La Bhagavad Gîtâ en Français

 

traduit par Philippe L. De Coster D.D.

 

suivant le  Sanscrit et  l'œuvre

 

de

 

Ramananda Prasad, Ph.D.

 

 

 

INTRODUCTION À LA BHAGAVAD GÎTÂ

 

Message à l’Humanité :

 

Aujourd’hui, après deux guerres mondiales, l’histoire semble répéter ses leçons à l’humanité d’une voix plus forte que jamais parce que la turbulence et la souffrance sont généralement inhérentes à l’histoire politique, affectent directement ou indirectement des sections toujours plus grandes de l’humanité. Et, pourtant, il ne semble pas que ces leçons aient été mieux apprises qu’avant. Pour un esprit réfléchi, plus poignante et plus navrante que les nombreux exemples individuels de souffrance que fournit l’histoire récente un peu partout dans le monde, est l’étrange et tragique monotonie de conduite qui pousse l’humanité à un nouvel accès de folie qu’on appelle la guerre. Le même vieux mécanisme est de nouveau en marche, l’interaction de la convoitise et de la crainte. A ce monde malade et vraiment insensé qu’est la nôtre, vient un enseignement ancien de vérité et de sagesse éternelle, de conduite infaillible, qu’est la Doctrine de la Bhagavad Gîtâ, résumé des livres Sacrés de l’Hindouisme. Elle vient avec la question ardente, pleine de bienveillance, mais calme et discrète, de savoir si, cette fois, l’humanité sera prête à saisir la main secourable que le Seigneur Krishna et Arjuna ont tendu à l’humanité souffrante à travers l’Enseignement éternel, en particulier de  la Gîtâ. Ou bien le monde attendra-t-il encore jusqu’à ce qu’il ait réussi à conjurer une épreuve encore plus macabre que la dernière guerre mondiale et d’aujourd’hui dans bien de pays dans le monde qui peuvent se terminer par le déclin final de l’humanité, tant matériel que spirituel ? Le message du Seigneur Krishna vient au monde comme un moyen d’aide efficace aux afflictions et problèmes actuels et comme un remède radical contre le mal. Le dialogue du Seigneur Krishna et son charretier Arjuna, vieux de 3000 ans, cette vraie sagesse est toujours jeune et toujours à la portée de l’esprit ouvert qui atteint péniblement ses hauteurs en Occident, mais qui a une époque de déclin religieux a quand-même chance d’être écouté.

 

Principaux commentaires :

 

La Bhagavad Gîtâ, « Le Chant du Seigneur », occupe une place unique parmi les Saintes Écritures de l’Inde, et en est le résumé. La Gîtâ affirme l’unité de la vie et sert parfaitement de guide pour l’homme d’aujourd’hui de part les quatre coins du monde, de toute race et culture, grâce à son approche pragmatique de la vie qui en fait un véritable guide. La Gîtâ ne nous cache rien, car elle met l’homme devant les faits de la vie en tant que champs de bataille, car rien ne s’accomplit sans efforts. Dans la lutte de la vie, le petit livre de 700 versets invite l’homme à découvrir l’action juste au cœur même de l’existence. La vie elle-même est une alternance de trois étapes, la création, la préservation, et la destruction, qui sont indissociable de l’activité incessante de l’éternel recommencement de la Nature comme le déroulement des quatre saisons. La Gîtâ est une porte ouverte vers la vie intérieure et à la fois extérieure, nous aidant à nous maintenir dans cette vie, croître et nous renforcer, prendre conscience, en nous apprenant à fonctionner suivant l’attitude juste, inspirée par l’amour grâce à la perception de l’Existence éternelle, le Suprême Absolu.

 

Le Seigneur Krishna délivre son enseignement à Son ami Arjuna, qui représente dans la Gîtâ l’homme de hier, aujourd’hui et demain, celui qui à travers les âges ne change pas mais qui doit changer en se formant, car il porte en lui la faculté de se brancher bien au-delà du visible et du tangible. Arjuna a un problème précis à régler au début de la Gîtâ, et le Seigneur Krishna se contente à l’aider, à nous aider aujourd’hui à le résoudre nous aussi.

