prasad, Ph. D.D.

 

Le Dr. Prasad, un ingénieur gradué de l’Institut Indien de Technologie à Kharagpur, en Inde, obtint son grade M.S. à l’Université de Toronto, et un Ph.D. comme ingénieur civil à l’Université d’Illinois. Il retrouve sa racine à Bihar (Inde) près de Bodh Gaya. Il travaille dans la recherche et l’enseignement, comme ingénieur consultant pour différentes entreprises, autant pour le gouvernement d’État et Fédéraux aux États Unis d’Amérique. Il travailla comme superviseur à la Division Ouest de la Marine Américaine avant de prendre sa retraite. Il est aussi professeur ingénieur civil de l’Université d’État  ‘San Jose’, et professeur adjoint de Religion et de Psychologie au Collège de « Union Institute of Cincinnati » à Ohio. Il publia plusieurs pages dans les journaux  de la Société Américaine des Ingénieurs Civils. Le Dr. Prasad comprend confirmer l’immense contribution et guidance de la part de ses gourous sur sa voie spirituelle, lui offrant le privilège de commencer l’étude de la Gîtâ et de Kriya Yoga. Ils sont : Swami Prabhupada, Swami Chinmayananda, Swami Dayananda Sarasvati de Rishikesh, Swami Harihar, et Paramahamsa Hariharanandaji ;

 

Le Dr. Prasad est le membre fondateur de différentes organisations sans but lucratif à San Francisco Bay Area comme le ‘Vedic Dharma Samaj’, qui a maintenant un temple Hindou à Fremont ; Ramayan Sabha, et le Centre Universel de Yoga à San Francisco. Il est le fondateur du « International Gita Society » en 1984, qui a comme but de servir l’humanité par l’enseignement de la Bhagavad Gîtâ et autres Écritures, tout en établissant l’harmonie entre toutes les cultures, races, religions, Foi Mondiale par l’enseignement immortelle des grands maîtres spirituels et Écritures majeurs. Sa traduction « La Bhagavad Gîtâ » (Le Chant de Dieu), est maintenant à sa quatrième édition, et est obtenue gratuitement sur Internet en Sanscrit, Hindou et en Anglais.

 

Il est aidé par son épouse Sadhana Prasad, une grande dévote du Seigneur Shiva. Il a une fille, Madame Reeta Raina, épouse du Dr. Abhinav Raina, M.D. ; et un fils célibataire, Sanjay Prasad qui dirige les activités de l’IGS, et prévoit de devenir un Docteur en Ostéopathie.

 

Le Dr. Prasad prit sa retraite en Mars 2000, afin de se consacrer entièrement à la propagation du message de la Gîtâ avec l’aide et la coopération de personnes qui partagent le même idéal et organisation.

 

Pour la lecture de la Gîtâ en langue anglaise, que vous pouvez également copier :

 

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Prêtre, ou une personne de la classe des intellectuels en Inde.

La séparation du monde fait l’ascète.  Elle va si loin pour lui qu’elle le coupe de la société des hommes et femmes, fussent-ils ses émules dans la recherche du Suprême Absolu, et qu’elle le fait vivre d’une façon continue avec l’Absolu seul, n’ayant de contact avec les autres que ceux qu’imposent le besoin ou la charité.

Si nous oubliions le Suprême Absolu, si notre vie intérieure se repliait sur elle-même, si elle ne tendait qu’à une expérience du divin destinée à nous satisfaire nous-mêmes, nous ne serions plus dignes de la Gîtâ et du nom de yogi, de dévot et d’ascète suivant notre vocation.

Pour l’appelé par vocation, le yogi (l’ermite), l’entrée dans la solitude d’une forêt ou du désert est très certainement un instant solennel. Vous quittez le monde normal des relations sociales pour l’inconnu de la solitude. Là, il faut commencer par des arrachements, des brisements, peut-être des reniements. On n’accomplit pas sans larmes cette universelle et parfois définitive rupture avec ce qui nous était le plus cher. On trouvera bon la solitude, tout en affrontant l’austérité, mais l’anachorète à travers les âges en quête du Suprême Absolu définit la solitude d’une terre aride et ravinée, terre de sécheresse et de ténèbres, terre que nul homme ne parcourt, où rarement l’homme se fixe. Finalement, grande est la paix intérieure, vivant suivant l’enseignement de la Gîtâ.

D’après des statistiques peu récentes quand-même datant de quelques années, environ trois cents ermites, hommes et femmes, vivent en France. Ils étaient une vingtaine en 1960. De ces hommes et de ces femmes – de ces femmes surtout – qui choisissent de tout quitter pour vivre dans la précarité matérielle, la solitude et le silence. Tous à la recherche du Suprême Absolu. Hindouistes, bouddhistes, juifs, chrétiens et mêmes musulmans ont toujours su qu’un des chemins vers la Transcendance – peut-être le plus court et certainement le plus difficile – se trouvait dans la solitude dite désert. Mais, en Occident depuis deux siècles, rares étaient ceux qui l’empruntaient. Au fait, pour la plupart d’entre nous, la solitude, le désert n’est pas un cadre, il est un état d’âme. En cela gît sa difficulté dans le monde. Le centre de la solitude, c’est vous en qui cette absence de l’homme et de ses vanités crée une première zone de silence. Sur la steppe, il n’est qu’un bruit : le gémissement du vent. C’est, dit le proverbe arabe, le désert qui pleure parce qu’il voudrait être prairie ! Ainsi de vous, terre aride et sans eau, qui supplie le Suprême Absolu d’y faire pleuvoir sa rosée. Le souffle du Suprême Esprit doit seul se faire entendre.

Kuśa: herbe à longues feuilles pointues et coupantes que long utilise dans les rituels.

Purusa : Le Moi spirituel ; Le moi incarné. Le mot signifie aussi : l’habitant dans la cité, c’est-à-dire dans la corps. Il dérive du sanscrit « pura » qui signifie cité ou corps et du « usa », un dérivé du verbe « vas » habiter.

Dans le premier livre de la Bible, la Genèse, l’allégorie de la création relate, « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Gen. 1.1-2)

Avatars: Dieu, une ou autre de Ses émanations plénières ou l’un de Ses représentants, “descendu” du monde spirituel dans le monde matériel pour rétablir les principes de la religion, par exemple le Seigneur Krishna, Moïse, Jésus, Mohammed, pour en citer quelques uns.

Par exemple, méditer sur l’effigie du Seigneur Krishna.

Le repas doit être pris depuis quelques heures afin que la digestion soit accomplie. Le corps doit être parfaitement propre autant que les vêtements.

Se retirer dans une chambre tranquille où l’on est assuré de n’être dérangé par aucune intervention ni aucun bruit. En Orient, on trouve souvent dans des maisons mêmes peu fortunées, une chambre réservée exclusivement pour la méditation. Si on le peut, se mettre dehors sous un arbre, mais s’assurer toujours la plus grandes tranquillité.

Au fait, pour les débutants, il est bon avant de commencer la méditation, de s’exercer quotidiennement à demeurer assis de la manière souhaitée pendant 5, 10, 15 minutes, afin de discipliner le corps et n’avoir plus à s’en occuper quand ils commenceront la méditation. On doit le faire chaque jour à la même heure.

Ou, les yeux légèrement baissés, pour limiter le champ de vision, ou complètement fermés, si on peut le faire sans céder au sommeil. L’attention doit être concentrée entre les sourcils.

Beaucoup de personnes font confusion entre les idées et les pratiques de la respiration du Yoga des Hindous. Il est ainsi utile de donner certaines explications sur les exercices Hindous de respiration rythmique, mais l’on doit se rendre compte que seuls deux exercices Yogiques : la respiration dite de purification et la respiration rythmique sont sans danger pour nous. Le yoga est une science expérimentée qui permet à chacun d’obtenir un contrôle inusité de son corps et de son esprit. Le mot « Yoga » employé dans l’Hindouisme veut dire l’union avec Brahma, le Suprême Absolu, l’Être Suprême, et quand on respire, le corps absorbe avec l’air une force appelée « Prâna » (énergie vitale) qui est latente dans l’atmosphère.

(1)     Respiration Purificatrice.

Pour purifier le système respiratoire, cet exercice est indiqué :

Fermez la narine droite, en la comprimant sur le côté avec un doigt. Aspirez alors par la narine gauche. Renvoyez l’air aspirez en exhalant par la narine droite ; recommencez en comprimant la narine gauche et en aspirant l’air par la narine droite, et ainsi de suite. Les voies respiratoires seront ainsi nettoyées de l’acide carbonique et autres impuretés. Si la rétention du souffle indiquée est trop longue pour certains, nous conseillons :

Aspirer en comptant huit ;

Retenir le souffle en comptant quatre.

Expirer en comptant huit.

Rester sans respirer (vide) en comptant quatre.

(2)     Respiration Rythmique.

Voici un  exercice très estimé :

Vider les poumons en comptant six.

Rester sans respirer en comptant trois.

Remplir les poumons et le thorax en comptant six.

Retenir l’air en comptant trois.

Il ne faut pas que les comptes de la respiration soient plus rapides, ni plus lents que le battement du cœur. Cette respiration doit être rythmique, et deviendra par la suite automatique. Un conseil, il vaut mieux commencer par cette pratique respiratoire en dehors des heures saintes de méditation pour s’y habituer. On doit comprendre que plus tard on peut augmenter le nombre des comptes et retenir la respiration plus longtemps, mais si un débutant essaie la rétention du souffle, il se peut qu’il ressente des vertiges ou autres troubles. Il faut toujours se rappeler que le motif de cette respiration est de purifier le corps, de fortifier le système nerveux et de calmer le mental, mais en évitant tout surmenage.

 

Les deux exercices dont partie du « Prânâyâma » pratiqué dans les systèmes Yogiques des Hindous.

Compagnie (sanga) des maîtres et des sages qui sont ancrés dans la Vérité (Sat). C’est aussi la compagnie de ceux en quête de connaissance spirituelle.

Filiation spirituelle, ou succession disciplique (paramparā) : Succession de maîtres spirituels qui ont transmis, sans l’altérer, l’enseignement originel du Seigneur jusqu’à nos jours, ce que au fait la Bhagavad Gîtâ représente en tant que  Sainte Écriture. Dans la Chrétienté Apostolique (Catholique, Orthodoxe, Anglicane et autres), et d’après leur enseignement, par le souffle de l’Esprit, le jour de la Pentecôte, un peuple « spirituel » est né, dont Jésus est le premier-né et le Roi. L’Église Chrétienne est donc née, et l’apôtre Pierre avant les autres apôtres, dès ce moment, est entré dans son rôle d’ « économe des mystères de Dieu » suivant l’enseignement de Jésus Christ. C’est à partir des apôtres, qu’en première instance l’Église de Jérusalem fut, pendant un certain temps, toute l’Église de Jésus Christ ; et, de là Antioche et puis Rome, et cette même succession apostolique ou disciplique ininterrompue jusqu’à nos jours par les évêques.

En Anglais :

Oh, Creator of the universe

May we receive thy supreme sin-destroying light

May thou guide our intellect in the right direction

Aum

 

Mokşa : Libération, nirvana, Mukti.