 

La vie est un mystère insondable, mais la Gîtâ nous fait découvrir les grandes valeurs de la vie. Les manifestations de la vie sont actuellement déroutantes, non seulement par leur infinie multiplicité, mais aussi par des contradictions, des oppositions, des conflits qui laissent supposer une anarchie complète. Des théories patiemment élaborées, des lois savamment établies s’effondrent brusquement par une nouvelle constatation qui bouleverse les observations précédentes. Et, pourtant, la vie obéit aux lois cosmiques, comme tout ce qui existe. La vie est la Loi elle-même, et ses principes sont simples. Mais on ne peut en découvrir le mécanisme, dans l’infinité des rouages, des pièces de ressorts, de leviers, des canalisations électriques et humorales qui s’enchevêtrent, des multiples inter réactions chimiques, biochimiques et électrochimiques, de l’action des radiations cosmiques, lumineuse, telluriques, électo-magnétiques de toutes sortes de toutes puissances, de toutes provenances, qui s’enchevêtrent et se conjuguent ou se contrarient et se bousculent dans un véritable carrousel, en un chaos où il est impossible de se reconnaître. Mettez-vous sur le plan spirituel de la Gîtâ et alors tout s’éclairera. Axez vos recherches sur la vie spirituelles de la Bhagavad Gîtâ et vous trouverez la solution que vous cherchez vainement dans l’attachement aux fruits de votre labeur. L’enseignement de la Gîtâ est clair : l’action dans la société ne peut pas être évitée, et le monde des objets (samsara) ne peut pas être nié. Bien au contraire, nous devons l’utiliser intelligemment, en mettant tous nos efforts dans le détachement (l’action désintéressée), car il nous donne un moyen d’éliminer les tendances égoïstes qui voilent le Soi.

 

En ces « Temps Nouveaux » aujourd’hui, pendant que les anciennes valeurs de nos parents disparaissent, la Gîtâ nous invite à méditer sur la Vérité Une. C’est par la méditation, ce que nous verrons plus loin, que l’homme en tant que personnalité, est touché par la vibration du Moi Spirituel (l’Âme), cherche à l’atteindre en éliminant  le moi égoïste de manière de s’élever au-delà de l’attachement matériel. C’est par la méditation ou l’extension du concret à l’abstrait, que la conscience Causale est pénétrée, et l’homme durant cette période finale, devient le Moi Spirituel et non plus la personnalité.

 

La Bhagavad Gîtâ est postérieure au grand  mouvement incarné par les Upanisads primitives, et antérieure à la période de développement des systèmes philosophiques et de leur rédaction en sutras. Ses constructions archaïques et d’autres références internes nous induisent à penser que le merveilleux petit livre est une œuvre de l’ère préchrétienne, dont la date pourrait être fixée 5 siècles avant Jésus Christ, malgré que le texte ait pu subir des altérations par la suite (Indian Philosophy, Vol. I, pages 522-25). La Bhagavad Gîtâ tend à inculquer deux choses à l’individu : d’abord, l’oubli de soi, puis l’action. Ce que nous croyons que Dieu nous inspire de faire demande cependant à être contrôlé, et c’est ici qu’intervient la nécessité de recourir aux avis et aux conseils de la Gîtâ, le meilleur gourou ou Père spirituel. C’est au niveau de la Gîtâ que le yogi (le dévot ou méditant) soumettra sa règle de vie personnelle. La Gîtâ en mains, le souci dominant devra être, répétons-le, de suivre de prés la volonté du Suprême Absolu. Le renoncement qui nous est demandé n’a pas d’autre sens. C’est un renoncement à l’orgueil, à l’obstination dans les idées purement personnelles et fausses, au caprice, à l’impressionnabilité, en vue de marcher sans entrave dans la voie des yogis ou dévots et de parvenir à cet amour dont les intuitions et les désirs ne feront plus qu’un avec la sagesse et l’amour du Seigneur Krishna. De l’étude de la Gîtâ et de son application à la vie naîtra la croyance qu’il y a un seul Esprit et non plusieurs ; que nous ne pouvons pas vivre pour nous seuls, mais que nous devons arriver à réaliser qu’il n’y a pas de séparativité et qu’on ne peut se soustraire au karma collectif de la race à laquelle on appartient et,  finalement, que nous devons penser et agir conformément à cette croyance. Tout cela, seul le Suprême Absolu, Dieu,  peut réaliser en nous, dans la lumière de sa sagesse et la force de sa grâce. Le yogi (le dévot) est celui ou celle qui attend tout du Suprême Absolu en se mettant sous l’abri de l’enseignement de la Gîtâ. Il ou elle ne va dans la solitude que pour se placer plus directement dans le rayonnement du foyer divin par un mode de vie, et la méditation d’après la Gîtâ. L’homme d’aujourd’hui proclame sa volonté d’unir tous les hommes par une seule Écriture, un seul Suprême Absolu, une seule philosophie et un devoir unique. La Bhagavad Gîtâ apporte tout cela.