Trois mille ans après, marquant le début d’une nouvelle ère pour la religion Abrahamique par la naissance du Messie promis, rejeté jusqu’à nos jours par ceux qui attendent encore Sa venue, et accepté par les autres de la Nouvelle Alliance, Jésus de Nazareth, fils de Marie et du père adoptif Joseph, le roi Hérode dans sa tyrannie fit massacrer les nouveaux nés, afin d’être certain de la mort de l’Enfant Messie de Bethlehem.

A l’âge de douze ans, Jésus de Nazareth monta avec ses parents à Jérusalem comme chaque année pour la fête de Pâques. Au moment de repartir après la fête, l’enfant Jésus resta dans la cité, pour discuter avec les docteurs dans le temple, et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfiés de son intelligence et de ses réponses. Après à  Nazareth, il resta soumis à ses parents. Ici, la narration évangélique  s’arrête jusqu’à l’âge de trente ans environ lorsque Jésus commença sa vie publique.

Incarnation divine (littéralement) ‘descente’. Dans la tradition vishnouite, ce mot désigne les incarnations de Visnu au nom de dix venant rétablir l’ordre dans le monde : Matsya (le Poisson), Kûrma (la Tortue), Varâha (le Sanglier), Narasimha (l’Homme-Lion), Vâmana (le Nain), Parasurâma (Râma portant une hache), le Seigneur Rama, Balarâma (frère aîné de Krishna), le Seigneur Krishna (Krsna), et pour terminer Kalki qui doit venir à la fin de notre ère actuelle. Le Bouddha est parfois aussi inclus dans cette liste, et  même Jésus comme incarnation de Dieu fait homme.

Il est impérieux de dire que toute boisson alcoolisée nous est absolument interdit. S’en abstenir, signifie que le yogi ou dévot a vraiment compris le dessein du Suprême Absolu pour chacun de nous. L’alcool fait déraisonner même les Sages. S’abstenir d’alcool et de drogue (fléau des temps actuels), offre au Suprême Absolu quelque chose de son propre mouvement dans la joie du Suprême Esprit, retranchant ainsi à son corps un ‘interdit’ dans l’exaltation du désir spirituel.  Il est donc impérieux de faire de notre cœur une carte blanche où la Suprême Sagesse divine puisse y graver ce qu’Il Lui plaira. Combien est-il pénible pour un yogi ou dévot de passer des heures entières dans la méditation, muettes, humbles, soumises, et ne pas vouloir comprendre le réel motif de l’interdiction. L’âme arrive à la libération par la purification opérée en elle par le Suprême Seigneur Lui-même.

Pour situer en bref,  ‘Philippe De Coster’ sur le plan  religieux et spirituel, il est un gradué en théologie protestante. Il fut élève à l’Institut Biblique de Bruxelles (1960) ; il reçut en 1970 un certificat de fin d’études en métaphysique chrétienne de l’ « Unity School of Christianity, Lee’s Summit, Missouri, USA » ; obtint  un diplôme au London Bible College, Northwood, Londres en 1984, et accepté depuis lors comme ancien élève de cette institution. Entretemps, il poursuivit un programme d’étude ‘extra muros’ de réadaptation théologique avec une faculté de théologie universitaire Américaine, et obtenu le degré de « Bachelier en Théologie » en 1980 au Southeastern University, Greenville, South Carolina par l’intermédiaire du Pasteur Diederik D. J. Quatannens, Professeur à la Faculté Théologique Protestante de Bruxelles, Aumônier Général des institutions pénitentiaires belge ; et, responsable Européen pour la Southeastern University. En 1979, il reçut le titre ‘honoris causa’ Anglo-saxon de ‘Docteur en Divinité’, d’où les initiales ‘D.D.’, conféré par l’Institut St. Ephrem à Stockholm, Suède, suite à un travail de recherche et traité théologiques important. Depuis 1963 environ, il s’est toujours intéressé à la méditation, à la vie érémitique et, fut même le fondateur d’une telle institution en Belgique sous l’abréviation    ‘OMESA’, l’ésotérisme notamment Hindou ; et, il eut  depuis 1974 une haute fonction dans le Vieux Catholicisme Romain et Latine (hors Rome). Le 1e Octobre 1991, il fut reçu comme oblat séculier à l’Abbaye Bénédictine Saint Pierre (Catholique Romaine), Steenbrugge, lez Bruges (Belgique), par feu Dom Livien, prieur de la dite Abbaye. Il jouissait ainsi des privilèges spirituels de l’Ordre Bénédictin. Le Père Dom Livien-Frans Biebuyck mourut le 5 Février 1998. Désormais, à la retraite depuis Janvier 2000, il s’occupe unique de propager la Bhagavad Gîtâ et la Méditation (comme toujours d’ailleurs depuis les années soixante), tout en vivant son idéal de vie semi érémitique, puisque il est situé en ville.

 

ŚRĪMAD BHAGAVAD-GĪTĀ

 

 

 

Chapitre 1

 

LE DILEMME D’ARJUNA

 

 

Dhrtarâstra dit : O Samjaya, assemblés au champs saint de Kurukşetra et désireux  de combattre, que firent mon peuple et les Pāndavas ? (1.01)

Samjaya dit : Voyant la formation de bataille de l’armée des Pāndavas, le Roi Duryodhana s’approcha de son gourou, et prononça ces paroles : (1.02)

O Maître, regarde cette puissante armée des fils de Pāndu, alignée en formation de bataille par ton talentueux disciple, le fils de Drupada. (1.03)

Il y a plusieurs héros et puissants archers, égaux à Bhīma et à Arjuna en guerre comme Yuydhāna, Virīta, et le grand guerrier Drupada ; Dhrsţaketu, Cekitāna, et le Roi héroïque de Kāshi ; Purujit, Kuntibhoja, et le grand homme Śaibya. Le vaillant Yudhāmanyu, le formidable Uttamauja, le fils de Subhadrā, et les fils de Draupadī, tous de grands guerriers. (1.04-06)

 

INTRODUCTION DES COMMANDEURS DE L’ARMÉE

 

Reconnais aussi, O Meilleur des « deux-fois-nés », ceux qui sont les plus remarquables de notre côté. Pour ton information, je vais nommer les commandeurs de mon armée ainsi : (1.07)

Toi-même, Bhīşma, Karna, le victorieux, Kŗpa, Aśvatthāmā, Vikarna, fils de Somadatta, et bien d’autres héros qui ont risqué leur vie pour moi. Ils sont armés avec diverses armes, et tous sont habiles dans le combat. (1.08-09)

Notre armée commandée par Bhīşma, est invincible ; pendant que leur armée, protégée par Bhīma est facile à conquérir. Par conséquent, vous tous qui vous tenez dans vos divisions respectives sur tous les fronts, protégez seulement Bhīşma. (1.10-11)

 

LA GUERRE DÉBUTE AU SON DE LA CONQUE

 

Le puissant Bhīşma, l’homme le plus ancien de la dynastie des Kurus, rugit comme un lion, et souffla  bruyamment dans sa conque, apportant la réjouissance à Duryodhana. (1.12)

Après que les conques, les gongs, les timbales, les tambours, et les trompettes retentirent ensembles, la commotion fut immense. (1.13)

Alors le Seigneur Kŗşna et Arjuna, assis dans un grand char attelé à des chevaux blancs, soufflèrent dans leurs conques célestes. (1.14)

Kŗşna souffla dans Sa conque, Pāncajanya ; Arjuna souffla dans sa conque, Devadatta ; et Bhīma, le faiseur de formidables actions, souffla dans sa grande conque, Paundra. (1.15)

O Seigneur de la Terre ; le Roi Yudhişţhira, fils de Kunti, souffla dans sa conque appelée Anantavijaya ; pendant que Nakula et Sahadeva soufflèrent dans leurs conques respectives Sughośa et Manipuşpaka. Le Roi de Kāśī, le puissant archer ; Sikhandī, le grand guerrier ; Dhŗşţadyumma, Virāta, l’invincible Sātyaki, le Roi  Drupada, les fils de Draupadī, et le puissant fils de Subhadrā, soufflèrent dans leurs conques respectives. (1.16-18)

Le mugissement tumultueux, répercutant de par la terre et le ciel, déchira le cœur des Kauravas. (1.19)

 

ARJUNA DÉSIRE INSPECTER L’ARMÉE ENNEMIE QU’IL VA DEVOIR AFFRONTER

 

Voyant les fils de Dhrtarâstra rangés en ordre pour commencer la bataille, pendant que déjà les projectiles volaient ; Arjuna dont l’étendard portait l’emblème du Seigneur Hanumāna, prit son arc et s’adressa au Seigneur Kŗşna : O Seigneur, je T’en prie arrête mon char entre les deux armées, pour que je puisse observer ceux qui sont rangés ici ardents pour le combat, contre lesquels je suis engagé dans cet acte de guerre. (1.20-22)

Je désire observer tous ceux qui sont prêts à servir, rassemblés ici pour livrer bataille, apaisant ainsi le fils perfide de Dhrtarâstra. (1.23)

Samjaya dit : O Roi ; Seigneur Kŗşna, à la requête d’Arjuna, j’ai placé le meilleur des chars au milieu des deux armées, en face de Bhīşma, Drona, et les autres Rois ; et dit à Arjuna : « Vois les Kurus rassemblés. » (1.24-25)

Arjuna vit là ses oncles, grands-pères, des maîtres, des oncles maternels, frères, fils, petit-fils, et camarades. (1.26)

 

LE DILEMME D’ARJUNA

 

Voyant aussi les beaux-pères, les compagnons, et tous ses parentés se trouvant dans les rangs de deux armées, Arjuna fut envahi d’une grande compassion et dit douloureusement : O Kŗşna, voyant tous mes proches rangés désireux de se battre, mes membres fléchissent et ma bouche se dessèche. Mon corps tremble et mes cheveux se dressent. (1.27-29)

L’arc me glisse des mains et ma peau brûle intensément. Ma tête est prise de vertige, je me sens incapable de me tenir debout, et O Kŗşna, je ne vois que funestes présages. Je ne vois pas l’utilité de tuer mes parentés dans cette guerre. (1.30-31)

Je ne désire pas la victoire, ni les plaisirs, ni royaume, O Kŗşna. A quoi bon le pouvoir, ou les plaisirs, ou même la vie, O Kŗşna ? Car, tous ceux pour qui nous désirons le royaume, les jouissances et les plaisirs sont rangés ici en bataille, renonçant  à leur vie et à leurs richesses. (1.32-33)

Je ne souhaite pas de tuer les maîtres, oncles, fils, grands-pères, oncles maternels, beaux-pères, beaux-frères, et autres parentés qui sont prêts à nous tuer, même pour la souveraineté des trois mondes, et encore moins pour ce royaume terrestre, O Kŗşna. (1.34-35)

O Seigneur Kŗşna, quels plaisirs pourront être nôtres en tuant les fils de Dhrtarâstra ? En tuant ces criminels nous commettrons que le péché. (1.36)

Par conséquent, nous ne pouvons pas tuer nos cousins frères, les fils de Dhrtarâstra. Comment pourrions-nous être heureux après avoir tué les nôtres, O Kŗşna ? (1.37)

Même si ils sont aveuglés par la convoitise, ne voient aucun mal à détruire leur famille, ou de péché en trahissant leurs amis. Comment ne pas nous détourner de ce péché, nous qui voyons clairement le mal dans la destruction de la famille, O Kŗşna ? (1.38-39)

 