 

L’histoire du Mahâbhârata :

 

La Srîmad Bhagavad Gîtâ, ou « le Chant Divin du Seigneur », est une partie du Mahâbhârata, l’une des grandes épopées de l’Inde. De par le trésor de sagesse qu’il contient, le Mahâbhârata est appelé « le cinquième Veda ». La rédaction de la Gîtâ est attribuée à Vyasa, le compilateur légendaire du Mahâbhârata. A cette époque donc, prospérait au Nord de l’Inde un royaume, Bhârata, qui était régné par Pându, le plus jeune de deux frères. L’aîné en effet, Dhrtarâstra, ne pouvait monter sur le trône, car il était aveugle depuis sa naissance.

 

Le roi Pându était marié à deux épouses, Kuntî et Madrî. La première eut trois fils : Yudhisthira, Bhîma et Arjuna. La seconde femme eut deux autres fils, Nakula et Sahadeva, des jumeaux. Dhrtarâstra, par contre avait épousé Gândhâri, qui par respect pour son mari aveugle, s’était volontairement bander les yeux, et ainsi elle partageait son sort.

 

Un jour le roi Pându tua tout accidentellement un brahmane[1], et pour expier cette faute, il décida e se retirer dans la forêt et d’y accomplir une vie d’ascèse[2]. Ses fils furent confiés aux soins de Bhîsma, l’oncle de Pându et de Dhrtarâstra. Ce dernier plus tard devint roi à la mort de Pându. Le maître d’armes des fils de Pându (les Pândavas) et de ceux de Dhrtarâstra (les Kauravas) était le brahmane Drona. Les fils de Pându et de Dhrtarâstra grandirent et furent élevés ensemble ; cependant,  l’aîné des Pândavas, Yudhisthira, étant accepté par tous, fut considéré l’héritier légitime au trône.

 

Au fil de l’histoire, les Pândavas et les Kauravas développèrent leurs compétences respectives. Yudhisthira était l’incarnation même de la vérité, de la vertu, de l’honnêteté[3]. Bhîma était d’une force surhumaine et toujours prêt à se battre. Arjuna, ami, disciple et dévot du Seigneur Krishna, incarnait l’idéal de l’héroïsme et de l’esprit chevaleresque. Tous les frères des Pândavas se distinguaient par la noblesse de leur caractère, et ils firent preuve par la suite de courage et de tolérance quand vinrent les épreuves. Les frères Kauravas par contre, au nombre de cent, étaient tout le contraire. L’aîné, Duryodhana était méchant, cruel et d’un esprit tortueux. Il savait absolument   et depuis très longtemps que son rival pour le trône était Yudhisthira, de là sa jalousie grandissante.

 

Le jour arriva où Yudhisthira fut couronné comme prince héritier, ce qui provoqua la joie par tout le royaume, grâce à sa droiture et bonté. Duryodhana, jaloux, monta un complot pour faire périr les cinq Pândavas. Le plan fut favorisé par le roi régnant Dhrtarâstra, qui attaché à son fils ne pouvait résister, échoua. Les frères Pândavas n’osèrent pas retourner rapidement à la cour, par crainte des persécutions. Ils habitaient la forêt pendant un certain temps, et c’est lors de ce séjour qu’Arjuna obtint la main de la princesse Draupadî, grâce à sa manipulation extraordinaire de l’arc. Tous retournèrent ensuite à la cour de Dhrtarâstra en exigeant que justice leur soit faite. Ils demandèrent que la moitié du royaume leur soit donnée, et Dhrtarâstra accepta, cependant sous l’impulsion de Bhîsma.  Les Pândavas élevèrent leur nouvelle capitale Indraprastha (près de la Delhi actuelle). Le royaume de Yudhisthira, bien gouverné, devint rapidement prospère. Le Seigneur Krishna était l’ami des Pândavas, et il conseillait Yudhisthira dans son administration. Arjuna avait aussi épousé Subhadrâ, la sœur de Krishna, et c’est ainsi que les deux amis devinrent très proches.