ARJUNA DÉCRIT LES MÉFAITS DE LA GUERRE

 

Les traditions immémoriales familiales et les codes de conduite périssent avec la destruction de la famille. L’immoralité prévale dans la famille à cause de la destruction des traditions familiales. (1.40)

Et lorsque l’immoralité prévale, O Kŗşna, les femmes de la famille deviennent corrompues ; quand les femmes sont corrompues, beaucoup de problèmes sociaux s’élèvent. (1.41)

Ceci mène la famille et les tueurs de la famille en enfer, à cause que les esprits de leurs ancêtres sont dégradés, privés des offrandes cérémoniales de riz et de l’eau. (1.42)

Les qualités éternelles d’ordre social et des traditions familiales de ceux qui détruisent leur famille sont ruinées en commettant le péché de l’illégitimité. (1.43)

On nous a raconté, O Kŗşna, que les personnes dont les traditions familiales sont détruites, demeure pour longtemps en enfer. (1.44)

Hélas ! Nous sommes prêtes à commettre un grand péché, en cherchant à massacrer nos proches par convoitise du plaisir de la royauté. (1.45)

Il serait préférable pour moi que les fils de Dhrtarâstra me tuent dans la bataille les armes en mains, pendant que je suis désarmé et sans résistance. (1.46)

 

EN AVANÇANT ON ENDURCIT, ET MALGRÉ L’ENDURCISSEMENT ON PEUT DEVENIR D’ILLUSIONNÉ 

 

Samjaya dit : Ayant dit ceci en plein champ de bataille, abandonnant arc et flèches, Arjuna s’assit dans son char l’esprit accablé de douleur. (1.47)

 

Ainsi prend fin le premier chapitre intitulé « Le dilemme d’Arjuna » dans les Upanişad de la Bhagavadgītā, l’écriture de yoga, touchant la science de l’Absolu dans la forme du dialogue entre Srīkŗşna et Arjuna.

Le monde est un champ de bataille pour une lutte morale. Le débouché décisif séjourne dans le cœur des hommes où les batailles se livrent chaque jour et à tout instant. L’ascension du visible à l’invisible ou du dedans, de la souffrance au mental, a lieu par la voie du dharma, cette action gouvernée par la loi essentielle de la propre nature de chacun. Même dans notre vie corporelle, c’est par la pratique du dharma ou la morale juste, que nous parvenons à cet état de sécurité où toute difficulté culmine dans une joie intérieure que le monde ne peut offrir. La vie dans le monde est un écolage, l’école des saints yogis et dévots, ce que signifie « être dans le monde mais pas du monde » où la flamme sacrée de l’esprit ne se laisse jamais éteindre. Le monde est le lieu où nous épuisons notre karma (action qui se prolonge par des conséquences) et accomplissons ainsi la tâche comme une vocation de construire notre âme. Le champ saint de Kurukşetra et de bataille est celui du droit, parce que le Seigneur qui est le protecteur du dharma, y est activement présent. La vie est une bataille contre l’esprit du mal. Le processus créateur est une tension perpétuelle entre deux incompatibles, chacun dressé contre l’autre. Par leur mutuel conflit, l’évolution progresse et le but de l’univers s’accomplit. Ce monde comporte des éléments d’imperfections, de mal et d’irrationalité, et il est notre devoir par l’action du dharma, de le changer. Kurukşetra est le champ de la pénitence et de la discipline (Manu, II, 19 et 20). Établir une distinction très nette entre vie spirituelle et vie sociale (matérielle) n’est pas une chose facile, car la vie spirituelle conditionne profondément l’autre, et vice versa. La vie yogique n’est pas un but en soi, mais doit amener le yogi ou dévot à abandonner beaucoup de choses et de s’aligner aux saintes écritures comme la Bhagavad-Gîtâ, afin d’aboutir plus rapidement qu’autrement à la libération ou le Nirvana. La solitude de l’ascète, du yogi ou dévot, est une aide à une vie consacrée au silence et à la méditation afin de parvenir à cette contemplation pure.

O Meilleur des « deux-fois-nés », est celui qui a reçu le cordon sacré, celui qui est né deux fois dans la chair à la naissance, et lors de la conversion ou l’initiation à la vie de l’esprit. Nous naissons dans le monde naturel, tandis que la seconde naissance est celle de l’esprit. L’humain naît enfant de la nature et croît jusqu’à la stature spirituelle pour devenir un enfant de la lumière.

Dans toute la littérature hindoue et bouddhiste le char symbolise l’organisme psychophysique, ou la discipline qui étudie et cherche à quantifier les sensations provoquées par des excitations déterminées. Les coursiers sont les sens, les rênes leur maîtrise mais le cocher, le guide, est l’esprit, le Soi véritable, Atman. Kŗşna  le cocher est l’esprit en nous. (Katha Upanishad, III, 3)

Arjuna est conduit par des conventions sociales et par la moralité de sa culture et non par une vision personnelle de la Vérité. Il lui faut détruire les symboles de cette moralité extérieure et acquérir la force intérieure. Ses anciens instructeurs qui l’ont guidé dans la vie doivent être tués avant qu’il puisse acquérir la sagesse de l’âme, alors même que les ennemis sont des agresseurs, nous ne pouvons pas les tuer. On ne peut pas commettre un péché en représailles d’un autre péché. M.B., Udyogaparva, 38, 73, 74 : « Conquérez la colère des autres par la non-colère ; les méchants par la  sainteté, l’avare par des dons, la fausseté par la vérité ».

Quand nous négligeons les archétypes d’idéaux incarnés dans les traditions immémoriales, troublant ainsi l’équilibre social, nous introduisons donc le chaos dans le monde.

Les paroles d’Arjuna sont prononcées dans l’agonie et la charité. Son mental est sur la frontière entre le matériel et le spirituel. Il lutte pour arriver à une solution, comme l’homme a toujours fait, et pourtant il est inapte à prendre une décision à cause de son incapacité de comprendre sa propre nature, celle des autres et du cosmos. Il met l’accent sur la douleur humaine et la détresse matérielle qu’implique la guerre, malgré que le but essentiel de la vie ne soit pas la poursuite du bonheur et l’aisance matérielle.  L’âme est attirée par le Suprême Absolu hors des sentiers de la persuasion, de l’instruction et de l’entendement, parce que dans ceux-ci, l’amour des choses divines est trop imparfait, et il y dépend trop de créatures, il y ressemble à des gouttes d’eau qui tombent l’une après l’autre et par intervalles. Nombreux sont ceux pour qui cette philosophie est sans rapport avec la vie. Deux voies conduisent au Suprême Absolu. L’une se sert de la réflexion et du raisonnement, l’autre de la foi simple et de la connaissance générale et confuse. La première s’appelle « méditation » ; la seconde la contemplation, le recueillement intérieur dans son sens le plus profond et acquise. La première est pour ceux qui commencent et persévèrent ; la seconde pour ceux qui sont plus avancés dans la vie yogique. La première est sensible, la seconde plus pure et profondément spirituelle. Plus on est dans l’indépendance des créatures, plus on s’appuie sur le Suprême Absolu, et sur Ses inspirations secrètes, par le moyen de la foi pure, le détachement, et la charité ferme, confiant et véhément. Il faut donc que la charité prenne les devants, se dépouillent  d’appréhensions de toutes sortes ; que le yogi ou dévot aime son Seigneur pour ce qu’Il est, et non pour ce que l’imagination lui en présente. L’auteur de la Gîtâ nous donne par le dialogue entre Kŗşna et Arjuna l’expression dramatique du sentiment de la Présence Divine en l’homme. Plus le mental de l’homme s’élève, plus il se détache des objets sensible. Bien des âmes viennent jusqu’à la porte de la contemplation, mais il y en a peu qui passent, soit faute d’un bon gourou, ou parce qu’elles ne se soumettent  pas à Dieu avec une entière confiance. Quand Arjuna est tenté de s’abstenir de son devoir divin,  la Présence en lui, son inspiration la plus authentique, lui révèle la voie établie aussitôt qu’il a pu écarter les subtiles suggestions de son moi inférieur. Quand le mental considère avec attention les mystères de foi comme décrits dans la Gîtâ, ce qu’il considère en détail, essayant d’en découvrir la vérité, il expérimente que le cœur le plus intime de son âme est aussi le centre divin de tout l’univers, le microcosme dans le macrocosme. Le soi le plus profond d’Arjuna est Kŗşna. Seul celui qui, voué au Seigneur Kŗşna, possède la grandeur d’âme et la tendresse de cœur d’Arjuna. Nul est aussi proche du Suprême Absolu, Dieu, que soi-même et pour parvenir à Lui nous n’avons besoin qu’un cœur ardent et l’intention pure. Arjuna se tient dans sa solitude et nudité sans intermédiaire en face de son Seigneur. Il y a dans une telle situation une continuelle communion entre le Suprême Absolu et l’homme, qui permet un dialogue se poursuivant jusqu’à ce qu’une harmonie complète soit atteinte. Le yogi ou dévot peut connaître soit par une habitude acquise à force de raisonnement, soit par des lumières divines particulières. Le Suprême Absolu n’est jamais éloigné de nous, il est tout proche. Il est ni un spectateur détaché ou un juge lointain de la cause en cours, mais un ami. Le Seigneur veut que par la spiritualité autant que par le secours de Sa grâce on fasse naître dans notre cœur la lumière dans les ténèbres, le silence dans le tumulte, la solitude même au milieu de la foule, l’oubli dans la misère, la force dans la faiblesse, le courage dans la crainte, la résistance au milieu des tentations, et la paix dans la guerre. Le chapitre premier s’achève dans l’abattement et la souffrance, et cela aussi est appelé Yoga, car cette obscurité de l’âme est un pas important sur la voie de la spiritualité. Arjuna traverse une phase de grande tension intérieure, mais lorsqu’il se détache de ses obligations sociales et demande pourquoi il lui faut accomplir le devoir que la société attend de lui, il passe au delà de son moi socialisé et prend pleine conscience de lui-même en temps qu’homme seul et dépouillé de tout. Lorsque le Seigneur veut conduire l’âme par la voie mystique, à la connaissance et à l’amour de la Loi intérieure,  Il la fait passer parfois par des sentiers arides et ténébreux. En ce qui concerne Arjuna, sa nouvelle liberté crée en lui un profond sentiment d’anxiété, de solitude, de doute et d’insécurité. Cependant, pour qu’il retrouve sa fonction et son efficacité, il faut qu’il dépasse les sentiments. La conclusion mentale est le point de départ de la recherche spirituelle, et l’attitude nécessaire pour que les graines de la Gîtâ puissent être semées et les fleurs de la perfection cueillies. Croissance et activité sont les principales caractéristiques de la vie dans son ensemble, aussi bien sur le plan physique que sur le plan spirituel.