 

Duryodhana ne pouvait supporter de voir la prospérité de ses ennemis, et son envie ne connut plus de bornes lorsqu’il fut invité au couronnement du roi Yudhisthira. La gloire du roi Yudhisthira, et la splendeur de sa capitale Indraprastha, lui devenaient  intolérables et il jura de causer la perte des Pândavas. Dans ses plans obscures, il fut aidé par son oncle Sakuni : ce dernier jouait aux dés, érudit dans l’art de tricher et de gagner bien attendu. Duryodhana invita Yudhisthira à une partie de dés. Yudhisthira s’y rendit, attiré par l’amour du jeu. Sakuni jouait pour Duryodhana, et inévitablement gagna. Dans sa faiblesse, Yudhisthira peu à peu mit en jeu tout ce qu’il possédait, y compris son royaume, ses frères, et même son épouse! C’était le triomphe de Duryodhana grâce à Sakuni, tout en insultant les Pândavas devant toute la cours horrifiée. Finalement, Dhrtarâstra accorda la pleine liberté aux Pândavas, et tous s’en retournèrent.

 

Duryodhana en fureur, ne pouvant pas tolérer ce retournement de situation, persuada son père d’inviter les Pândavas à une nouvelle partie de jeu de dès. Le perdant devrait cette fois partir dans la forêt, et vivre une vie d’austérité pendant douze ans, et rester inconnu la treizième année, au risque sinon de devoir encore mener cette vie pendant douze autres années. Yudhisthira accepta la partie de dés et l’enjeu, et de nouveau perdit !

 

Les frères Pândavas vécurent douze ans dans la forêt, pratiquant des austérités, rencontrant des sages, en écoutant leur enseignement[4]. Puis ils passèrent la treizième année de leur exil au royaume dur roi Virâta, sous des déguisements divers : Draupadi en servante de la reine, et Arjuna en eunuque maître de danse, Yudhisthira en courtisan du roi, le distrayant par son habileté aux dés, et Bhîma en cuisinier. Cela leur réussit de ne pas être découverts pendant cette dernière phase et treizième année de leur exil, et cela malgré les recherches acharnées de Duryodhana, les Pândavas revinrent à la cour de Dhrtarâstra réclamant leur royaume. Duryodhana refusa encore de leur donner le moindre morceau de territoire. Il fit des alliances avec d’autres rois puissants en vue d’une guerre éventuelle. Le Seigneur Krishna fit des tentatives de réconciliation, mais Duryodhana ne céda point et son père n’eut pas le courage ni l’intelligence de l’arrêter dans cette folie. La guerre fut ainsi inévitable.

 

Le Seigneur Krishna joua un rôle majeur dans ce conflit de longue haleine, bien qu’Il prit le parti de ne pas combattre. Sollicité à la fois par les Pândavas, il donna à Duryodhana son armée, et à la demande d’Arjuna, il accepta de conduire son char pendant la bataille. Les armées se trouvèrent le jour dit sur le champ de bataille du Kurukşetra, et Arjuna demanda alors au Seigneur Krishna  de mener son char au milieu des deux armées, afin qu’il puisse évaluer les forces présents. Quant-il fit l’armée adversaire, puissante et remplie d’amis et de parentés, Arjuna fut saisi de malheur et son seul et unique recours fut de se tourner vers son ami Krishna, et c’est ce que constitue en forme de dialogue, la « Bhagavad Gîtâ ». La grande guerre du Mahâbhârata fut effroyable, et les Kauravas furent complètement anéantis. Yudhisthira, pendant trente-six ans, régna avec justice sur le royaume réunifié et prospère.

 

L’effort de l’homme a sa place dans l’abandon total au Suprême Absolu ; abandon qui ne sait être dénué n’intention ni d’effort. La doctrine de la Grâce Divine ne doit pas s’interpréter comme une élection spéciale ; car, une telle conception contredirait la tendance générale de la Gîtâ à affirmer que le Suprême Absolu est « identique pour tous les êtres ». Donc, ne cherchez le Suprême Absolu, ni dans un lieu, ni dans l’espace. Fermez les yeux de votre corps, en chaînez votre imagination, et descendez en vous-même par la méditation, louange et prière : vous êtes ainsi en communion avec le Suprême Absolu. L’homme est contemplatif par destination et par structure, et d’une connaissance innée qui participe à celle du Suprême Absolu Lui-même, par l’œil de la foi le voyant face à face dans la ferveur d’une création parfaite visible et invisible, l’amour béatifique. Le connaître, c’est l’objet suprême de notre intelligence faite pour la Vérité Une, et L’aimer, c’est le tout de notre volonté avide du bien.

 

N’est-il pas étrange que le yogi construit pour s’épanouir dans la concentration, la méditation et la contemplation qui le dilate à la mesure du Suprême Absolu, et préfère l’action détachée qui le ramasse sur lui-même dans la volonté de vaincre et d’arriver au Salut, le Nirvana où il n’y a plus de retour dans le monde physique. Essayons de percevoir dans la Bhagavad Gîtâ quelque chose de ces échanges de Vérité Une, d’amour et de pratiques spirituelles dans le dialogue entre le Seigneur Krishna et Arjuna. Aucune joie humaine ne peut se comparer à cette félicité divine. Le yogi comprend qu’elle n’est pas un bien étranger à lui-même, moins encore une thèse à déchiffrer dans la littérature ou un spectacle lointain dont l’inaccessible splendeur rendrait sa vie érémitique ou la vie tout court dans le monde plus maussade.

 

La Méditation dans la Gîtâ :

 

Le yoga sous les formes proposées dans la Gîtâ ne peut être considéré uniquement comme un acte précis, d’une durée plus ou moins courte, mais présuppose la vie entière, dans les enceintes de l’ermitage ou ashram, ou en-dehors dans la vie familiale et de la société, tous se consacrant à l’exercice spirituel pour finalement atteindre le Nirvana (la libération des cycles incessants de transmigration). En effet, celui qui entreprend cette voie, est saisi d’un intense désir de libération. Il s’y prépare par une vie intègre et d’austérité, pour certains même ascétique, baignée dans la ferveur et la générosité de l’esprit, suivant les grands principes moraux (yama) propres aux ascètes et les observances (niyama) diverses décrétées par le ‘dharma’ de chacun. « L’homme sage  doit toujours observer le yama, mais non le niyama, car celui qui n’obéit pas au premier, alors qu’il observe le second, devient un proscrit. » (Manusmrti  4.204)

 

Les yama et les niyama sont :

 

(1)    La non-violence

(2)    La vérité envers tous les êtres

(3)    L’abstention de vol

(4)    Le célibat ou la maîtrise des sens

(5)    L’abstention d’avarice

(6)    La purification interne et externe

(7)    Le contentement

(8)    L’austérité ou la renonciation

(9)    L’étude des Saintes Écritures

(10)La dévotion totale à Dieu

(Yoga Sutra 2.30-32)

 

C’est par la méditation ou par le retrait que l’homme apprend la signification de l’esprit, la Force Vitale, qui s’applique finalement à tous le corps, et au-delà, jusqu’à rien ne reste sauf le Suprême Esprit Lui-même. C’est par la méditation ou l’extension du concret à l’abstrait que la conscience Causale est pénétrée, et l’homme devient finalement le Moi supérieur et non plus la personnalité. C’est par la technique de la méditation que l’homme en tant que personnalité est touché par la vibration de l’Ego, en cherchant à l’atteindre et à amener la conscience égoïque de plus en plus bas, de manière à inclure consciemment le moi inférieur au supérieur.

 

Comme on a déjà pu comprendre, l’étude de la Bhagavad Gîtâ n’est plus seulement pour nous une occasion d’accroître nos connaissances livresques, mais on y trouve également un manuel pratique de dévotion et de spiritualité qui, avec des faciles transpositions de termes, est utilisable dans le cadre de la plupart des religions, y compris le Christianisme. La méditation dans la Gîtâ est pour tous et chacun individuellement, en dehors ou à l’intérieur de l’érémitisme[5] ou le cénobitisme, car les pratiques spirituelles et morales sont de toute façon assimilées aux austérités. Dans le chapitre 17, 14-19, ces austérités sont divisées en trois catégories : corporelles, verbales et mentales. Les austérités corporelles consistent à révérer les Dieux, les Brahmanes, les gourous et les sages par la pureté, l’intégrité, la chasteté et le refus de faire le mal. Les austérités verbales consistent à s’exprimer en paroles de bonté et de vérité et à pratiquer en permanence la récitation sacrée. Les austérités mentales consistent en sérénité de l’esprit, bienveillance, silence et maîtrise de soi. Par contre, les sévères austérités  physiques sont condamnées.