 

Chapitre 2

 

LA CONNAISSANCE TRANSCENDANTALE

 

Samjaya dit : Le Seigneur Kŗşna prononça ces paroles à Arjuna ayant les yeux affligés et pleins de larmes, envahit de compassion et de désespoir. (2.01)

Le Suprême Seigneur dit : Comment un tel découragement a-t-il pu s’emparer de toi en ce moment ? Ce n’est pas convenable pour un Aryen (ou une personne dont le mental et les actions sont nobles). C’est déshonorant, et ne conduit pas une personne au ciel, O Arjuna. (2.02)

Ne te laisse pas aller à la couardise, O Arjuna, car cela ne te convient pas. Chasse cette faiblesse insignifiante de ton cœur et lèves-toi pour le combat, O Arjuna. (2.03)

 

ARJUNA CONTINUE SON RAISONNEMENT CONTRE LA GUERRE

 

Arjuna dit : Comment pourrais-je dans le combat lancer des flèches à Bhīşma et Drona, qui sont dignes de ma vénération, O Kŗşna ? (2.04)

Vraiment, mieux voudrait vivre dans ce monde d’aumône plutôt que d’abattre ces nobles gourous, car en les tuant je ferais que profiter des richesses et plaisirs souillées de sang. (2.05)

Nous ne connaissons pas quel alternatif soit mieux pour nous, combattre ou quitter. D’ailleurs, nous ne savons pas si nous allons conquérir ou qu’ils nous conquérront. Nous ne devrions pas, ne fus que souhaiter, de vivre après avoir tué les fils de Dhrtarâstra qui sont dressés devant nous. (2.06)

Mes sens sont envahis par la faiblesse de la pitié, et mon mental est confus quant au devoir (Dharma). Je Te demande de me dire en toute certitude qu’elle est la meilleure. Je suis Ton disciple. Instruis-moi, qui aie trouvé refuge en toi. (2.07)

Je ne vois pas qu’acquérir un royaume sans rival et prospère sur cette terre, ou même la seigneurie sur les régnants célestes (Devas) dissiperaient la douleur qui dessèche mes sens.  (2.08)

Samjaya dit : O Roi, après avoir parlé ainsi au Seigneur Kŗşna, le puissant Arjuna dit à Kŗşna : je ne combattrai pas, et il resta silencieux. (2.09)

O Roi, le Seigneur Kŗşna, esquissant un sourire, dit ces paroles à Arjuna découragé au milieu des deux armées. (2.10)

 

LES ENSEIGNEMENTS DE LA GÎTÂ DÉBUTE PAR LA VRAIE CONNAISSANCE DU SOI ET DU CORPS PHYSIQUE

 

Le Seigneur Suprême dit : Tu pleures pour ceux qui ne sont pas dignes d’être lamentés, et pourtant tu prononces des paroles de sagesse. Le sage ne se lamente ni pour les vivants ni pour les morts. (2.11)

Il n’y eut jamais un temps que ces monarques, toi, ou moi cessèrent d’exister, et nous ne pourrons jamais cesser d’exister dans l’avenir. (2.12)

Tout comme l’entité vivante (Atmâ, Jîva, Jîvâtma) acquiert l’enfance, un corps jeune, et un corps de vieillesse durant cette vie ; de même elle acquiert un autre corps après la mort. Le sage n’en est pas troublé. (Voir aussi 5.08) (2.13)

Les contacts des sens vers les objets appropriés engendrent la chaleur et le froid, la douleur et le plaisir. Ils sont transitoires et impermanents. Ainsi, apprends à les endurer, O Arjuna. (2.14)

Car une personne calme – qui n’est pas affectée par ces sensations, et est ferme dans la douleur et le plaisir, se rend digne de l’immortalité, O Arjuna. (2.15)

 

LE SOI EST ETERNEL, LE CORPS EST TRANSITOIRE

 

L’Esprit invisible (Sat, Atmâ) est éternel, et le monde visible (y compris le corps physique) est transitoire. La réalité de ces deux est vraiment perçue par les voyants de la vérité. (2.16)

L’Esprit (Atmâ) par qui tout cet univers est pénétré, est indestructible. Personne ne sait détruire l’impérissable Esprit. (2.17)

Les corps de l’éternel, immuable, et incompréhensible Esprit sont périssables. Par conséquent, livre bataille, O Arjuna. (2.18)

Celui qui pense qu’Atmâ (Esprit) peut tuer, et celui qui pense qu’Atmâ est tué, les deux sont ignorants. Parce qu’Atmâ ne tue ou est tué. (Un verset parallèle se trouve dans KaU 2.19) (2.19)

L’Esprit (Atmâ) ne naît jamais et ne meurt jamais en aucun temps. Il ne commence pas d'être, ou ne cesse pas d’exister. Il est ingénéré, éternel, permanent, et ancien. L’Esprit n’est pas détruit lorsque le corps est détruit. (Voir aussi KaU 2.18) (2.20)

O Arjuna, comment une personne qui sait que l’Esprit (Atmâ) est indestructible, éternel, ingénéré, et immuable, tue quelqu’un ou provoque quelqu’un d’être tué ? (2.21)

 

LA MORT ET LA TRANSMIGRATION DE L’ÂME

 

Tout comme un homme revêt des vêtements neufs après avoir laissé les anciens ; de même, l’entité vivante (Atmâ, Jîva, Jîvâtma) acquiert de nouveaux corps après avoir rejeté les vieux corps.  (2.22)

Les armes ne peuvent pourfendre cet Esprit (Atmâ), le feu ne le brûle pas, l’eau ne le mouille pas, et le vent ne le dessèche. L’Atmâ ne peut être coupé, brûlé, mouillé, ni asséché.  Il est éternel, omniprésent, inchangé, immuable, et ancien. (2.23-24)

L’esprit (Atmâ, le Soi) est dit être inexplicable, incompréhensible, et immuable. Connaissant cet Esprit comme tel, tu ne devrais pas t’affliger. (2.25)

Bien que tu penses que cette entité vivante ou corps prend naissance et meurt perpétuellement, même alors, O Arjuna, tu ne devrais pas t’affliger ainsi. Car la mort est certaine pour ce qui est né, et la naissance est certaine pour ce qui meurt. Par conséquent, tu ne devrais pas te lamenter sur l’inévitable. (2.26-27)

Tous les êtres, O Arjuna, sont non manifestés – invisibles aux yeux physiques – avant la naissance et après la mort. Ils se manifestent seulement entre la naissance et la mort. Y a-t-il là de quoi s’affliger ? (2.28)

 

L’ESPRIT INDESTRUCTIBLE TRANSCENDE LE MENTAL ET LA PAROLE

 

Certains voient l’Esprit comme une merveille, d’autres le décrivent comme merveilleux, d’autres entendent parler de lui comme d’une merveille. Même après avoir entendu le concernant, peu de gens le connaît.  (Voir aussi KaU 2.07) (2.29)

O Arjuna, l’Esprit qui demeure dans le corps de tous les êtres est éternellement indestructible. Par conséquent, tu ne devrais pas pleurer pour personne. (2.30)

 

LE SEIGNEUR KŖŞNA RAPPELLE ARJUNA DE SON DEVOIR COMME GUERRIER

 

Ayant égard à ton propre devoir en tant que guerrier, tu ne devrais pas être indécis. Car, il n’y a rien de plus heureux pour un guerrier qu’une guerre juste. (2.31)

Seulement les guerriers favorisés, O Arjuna, reçoivent l’opportunité d’une telle guerre non préméditée, qui est comme une porte ouverte vers le ciel. (2.32)

Si tu ne veux pas combattre cette guerre juste, alors tu manqueras à ton devoir, tu perdras ta réputation, et tu t’affligeras le péché. (2.33)

Les hommes raconteront perpétuellement ta disgrâce. Pour les honorables, le déshonneur est pire que la mort. (2.34)

Les grands guerriers penseront que tu t’es retiré de la bataille par crainte. Ceux qui t’on hautement estimés, perdront leur respect pour toi. (2.35)

Tes ennemis prononceront beaucoup de paroles injurieuses et mépriseront ta capacité. Que peut-il y avoir de plus douloureux ?  (2.36)

Tu iras au ciel si tué au combat (répondant au devoir), ou victorieux tu jouiras du royaume terrestre. Par conséquent, debout donc, décidé à combattre, O Arjuna. (2.37)

Considérant le plaisir et la souffrance, le gain et la perte, la victoire et la défaite de la même façon, engage-toi dans ton devoir. En accomplissant ton devoir, tu ne commettras pas de péché. (2.38)

 

LE SCIENCE DE KARMA-YOGA, L’ACTION D’DÉSINTÉRESSÉE

 

La sagesse de la connaissance transcendantale t’a été transmise, O Arjuna. Maintenant écoute la sagesse de Karma-yoga, le service désintéressé (Sevā), car en y étant pénétré tu seras libéré des chaînes de l’action (Karma). (2.39)

Dans le Karma-yoga aucun effort n’est jamais perdu et il n’y a pas d’effet adverse. Même la moindre pratique de cette discipline protège l’homme de la grande peur de la naissance et de la mort. (2.40)

Un Karma-yogi tient une détermination résolue vers la réalisation de Dieu, O Arjuna, mais les désires sont innombrables et diverses de l’homme qui travaille pour jouir des fruits de son activité. (2.41)

 

LES VEDAS TRAITENT L’ASPECT MATÉRIEL ET SPIRITUEL DE LA VIE

 

Les mal guidé prend plaisir dans le chant mélodieux de la Véda – sans comprendre le vrai objectif des Védas – réfléchit, O Arjuna, comme si il n’y a rien d’autre dans les Védas que des rituelles avec la seule raison d’obtenir les jouissances célestes.  (2.42)

Ils sont dominés par les désirs matériels, et considèrent l’acquisition céleste comme étant le but le plus élevé de la vie. Ils s’engagent dans des rites spécifiques pour cause de prospérité et de jouissance. La renaissance est le résultat de leurs actions. (Voir aussi KaU 2.05, IsU 09) (2.43)

La détermination résolue de la réalisation du Soi n’est pas formée dans le mental de ceux qui sont attachés aux plaisirs et au pouvoir, dont le jugement est obscurci par ces activités ritualistes.  (2.44)

Une partie des Vedas traite les trois modes ou états (Gunas) de la Nature matérielle. Libère-toi des paires d’opposés, restes toujours équilibré et indifférent à toutes pensées d’acquisition et de préservation. Lève-toi au-dessus des trois états, en pleine conscience, O Arjuna. (2.45)

Pour la personne dont le Soi est réalisé les Védas sont aussi utiles qu’un petit réservoir d’eau lorsque l’eau d’un énorme lac devient disponible. (2.46)

 

THÉORIE ET PRATIQUE DU KARMA-YOGA

 

Tu as Adhikāra (droit, privilège) simplement sur tes devoirs respectifs, mais pas de contrôle ou de revendication sur les résultats. Les fruits du travail ne peuvent pas être ton motif. Tu ne devrais jamais être inactif. (2.47)

Accomplis ton devoir le mieux possible, O Arjuna, par ton mental attaché au Seigneur, abandonnant le souci et l’attachement intéressé aux résultats, et reste calme dans le succès et l’échec. L’équanimité du mental est appelée Karma-yoga. (2.48)

Le travail accompli avec des motifs égoïstes est très inférieur au service désintéressé ou le Karma-yoga. C’est pourquoi sois un Karma-yogi, O Arjuna. Ceux qui travaillent pour jouir des fruits de leur labeur sont vraiment malheureux. (Car l’homme n’a pas de contrôle sur les résultats). (2.49)

Un Karma-yogi devient dans cette vie même libéré du vice autant que de la vertu. S’efforcer de travailler le mieux possible sans être attaché aux fruits du travail est appelé Karma-yoga. (2.50)

Les Sages Karma-yogis sont libérés des chaînes de la renaissance en renonçant à l’attachement intéressé aux fruits de tout travail, pour atteindre ainsi l’état de béatitude divine. (2.51)

Lorsque ton intellect aura complètement franchi le voile de confusion, alors tu deviendras indifférent aux Écritures que tu connais et à celles qu’il te reste à connaître. (2.52)

Lorsque ton intellect, rendu confus par les opinions contradictoires et la doctrine ritualiste des Védas, restera ferme et inébranlable dans la concentration sur le Suprême Être, ainsi tu atteindras l’union avec le Suprême Être en état d’extase (Samādhi). (2.53)

Arjuna dit : O Kŗşna, quelles sont les marques d’une personne illuminée (Sthita-prajna) dont l’intellect est ferme ? Quelle est la façon de parler d’une personne dotée d’un intellect stable ? Comment une telle personne s’assied et marche ? (2.54)

 

LES MARQUES D’UNE PERSONNE QUI S’EST RÉALISÉE

 

Le Seigneur Suprême dit : Lorsqu’un être est complètement libre de tous désirs du mental et est satisfait avec l’Éternel Être (Brahma) par la joie de l’Éternel Être, ainsi cet homme est appelé un illuminé (Sthita-prajna), O Arjuna. (2.55)

Une personne dont le mental est impassible au chagrin, qui ne sollicite pas les plaisirs, et qui est complètement libérée de l’attachement, de la peur, et de la colère, est appelée Sthita-prajna – un sage d’un intellect ferme. (2.56)

Ceux qui n’ont aucun attachement ; qui ne sont pas transportés dans l’obtention des résultats désirés, ni troublés par des résultats inopportuns ; leur intellect est considéré comme fermement établi. (2.57)

Lorsque quelqu’un retire complètement ses sens des objets de perception comme une tortue retire ses membres dans sa carapace pour se protéger, alors l’intellect d’une personne est considéré comme fermement établi. (2.58)

Le désir pour les plaisirs sensuels s’évade lorsque l’homme s’abstient de jouissance sensuelle, bien que le goût envers la jouissance sensuelle subsiste. Cette envie disparaît aussi chez la personne qui a connu le Suprême Être. (2.59)

 

LE DANGER DES SENS NON RESTREINTS

 

Les sens sans repos, O Arjuna, emportent fortement le mental, même d’une personne sage s’efforçant vers la perfection. (2.60)

L’homme devrait fixer son mental sur Moi dans une douce contemplation, après avoir mis les sens sous contrôle. Son intellect devient fermement établi, lorsque ses sens se trouvent complètement maîtrisés. (2.61)

L’homme développe l’attachement aux objets des sens, en pensant à ces objets de sens. Le désir envers les objets de sens vient de l’attachement aux objets de sens, et la colère vient des désirs inaccomplis. (2.62)

L’illusion ou les idées sauvages parviennent de la colère. Le mental est désorienté par l’illusion. Le raisonnement est détruit lorsque le mental est désorienté. L’homme s’égare du droit chemin lorsque le raisonnement est détruit. (2.63)

 

L’OBTENTION DE LA PAIX ET DU BONHEUR PAR LE CONTRÔLE DES SENS ET DE LA CONNAISSANCE

 

Une personne disciplinée, se mouvant parmi les objets des sens sous contrôle et libérée de tout attachement et de toute aversion, atteint la tranquillité. (2.64)

Toutes les souffrances sont détruites en atteignant la tranquillité. L’intellect d’une telle personne tranquille devient vite complètement ferme et unie à l’Éternel Être (Brahma). (2.65)

Il n’y a pas de connaissance du Soi, ni de perception du Soi chez ceux qui ne sont pas unis à l’Éternel Être (Brahma). Sans la perception du Soi il n’y pas de paix, et sans paix il n’y a pas de bonheur. (2.66)

Le mental, lorsque contrôlé par les sens vagabonds, emporte l’intellect comme la tempête qui dérive un vaisseau en mer de sa destination – le rivage spirituel. (2.67)

Par conséquent, O Arjuna, l’intellect d’une personne devient ferme lorsque les sens sont complètement retirés des objets des sens. (2.68)

Le yogi, la personne modérée, se tient éveillé lorsqu’il fait nuit pour les autres. Il fait nuit pour le yogi lorsqu’il voit tous les autres éveillés. (2.69)

L’homme atteint la paix intérieure don le mental a dissipé tous les désirs sans créer moindre perturbation mental, comme l’eau d’une rivière qui se déverse en plein océan sans le perturbé. Celui qui désire les objets matériels ne trouve jamais la paix. (2.70)

Celui qui abandonne tous désirs, et devient libéré de tout aspiration et d’émotion quant au « je » et « moi », atteint la paix. (2.71)

O Arjuna, ceci est l’état superconscient (Brāhmā).  Atteignant cet état, l’homme n’est plus abusé. Une fois parvenu dans cet état, même à la fin de la vie, la personne atteint Brahma-nirvāna (ou, devient un avec l’absolu). (2.72)

 

Ainsi prend fin le deuxième chapitre intitulé «La Connaissance Transcendantale » dans les Upanişad de la Bhagavadgītā, l’écriture de yoga, touchant la science de l’Absolu dans la forme du dialogue entre Srīkŗşna et Arjuna.

 

La pitié d’Arjuna n’a rien de commun avec la compassion du Suprême Absolu. C’est une forme de bienveillance de soi, le recul de ses nerfs devant un acte qui lui commande de faire du mal à ses proches. Arjuna se détourne ainsi de son devoir, mais le Seigneur Kŗşna le désapprouve.

Les Aryens, d’après quelques uns, sont ceux qui acceptent un type particulier de culture intérieure et de pratique sociale, qui insistent sur le courage, la courtoisie, la noblesse et la justice.

Kŗşna essaie de libérer Arjuna de ses doutes, et rappelle aussi la doctrine de l’indestructibilité du soi, en appelle à son sentiment de l’honneur et à ses traditions comme guerrier, lui révélant ainsi le dessein du  Suprême Absolu, tout en indiquant comment l’action doit être entreprise dans ce monde. Voilà pourquoi il y a des âmes qui sont toujours écrasées, même par des riens (et surtout par des riens) parce que ces riens sont au-dessus de leurs forces ; et il y en a d’autres qui sont toujours debout et vaillantes, parce que leurs forces spirituelles sont à la hauteur de toute épreuve.

Si nous nous représentons les victimes de toutes les pages sanglantes de l’histoire, si nous entendons les cris d’hommes, femmes et enfants jusqu’à nos jours, voyons ces mille formes de destruction, d’oppression et d’injustice. Nul cœur animé de charité humaine ne peut goûter la joie dans ces conquêtes souillées de sang.

Il est nécessaire que le monde nous laisse au cœur un grand vide. Ce vide c’est la place du Suprême Absolu. Arjuna n’est pas poussé seulement par le désespoir, l’anxiété et le doute, mais aussi par l’ardent désir de certitude. Reposez-vous dans le bien du Suprême Absolu. Il y a en effet un sommeil qui ne repose pas ; et il y a un autre sommeil qui opère la détente de l’être. Le sommeil dans le Suprême Absolu, le sommeil de l’âme qui s’en remet pleinement à Lui de tous ses soucis et de toutes ses peines, voilà le sommeil qui est repos. Comme Arjuna, le yogi ou dévot doit comprendre sa misère et son ignorance, et en même temps être anxieux de faire la volonté du Suprême Absolu, et de découvrir ce qu’elle est.

Le sourire de Kŗşna indique qu’il perce à jour l’effort de rationalisation d’Arjuna, ce qu’on appelle aujourd’hui pensée-désir. Mais je ne suis pas abattu parce que je suis imparfait… et je ne veux pas que tu sois découragée parce que la perfection, cet oiseau rare, cet oiseau du Suprême Être, s’est encore dérobée à tes poursuites. Non, pas de découragement, précisément pour continuer ta poursuite. La perfection de la terre c’est cette poursuite et c’est le courage de la continuer jusqu’au bout et malgré tout. Je te conseille de sourire à tes défauts, quand tu les regardes. Je te conseille de sourire à tes qualités, à tes efforts, à tout ce qu’il y a de bon en toi, et à en remercier le Seigneur Kŗşna qui t’a tout donné, Dieu Lui-même.

On explique brièvement dans le verset 2.38, la sagesse de la philosophie du Sānkhya. « Considérant le plaisir et la souffrance, le gain et la perte, la victoire et la défaite de la même façon, engages-toi dans ton devoir. En accomplissant ton devoir, tu ne commettras pas de péché. » (2.38) Le Sānkhya est un système enseigné par l’avatāra Kapila, qui procède par l’étude analytique de l’âme spirituelle conçue comme distincte des vingt-quatre éléments de la nature matérielle. Aussi, système d’analyse purement matériel du monde phénoménal dans ses diverses manifestations, mis en forme par Kapila. Sānkhya-yoga est la voie de l’approfondissement du moi spirituel comme distinct du corps matériel. Il a pour effet d’amener l’être au bhakti yoga (l’amour pour le Suprême Absolu par le service de dévotion), où il peut alors s’engager dans les activités spirituelles qui lui sont propres. Le Bhakti yogi applique l’amour et la dévotion pour le Seigneur, que caractérise l’engagement une fois purifié, des sens de l’être distinct au service des Sens du Seigneur.  Le silence mystique, il y en a trois. Le premier est celui des paroles ; le second, celui des désirs ; le troisième, celui des pensées. Le premier est parfait, le second est plus que parfait encore, le troisième l’est davantage. Le silence des paroles sert à acquérir la vertu ; celui des désirs à trouver le repos ; celui des pensées, à parvenir au recueillement intérieur. C’est au silence, à l’absence de désirs et de pensées qu’on reconnaît le véritable silence mystique pendant lequel le Suprême Absolu parle à l’âme, se communique à elle, et lui enseigne la plus sublime, la plus parfaite des sciences. Voilà, ce que enseigne la Bhagavad Gîtâ, la pratique par l’abandon de soi au Seigneur Suprême, le Seigneur Kŗşna, à travers les activités dévotionnelles que le livre enseigne. Pour finir, Sānkhya ne se rapporte pas au système de Kapila mais à l’enseignement des Upanishads.

L’être humain se rend capable de l’immortalité en passant par une série de naissances et de morts. Les changements quant au corps ne signifient pas des changements de l’âme. Aucune de ces incarnations n’est permanente. La renaissance est une loi de la nature. Les incarnations semblent essentielles à l’évolution de l’âme.

La vie éternelle est différente de la survie après la mort, la réincarnation qui est accordée à tout être incarné. Être sujet au chagrin et à la douleur, être troublé par les événements matériels, être détourné par eux du sentier du devoir qu’il faut suivre, indique que nous sommes encore victimes de l’ignorance.

L’être psychique est le vijnāna qui sert de base à la triple manifestation en corps (anna), en vie (prāna), en en mental (manas). Quand le corps physique disparaît, les gaines vitale et mentale subsistent et sont le véhicule de l’âme.

Notre existence est brève et la mort est certaine. L’inévitabilité de la mort ne sait pas justifier le meurtre, le suicide ou la guerre. Nous ne pouvons pas délibérément désirer la mort des autres sous le prétexte que tous les hommes doivent mourir.  La loi des renaissances n’encourage pas les meurtres, les massacres et les guerres inutiles, même si en certaines circonstances afin de préserver la paix et l’ordre dans la société, l’homme doit faire usage de l’armement militaire.

L’existence du Soi plus subtil que le corps, les émotions et l’intellect, est une idée difficile à concevoir pour le « Je suis » (l’ego). L’individu peut, cependant, atteindre la perfection spirituelle grâce à la pratique de certaines disciplines et techniques. Une citerne, si profonde soit-elle, se remplit toujours lorsque le ciel y déverse la pluie, donc qu’il se confie au Suprême Absolu, en se conformant à ses devoirs dans le détachement, qui se trouve à la base même de la perfection. Il expérimentera ainsi une merveilleuse extase au-delà de toutes sensations.

L’Esprit, est ce lieu de repos, le royaume de toutes perfections et de toutes les beautés spirituelles. Là, une lumière divine éclaire les mystères de la foi ; là se trouvent l’humanité profonde, la résignation entière, la pureté, la simplicité, l’innocence de la colombe, la modestie extérieure, la liberté dans le Seigneur Kŗşna et la pureté du cœur qui s’en suit. Bien que la vérité du Soi soit libre d’accès pour l’humanité toute entière, seules les rares âmes y parviennent, qui consentent à en payer le prix en discipline de soi, persévérance et renoncement. La vérité est ouverte à tous, mais beaucoup ne ressentent aucune inclination à la chercher ; et, parmi ceux qui ont l’inclination il y a le doute et l’hésitation ou qui rebutent à cause des difficultés. Seules les rares âmes réussissent à braver les obstacles pour parvenir au but.

La lutte doit être entreprise dans un esprit de sérénité, sans céder au bruyant désir de changement, d’être à la merci des variations affectives, mais en accomplissant l’œuvre qui nous est assignée dans la situation où nous sommes appelés.

Le Seigneur Kŗşna distingue le vrai karma de la piété ritualiste. Les sacrifices du Veda sont destinés comme récompenses matérielles. La Bhagavad Gîtâ nous propose de renoncer à tout désir et à tout effort égoïste, et de faire de la vie entière un sacrifice offert avec une dévotion réelle. Il est bon de choisir un gourou, un maître spirituel qu’on désire imiter et pour lequel on aura beaucoup de dévotion. Si un gourou veut avoir un ministère riche en moissons spirituelles, qu’il ne recherche pas la conduite des âmes, car les âmes viendront à lui au moment opportun. Le véritable moyen d’agir utilement, c’est de ne pas faire le maître ni de chercher à le paraître. Peu de paroles et de raisonnements sont nécessaires pour produire de grands effets, si un maître spirituel souhaite sincèrement que ses disciples aiment la vertu et que leur amour pour le Suprême Absolu soit pur et parfait. Sachez aussi, qu’il n’y a pas de meilleur gourou que la Gîtâ. L’âme en qui naît l’abstraction pourra marcher à sa perte, si elle tombe entre les mains d’un gourou sans expérience lui conseillant la discipline spirituelle. Tout cela nous prouve combien, dans la voie mystique et spirituelle, un guide expérimenté est nécessaire. Pour s’armer conter certains gourou, allez à l’adresse suivante : http://www.gita-society.com/guru4.htm

Le verset 2.47 bien connu contient le principe essentiel du désintéressement. Quand nous accomplissons notre tâche, quelle soit comme paysan ou ouvrier, chanteur ou penseur, nous serons détournés du désintéressement si nous pensons à la renommée, ou aux revenus ou à toute autre considération extérieure. Mais rien ne vaut excepté la bonne volonté, l’accomplissement du dessein de Dieu.

On doit agir avec une sérénité sans égale et dans l’indifférence pour les résultats. La personne qui agit en vertu d’une loi intérieure est à un degré plus élevé que celui dont l’action est à la merci de ses fantaisies.

Un Karma yogi s’élève au-dessus de la morale et de sa distinction entre le bien et le mal ; il est libéré de l’égoïsme et par conséquent incapable de mal. La Gîtâ yoga est aussi l’égalité du mental dans le succès ou l’échec, chez lui qui est engagé dans l’accomplissement de ses devoirs, tandis que son mental demeure en le Suprême Absolu.

Sthita-prajna : situation au plus haut niveau de la conscience mentale.

Commentaires sur les versets 2.54 -55. Lorsque l’âme est anéantie, lorsqu’elle est complètement dépouillée, elle goûte dans son être supérieur une paix profonde et un délicieux repos, car c’est dans « la Présence » qu’il demeure. Dans cet heureux état, elle ne veut, elle ne désire que ce que veut et désire le Seigneur Kŗşna, et c’est dans cet esprit que l’âme accepte tous les événements, travaux et angoisses, ainsi que les consolations et les plaisirs. Une âme entrée dans le ciel de la paix se sent pleine du Suprême Absolu, comblée de dons surnaturels, parce que le pur amour est son appui, et qu’elle se plaît dans la lumière comme dans les ténèbres, dans le jour comme dans la nuit, dans l’affliction comme dans la consolation.

Lorsque l’âme est dominée passionnément par les plaisirs de ce monde, sa mémoire est perdue, son intelligence obscurcie à tout ce qui est normal et naturel dans le cadre de la création et par conséquent des lois cosmiques, et l’homme va à sa ruine. Ce qui est nécessaire n’est pas l’isolement forcé du monde, ni la destruction de la vie sensible, mais une retraite à l’intérieur. Haïr les sens est aussi critiquable que les aimer.

Quand tous les humains sont attirés par l’éclat des objets des sens, le sage est concentré dans la réalité. Il est éveillé à la nature du réel, à l’égard de laquelle le mondain est endormi ou indifférent. L’homme n’est dans l’illusion que quand il suit ses convoitises ou ses attraits, ses raisonnements, ses connaissances ou ses affections. Quelle heureuse fortune pour le yogi ou dévot de pouvoir ce délivrer de la maison de la sensualité mal dirigée. Le plan des contraires qui est le jour ou l’état d’activité pour le mondain, est nuit, ténèbres de l’âme, pour le yogi ou dévot.

Brahma-nirvāna, c’est l’extinction de l’ego dans le plus haut Moi intérieur spirituel ; mieux encore, l’immersion du moi personnel dans l’existence infinie. L’âme ne saurait parvenir à l’union intime et affective avec le Suprême Absolu, si le cœur n’est pas net, si les sens ne sont pas purifiés. Il faut pour y atteindre que la mémoire soit vide, le mental éclairé, la volonté soumise et ardente, car le Suprême Absolu étant la pureté, la lumière et le repos même, ne peut accepter que l’âme totalement pure, le savoir juste, détachée, attentive et paisible. Le nirvana, c’est la libération ultime de l’âme qui l’unit éternellement au Suprême Absolu, Dieu le Seigneur Kŗşna.


 

Chapitre 3

 

LA VOIE DE KARMA YOGA (Action, Altruisme)

 

Arjuna dit : Si tu considères que l’acquisition de la connaissance transcendantale est préférable à celui du travail, pourquoi alors m’incites-tu à m’engager dans cette terrible guerre, O Kŗşna ? Apparemment, tu sembles confondre mon mental par des paroles contradictoires. Donne-moi, en toute certitude, un moyen par lequel je puisse atteindre le Suprême. (3.01-02)

Le Seigneur Suprême dit : Dans ce monde, O Arjuna, il y a une double voie de discipline spirituelle comme Je l’ai déjà dit dans le passé. La voie de la connaissance du Soi (Jnāna-yoga) pour les contemplatifs, et la voie du travail désintéressé (Sevā, Karma-yoga) pour les actifs. (3.03)

L’homme n’atteint pas la libération des chaînes de Karma en s’abstenant de travailler. Personnes atteint la perfection en renonçant simplement au travail. (3.04)

Car, personne ne peut demeurer, ne serait-ce qu’un instant sans action. Chacun est contraint d’agir – vraiment sans aide – par les forces de la nature. (3.05)

Le simulateur, qui refrène ses organes d’action mais se complaît mentalement dans la jouissance des sens, est appelé un hypocrite. (3.06)

 

ON DEVRAIT SERVIR LES AUTRES

 

Celui qui contrôle les sens par le mental et l’intellect éduqués et purifiés, engageant les organes d’action au service désintéressé, est supérieur, O Arjuna. (3.07)

Accomplis ton devoir prescrit, car vraiment le travail vaut mieux que de rester inactif. Même le maintien de ton corps ne peut s’effectuer sans travail. (3.08)

Les êtres humains sont liés par la chaîne Karmique des activités, à l’exception de ceux accomplies par le service désintéressé (Sevā, Yajna). Par conséquent, O Arjuna, libère-toi de l’attachement égoïste aux fruits du travail, et accomplis avec efficacité ton devoir comme un service qui M’est rendu. (3.09)

 

S’ENTRAIDER EST UN PREMIER COMMANDEMENT DU CRÉATEUR

 

Brahmā, le créateur, au commencement créa les êtres humains ensembles avec le service désintéressé (Sevā, Yajna, sacrifice), et dit : Par Yajna (en servant) tu prospèreras et Yajna satisfera tous tes désirs. (3.10)

Nourris les régnants célestes (Devas) par le service désintéressé (Sevā, Yajna), et les Devas te nourriront. Ainsi, vous nourrissant mutuellement, tu atteindras le but Suprême. (3.11)

Les régnants célestes (Devas), nourris par le service désintéressé (Sevā, Yajna), te donneront les objets désirés. Celui qui jouit des dons des Devas sans rien leur offrir en retour est vraiment un voleur. (3.12)

Les justes qui mangent les restes du service désintéressé (Sevā, Yajna) sont libérés de tous les péchés, mais les impies qui préparent la nourriture pour eux seuls (sans d’abord M’en offrir, ou partager avec autrui) vraiment mangent le péché. (Voir aussi RV 10.117.06) (3.13)

Les êtres vivants sont nés de la nourriture de graines, les grains sont produits par la pluie, la pluie vient (comme une faveur des Devas) si le devoir (Karma) est accompli en tant que service désintéressé (Sevā, Yajna). (Voir aussi 4.32) Le devoir est prescrit dans les Védas. Les Védas viennent de Brahman (l’Éternel Être). Donc, le Brahman omniprésent est toujours présent dans la Sevā. (3.14-15)

Celui qui ne M’aide pas à maintenir la roue de la création en mouvement par le devoir sacrificiel (Sevā), et se complaît dans les plaisirs sensuels, cette personne dans le péché vit en vain, O Arjuna. (3.16)

L’homme qui se réjouit uniquement dans l’Éternel Être (Brahman), qui fonde ses délices dans l’Éternel Être, et qui trouve le contentement dans l’Éternel Être seul, est une personne qui a réalisé le Moi, pour qui il n’y a pas de devoir. (3.17)

Une telle personne n’à aucun intérêt, ni dans l’action ou l’inaction. Celui qui a réalisé le Moi ne dépend de personnes pour aucun intérêt qui soit sien (sauf de Dieu). (3.18)

 

LES DIRIGEANTS DEVRAIENT MONTRER L’EXEMPLE

 

Par conséquent, accomplis ton devoir efficacement et sans attachement égoïste aux résultats, car en accomplissant le travail sans attachement, l’homme atteint le Suprême Être. (3.19)

Le Roi Janaka et autres ont atteint la perfection (ou, la réalisation du Soi) par le service désintéressé (Karma-yoga) seul. Toi aussi accomplis ton devoir en vue de guider le monde, et pour le bien-être universel de la société. (3.20)

Quoi que fasse une noble personne, d’autres suivent. Quelque soit le modèle qu’ils représentent, le monde suit. (3.21)

O Arjuna, il n’y a rien dans ces trois mondes (ciel, terre, et les régions inférieures) que Je doive faire, ni rien à obtenir qui n’ait été obtenu ; pourtant Je reste engagé dans l’action. (3.22)

Si Je ne suis pas inlassablement engagé dans l’action, O Arjuna, les hommes de toutes manières suivraient Ma voie. Les mondes périraient si Je cessais d’agir, Je serais la cause de confusion et de destruction pour tous les hommes. (3.23-24)

 

QUE DEVRAIT FAIRE LE SAGE À L’IGNORANT

 

Comme l’ignorant agit avec attachement aux fruits du travail, O Arjuna, de même l’homme sage travaille sans attachement pour le bien-être de la société. (3.25)

Le sage ne devrait pas troubler le mental des ignorants qui sont attachés aux fruits du travail, mais l’illuminé devrait inspirer les autres par l’accomplissement de tous travaux, sans attachement intéressé. (Voir aussi 3.29) (3.26)

 

TOUTES LES ACTIONS SONT LES ACTIVITÉS DE LA NATURE

 

Tous les travaux sont accomplis par l’énergie et la force de la nature ; mais à cause de l’ignorance illusionniste, les gens assument en être les faiseurs. (Voir aussi 5.09, 13 :29, et 14.19) (3.27)

Celui qui connaît la Vérité, O Arjuna, quant au rôle des forces de la nature et leur activité, ne devient pas attaché à l’activité. Une telle personne sait que ce sont les forces de la nature qui agissent avec leurs instruments – nos organes. (3.28)

Ceux qui sont égarés par la force illusoire (Māyā) de la Nature deviennent attachés aux fonctions des forces de la Nature. Les sages ne devraient pas troubler le mental des ignorants dont la connaissance est imparfaite. (Voir aussi 3.26) (3.29)

Accomplis ton devoir en Me dédiant toutes actions avec une orientation spirituelle mentale libérée de tout désir, d’attachement, et de fièvre mentale. (3.30)

Ceux qui pratiquent constamment Mon enseignement – avec foi (ou, avec une pleine attention et sincérité) et ne se fiant pas à la critique – sont libérés des chaînes du karma. Mais, ceux qui méprisent Mon enseignement et ne le pratique pas, considère les comme dénués de toute connaissance, inanimés, et perdues. (3.31-32)

Tous les êtres suivent leur propre nature. Même les sages agissent d’après leur propre nature. Quelle est alors l’utilité de la restriction des sens ? (3.33)

 

DEUX PIERRES D’ACHOPPEMENT SUR LA VOIE DE LA PERFECTION

 

L’attachement et l’aversion (Rājā et Dveşa) pour les objets de sens résident dans les sens. Que nul ne vienne sous le contrôle de ces deux, car vraiment ils sont deux pierres d’achoppement majeures, sur la voie de la réalisation du Soi. (3.34)

Le travail inférieur et naturel de l’homme est préférable au travail supérieur dénaturé. Il est préférable de mourir en accomplissant son travail naturel. Le travail dénaturé produit beaucoup trop de tension. (Voir aussi 18.47) (3.35)

 

LE DÉSIR EST À L’ORIGINE DU PÉCHÉ

 

Arjuna dit : O Kŗşna, par quoi l’homme est-il poussé à commettre le péché, tout comme contre son gré et forcé contre sa propre volonté ? (3.36)

Le Suprême Seigneur dit : C’est le désir (Kāmā) né de la passion (Rajo Guna) qui devient colère (lorsque inaccompli). Le désir est insatiable et est un grand démon. Sache que c’est le grand ennemi. (3.37)

Comme le feu est enveloppé par la fumée, comme un miroir est recouvert de poussière et l’embryon par l’amnios, de même la connaissance de Soi (Brahma-jnana) s’obscurcit par le désir. (3.38)

O Arjuna, la connaissance de Soi (Brahma-jnana) s’enveloppe ainsi par l’insatiable feu du désir, l’éternel ennemi du sage. (3.39)

Les sens, le mental, et l’intellect sont, dit-on, le siège du désir (Kāma). Kāma – en contrôlant les sens, le mental, et l’intellect – égare la personne de la connaissance du Soi (Jnana). (3.40)

Par conséquent, O Arjuna, en contrôlant d’abord les sens, détruis ce démon du désir matériel qui ruine la connaissance et la réalisation du Soi.  (3.41)

 

COMMENT CONTRÔLER LE DÉSIR

 

On dit que les sens sont supérieurs au corps, le mental supérieur aux sens, l’intellect supérieur au mental, et Atmâ (Esprit) supérieur à l’intellect. (Voir aussi KaU 3.10, et Gîtâ (6.07-08) (3.42)

Connaissant le Soi (Atmâ) comme étant supérieur à l’intellect, et contrôlant le mental par l’intellect (qui est purifié par des pratiques spirituelles), on doit tuer le désir (Kāma) cet ennemi puissant, O Arjuna. (3.43)

 

Ainsi prend fin le troisième chapitre intitulé «La Voie de Karma Yoga » dans les Upanişad de la Bhagavadgītā, l’écriture de yoga, touchant la science de l’Absolu dans la forme du dialogue entre Srīkŗşna et Arjuna.

 

Une succession disciplique, tradition, ou actions sont authentiques quand elles éveillent une réponse adéquate à la réalité qu’elles présentent, et valables quand le mental vibre en réponse à sa présentation. L’intention est toujours nécessaire, comme caractère de la connaissance, et plus généralement de toute la psychologie humaine, qui fait qu’elle s’oriente sur un objet qui lui est transcendant. La phénoménologie moderne, à la suite de Husserl, a montré comment la considération de l’intention est essentielle à toute compréhension de l’acte de connaître, de conférer, et de faire.

Le Seigneur Kŗşna distingue, deux grands types de chercheurs : les introvertis dont la tendance naturelle est d’explorer la vie spirituelle intérieure, et les extrovertis dont l’inclination naturelle va vers l’action dans le monde extérieur. En autres termes, le mystique (yogi, dévot) de la vie intérieure traite avec la vie évoluante du Dieu intérieure, ainsi du centre à la périphérie. Le mystique monte par l’aspiration et une intense dévotion vers le Suprême Absolu macrocosmique et microcosmique, ou le Maître qu’il reconnaît. Le mystique (yogi, dévot) extroverti, s’occupe de la forme et de la manifestation extérieure du Suprême Absolu du dedans au dehors, et œuvre par l’activité. Correspondant à ces deux caractères nous avons le yoga de la connaissance pour ceux dont l’être intérieur cherche l’essor de la contemplation intérieure, et le yoga de l’action pour les âmes énergiques qui se lancent vers l’action. Cependant, cette distinction n’est pas finale, car nous sommes tous, à nos degrés divers, à la fois introvertis et extrovertis. Pour la Bhagavad Gîtâ la voie des œuvres est un moyen de libération tout aussi valable que celle de la connaissance ; et l’une et l’autre est destinée à ces deux classes. Elles ne sont pas exclusives mais complémentaires. La voie est un seul tout, impliquant des phases différentes. L’action désintéressée, c’est simplement libérer de l’énergie cosmologique. Exemple : « Dans l’action d’abord, j’adhère à la puissance créatrice du Suprême Absolu ; je coïncide avec elle ; j’en deviens, non seulement, l’instrument, mais le prolongement vivant. » Agir dans le désintéressement, c’est également s’unir au Suprême Absolu. Mais, s’unir, c’est se transformer en un plus grand que soi. Agir dans le détachement, c’est finalement sortir du matériel, de l’immédiat, de l’égoïsme, pour avancer dans la Vérité Une qui constamment évolue. Autant comme introvertis et extrovertis, nous appliquons notre volonté à la réalisation du progrès. Encore, dans la vie intérieure, c’est le Seigneur qui opère. La vie pleine de dévotion et de vertu devient plus forte ; les liens se rompent ; les imperfections disparaissent ; les passions s’évanouissent et l’âme se trouve libre. Dans la voie extérieure, on s’efforce également d’accomplir sans cesse des actes vertueux, on essaie par tous les moyens d’arracher le vice, de déraciner l’un après l’autre de la nature humaine les attachements.

Dans le Nouveau Testament de la Bible, l’apôtre Paul pareillement écrit : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. » (2 Th.3.10) La loi naturelle est que nous sommes liés par les résultats de nos actes dans le détachement. Tout acte a ses réactions naturelles, et ainsi est source d’enchaînement à la vie de chaque jour, lequel renvoie l’âme au monde du devenir et empêche son union avec le Suprême Absolu à travers la transcendance cosmique. Par conséquent, ce qui est exigé, ce n’est pas le renoncement à l’action, mais l’abandon total aux désirs égoïstes.

Tant que nous vivrons des vies incarnées, nous ne pourrons échapper à l’action.

Sevā : service désintéressé à l’humanité. Yajna : (Yajnya, Yagnya) : Sacrifice, service, Sevā, actes méritoires, un rituel Védique (3.9).

Des dieux (voir chapitre 7)

Brahman : le Réel Suprême, indivisible et infini, hors de quoi rien d’autre réellement n’existe.

  Brahma-nirvāna : extinction de l’ego dans le plus haut Moi intérieur spirituel.

  Brāhmī-sthiti : état de stabilité en Brahman.

L’action a sa racine dans l’Impérissable. Sans l’action du Suprême Absolu, le monde tomberait en ruines. Nous lisons dans le Rg-Veda (X, 90) que l’Unique Purusa fut offert en sacrifice, et que ses membres furent dispersés dans toutes les régions de l’espace. C’est par la grande action que le plan du monde est maintenu. L’action est une nécessité mentale aussi bien que physique pour les êtres incarnés.

La conception Védique du sacrifice et le service désintéressé sont comme un échange entre les dieux (devas) et les hommes dans le cadre plus large de l’interdépendance des êtres dans le Cosmos. Les actes accomplis dans un esprit sacrificiel sont agréables au Suprême Absolu. Dieu est le contenu de tous les sacrifices. L’apôtre Paul (Bible) : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, qui sera de votre part un culte raisonnable. (Rom. 12.1) » L’amour de soi-même est comme un monstre, il faut le vaincre, et ce n’est que par cette victoire qu’on arrive au sommet de la montagne de Paix, le Nirvāna (la libération des cycles interminables de transmigration). Le sacrifice est le Suprême Absolu, et la loi de la vie. L’être individuel et le cosmos sont interdépendants, ayant un constant échange entre les deux.

Janaka fut le Roi de Mithilā et le père de Sitā, femme de Rāma. Le Roi Janaka gouverna en abandonnant le sentiment personnel d’être l’agent. Samkara lui-même dit que Janaka et les autres agirent pour que le peuple ne puisse pas s’égarer, convaincus que leur sens seuls étaient engagés dans l’activité.

La Gîtâ souligne que les sages sont les pionniers qui tracent les voies suivies par les autres. L’homme imite les modèles fixés par ces élites.

La vie du Suprême Absolu et la vie de tous les jours ne sont pas opposés l’une à l’autre.

Le Suprême Absolu, par son activité ininterrompue, maintient le monde et l’empêche de retomber dans la non-existence.

Qu’on ne trouble personne. Il ne faut pas affaiblir la dévotion religieuse, quelle qu’elle soit. Le devoir, le sacrifice et la charité semblent être à la base de toutes les religions. Le caractère absolu de la doctrine théologique de n’importe quelle religion est incompatible avec le caractère mystérieux de la Vérité Une au fondement d’une religion. La foi est plus grande que la croyance.

L’âme vivante égarée s’attribue à elle-même les actes de Prakrti. Prakrti : Nature, énergie créatrice. (Gîtâ 7.4) Prakrti et ses modes représentent les limites de la liberté humaine telles que la force de l’hérédité et la pression du juste milieu. Le moi expérimental est le produit des actions, de même que l’ensemble du processus cosmique résulte de l’opération des causes.

Nous ne pouvons en aucun cas troubler ceux qui agissent sous l’impulsion de la Nature. Il faut les libérer en temps opportun, et petit à petit de la fausse identification du soi avec l’ego soumis à la nature. Le vrai soi est le Soi divin, à tout jamais libre et conscient de soi. Le faux soi est l’ego qui est portion de la nature, et reflète les activités de Prakrti.

En nous abandonnant au Seigneur Suprême qui préside à l’existence et à l’activité cosmique, nous sommes appelés à nous engager dans l’action, le travail.

  Verset 33 nous invite à découvrir notre être véritable et à lui donner expression. Prakrti est l’équipement mental avec lequel nous naissons, qui est le résultat de nos actes passés, et dont l’activité doit suivre son court, pour finalement abandonner toutes les impulsions néfastes. Si nous voulons atteindre la perfection, il faut que nous soyons forts d’une certaine assurance en la miséricorde divine, dans toutes nos imperfections et dans toutes les fautes où nous pourrions succomber. Au court de la vie, c’est par les petites chutes que le Suprême Absolu, notre Seigneur, nous fait éviter les grandes, et nous sommes ainsi rendus humbles et vigilants, ce dont nos âmes ont vraiment besoin. Saint Augustin, ce grand sages connu de par le monde dit : « Ascendamus etiam per vitia et passiones nostras. (Pour monter au ciel, servons-nous même de nos vices et de nos passions.) » L’homme doit agir conformément à la compréhension. De point de vue de notre incarnation largement comprise d’ailleurs, le détachement, le renoncement devient avant tout le fait de ne pas chercher tant de choses, mais de chercher dans toute chose ce qui est plus grand , plus parfait et donc plus pure.

Finalement, pour résumer, ce chapitre expose la nécessité d’accomplir l’action sans aucun attachement égoïste pour ses résultats, en vue d’assurer le bien du monde. C’est le détachement, non par coupure, mais par traversée et sublimation. La spiritualité non plus par négation ou évasion, mais par émergence. C’est le bien du monde en comprenant que l’énergie active appartient aux modes de Prakrti ou au Suprême Absolu lui-même.


 

Chapitre 4

 

LA VOIE DE LA RENONCIATION PAR LA CONNAISSANCE

 

Le Suprême Seigneur dit : J’ai enseigné ce Karma-yoga, la science éternelle de l’action correcte, au Roi Vivasvān. Vivasvān l’a enseigné à Manu. Manu l’a enseigné à Ikşvāku. Ainsi, transmis de l’un à l’autre en succession disciplique les saints Rois ont connu ce (Karma-yoga). A la longue la science de Karma-yoga s’est perdue sur cette terre. Aujourd’hui, Je te décris cette même ancienne science, car tu es Mon dévot et ami sincère. Karma-yoga est vraiment un secret suprême. (4.01-03)

Arjuna dit : Postérieure a été ta naissance, mais antérieure dans les temps anciens fut la naissance de Vivasvān. Comment donc pourrais-je comprendre que Tu as enseigné ce yoga au début de la création ? (4.04)

Le Suprême Seigneur dit : Toi et Moi avons pris de nombreuses naissances. Je Me souviens de toutes, O Arjuna, mais toi tu ne t’en souviens pas. (4.05)

Bien que Je sois éternel, immuable, et le Seigneur de tous les êtres ; néanmoins, Je Me manifeste en contrôlant Ma propre Nature matérielle en usant Mon énergie potentielle divine (Yoga-māyā). (Voir aussi 10.14) (4.06)

Chaque fois qu’il y a un déclin du Dharma (Justice) et une prédominance du Adharma (Injustice), O Arjuna, alors Je Me manifeste. J’apparais de temps en temps pour la protection du bien, la transformation des méchants, et pour l’établissement de l’ordre mondial (Dharma). (Voir aussi TR 1.120.03-04) (4.07-08)

Celui qui comprend vraiment Mon apparition transcendantale et Mes activités (de la création, maintenance, et dissolution), atteint Ma demeure suprême et ne naît plus après avoir quitté ce corps, O Arjuna. (4.09)

En prenant refuge en Moi, devenant pleinement absorbés en Mes pensées et purifiés par le feu de la connaissance du Soi ; nombreux sont ceux libérés de l’attachement, la peur, la colère, et qui ont atteint le salut (Mukti). (4.10)

 

LA VOIE DE L’ADORATION ET DE LA PRIÉRE

 

Quelle que soit la manière dont les hommes Me rendent un culte, J’accomplis leurs désirs en conséquence. Les hommes Me rendent un culte pour des motifs différents. (4.11)

Ceux qui aspirent le succès dans leur travail ici-bas, rendent un culte aux régnants célestes (Devas). Le succès dans le travail se réalise très vite dans le monde humain. (4.12)

 

LA RÉPARTITION DU TRAVAIL EST BASÉE SUR L’APTITUDE DES PERSONNES

 

Les quatre divisions – basées sur l’aptitude et la vocation de la société humaine ont été crées par Moi. Bien que je sois l’auteur de ce système, divisionnaire du travail, on devrait savoir que Je ne fais rien (directement) et que Je suis éternel. (Voir aussi 18.41) (4.13)

L’activité ne M’affecte pas, car Je n’ai pas de désir pour les fruits du travail. Celui qui comprend et pratique complètement cette vérité n’est pas lié au Karma. (4.14)

Les anciens aspirants à la libération se sont également engagés à accomplir leurs devoirs avec connaissance. Par conséquent, tu devrais accomplir ton devoir comme firent les anciens. (4.15)

 

L’ACTION ATTACHÉE, DÉTACHÉE ET INTERDITE

 

Même les sages sont troublés quand il s’agit de déterminer ce que sont l’action et l’inaction. Par conséquent, Je vais clairement t’expliquer ce qu’est l’action afin que, le sachant, on soit libéré du mal de la naissance et de la mort. (4.16)

La vraie nature de l’action est difficile à comprendre. Par conséquent, l’homme devrait connaître la nature de l’action attachée, de la nature détachée de l’action, et aussi la nature de l’action interdite. (4.17)

 

UN KARMA-YOGI N’EST PAS ASSUJETTI AUX LOIS KARMIQUES

 

Celui qui voit l’inaction dans l’action, et l’action dans l’inaction, est une personne intelligente. Cette personne est un yogi et a tout accompli. (Voir aussi 3.05, 3.27, 5.08 et 13.29) (4.18)

Une personne dont les désirs sont devenus désintéressés ayant été consommés dans le feu de la connaissance de Soi, est appelée un sage par les hommes avisés. (4.19)

Celui qui a abandonné l’attachement égoïste aux fruits du travail, et reste toujours satisfait et ne dépend de personne sauf de Dieu, une telle personne bien qu’il soit engagé dans l’activité,  ne fait absolument rien, et ne court pas le risque de la réaction Karmique. (4.20)

Celui qui est libéré des désirs, dont le mental et les sens sont sous contrôle, et qui a renoncé à tout droit de propriété, ne s’attire pas le péché – ni la réaction Karmique – en agissant avec son corps. (4.21)

Satisfait de ce qui vient d’une façon naturelle par Sa volonté, sans affection des paires des opposés, libéré de l’envie, équanimité dans le succès et l’échec, alors qu’il est engagé dans le travail, un tel Karma-yogi n’est pas lié au Karma. (4.22)

Celui qui est libéré de l’attachement, dont le mental est fixé dans la connaissance du Soi, qui travaille dans un esprit de service (Sevā) au Seigneur, tous les liens Karmiques d’une telle personne philanthropique (Karma-yogi) sont dissoutes. (4.23)

L’Éternel Être (Brahman) est l’oblation. Brahman est le beurre clarifié. L’oblation est versée par Brahman dans le feu de Brahman. Brahman sera réalisé par celui qui considère tout comme (une manifestation, ou) un acte de Brahman. (Voir aussi 9.16) (4.24)

 

DIFFÉRENTS TYPES DE PRATIQUES SPIRITUELLES OU SACRIFICES

 

Certains yogis accomplissent le service du culte aux régnants célestes (Devas), alors que d’autres offrent le sacrifice par le soi dans le feu de l’Éternel Être (Brahman) en accomplissant le sacrifice de la connaissance du Soi. (4.25)

Certains offrent leur ouïe et les autres leur sens en sacrifice dans le feu de la maîtrise, d’autres offrent le son et d’autres les objets des sens (comme sacrifice) dans le feu des sens. (4.26)

D’autres offrent toutes les fonctions des sens, et les fonctions des cinq bio-impulsions (Prāna) comme sacrifice dans le feu de la maîtrise de soi, allumé par la connaissance du Soi. (4.27)

D’autres offrent la richesse, leur austérité, et leur pratique du yoga en sacrifice, tandis que les ascètes aux vœux sévères offrent leur étude des Écritures et leur connaissance en sacrifice.  (4.28)

Ceux qui sont engagés dans des pratiques yogiques, parviennent à l’état essoufflé d’extase (Samādhi) en offrant l’inhalation dans l’exhalation, et l’exhalation dans l’inhalation en sacrifice (en utilisant de brefs techniques respiratoires Kriyā). (4.29)

D’autres restreignent leur nourriture, et offrent leurs inhalations en leurs inhalations. Ils sont tous des connaisseurs en sacrifice, et sont purifiés par leur sacrifice. (4.30)

Ceux qui accomplissent le service désintéressé (Sevā, Yajna) obtiennent le nectar de la connaissance qui découle de leur sacrifice et atteignent l’Éternel Être (Brahma). O Arjuna, même ce monde n’est pas un lieu heureux pour celui qui n’offre aucun sacrifice, quelle serait alors sa part dans l’autre monde ? (Voir aussi 4.38, et 5.06) (4.31)

Plusieurs types de disciplines spirituelles sont déployés dans les Védas. Sache que tous sont nés de Karma ou de l’action du corps, du mental et des sens. Sachant cela, tu obtiendras le salut (Mokşa, Nirvāna). (Voir aussi 3.14) (4.32)

 

ACQUÉRIR LA CONNAISSANCE TRANSCENDANTALE EST SUPÉRIEUR À LA PRATIQUE SPIRITUELLE

 

Le sacrifice de la connaissance est supérieur qu’aucun sacrifice matériel, O Arjuna. Car, toutes actions sans exception culminent dans la connaissance. (4.33)

Cherche la connaissance transcendantale d’une personne qui a réalisé le Soi en te prosternant humblement, par la recherche sincère, et par le service. Les sages qui ont réalisé la Vérité t’instruiront. (4.34)

Quand tu auras connu la