 

Voici donc le dit passage traduit directement en français de la version du Dr. Ramananda Prasad :

 

« Le culte des régnants célestes (Deva’s), le prêtre, le gourou, et les sages ; la pureté, la droiture, le célibat, et la non-violence, sont considérés comme l’austérité des actes. (17.14)

La parole non offensive, qui est véridique, agréable, bénéfique, et qui s’apprête à l’étude régulière des écritures est appelée l’austérité de la parole. (17.15)

La sérénité du mental, la douceur, l’équanimité, le contrôle du soi, et la pureté des pensées, est appelée l’austérité de la pensée. (17.16)

Cette triple austérité mentionnée ci-dessus (de la pensée, la parole, et les actes) pratiquée par des yogis persévérants, avec une foi inébranlable, sans désir d’en récolter les fruits, est dit d’appartenir au tempérament bonté. (17.17)

L’austérité pratiquée pour obtenir le respect, l’honneur, la révérence, et pour la cause de gloire extérieure qui s’appuie sur l’instabilité et l’éphémère est dit d’appartenir au tempérament passion. (17.18)

L’austérité pratiquée avec une obstination stupide, ou en se torturant, ou pour causer du tort aux autres, et dite d’appartenir au tempérament ignorance. (17.19) »

 

 

La technique de la méditation démontrée dans la Gîtâ est appelée « dhyâna », méditation prolongée, la septième étape du yoga, évoluant progressivement dans ce cadre, intègre petit à petit d’autres pratiques yoguiques. La méditation « dhyâna » est une des pratiques religieuses fondamentales et fréquentes dans l’hindouisme d’aujourd’hui, et par le monde. Les plus avancés dans la  vie spirituelles la pratiquent plusieurs heures chaque jour, tandis que ceux qui sont engagés dans l’activité du monde trouvent tout de même le temps, si ce n’est qu’un moment bref, de se recueillir devant l’image sacré du Seigneur Krishna ou autre, même un symbole sacré et de méditer sur lui, y concentrant tout leur esprit et leur mental. Chaque acte important de la vie hindoue, chrétienne ou autre devrait commencer par un moment de méditation, une prière ou un chant méditatif.

 

Au fait, la pratique de la méditation est triple :

 

(1)      Elle relie et aligne la personnalité du yogi ou dévot au Soi supérieur ou l’Ego.

(2)      Elle unit le yogi ou dévot avec le créer visible et l’invisible, le microcosme dans le macrocosme.

(3)      Elle maintient le yogi ou dévot en communion avec le Suprême Absolu.

 

Dans la Bhagavad Gîtâ, le chapitre 6, les versets 10 à 17 donne la méthode de méditation, qu’on connaît déjà de nom, et que l’on nomme «Dhyâna yoga » (yoga de la méditation). Le succès dans la méditation est directement proportionnel à la tranquillité intérieure et donc à la maîtrise de soi dont le yogi ou dévot fait preuve dans la vie quotidienne. Il n’atteint cet équilibre qu’après avoir délaissé la fièvre de posséder et l’envie d’acquérir. Nous devons nous libérer de cette préoccupation constante qui nous conduit à planifier sans cesse de nouveaux moyens pour accroître nos possessions.

 

Comme on l’entend dans la Gîtâ, le détachement (ou, l’attachement dans le détachement), c’est le bienfait de la solitude du yogi, tels que le silence et l’abandon, comme nous allons voir plus tard. C’est la virginité du cœur, le dépouillement de l’attachement, même des faveurs du Suprême Absolu en ce qu’elles ont de savoureux. La douceur, c’est l’inaltérable patience au dedans et au dehors, l’amour paisible des volontés contrariantes du Suprême Absolu et de ses instruments, hommes et choses. La justice, c’est le désir lancinant du Suprême Absolu, qu’il attise lui-même et qui opère d’admirables fruits de sainteté. La miséricorde, c’est l’intuition perspicace et affectueuse de l’indigence humaine, jusqu’au besoin d’y porter secours ; la tendre compassion pour la faiblesse des autres. C’est l’indulgence qui comprend, pardonne tout et relève avec des paroles et de gestes de bonté. La pureté, c’est l’aversion pour le mal et la laideur, la crainte d’offenser le Suprême Absolu et sa Création visible et invisible, le courageux effort de s’éloigner du péché, et la vigilance héroïque pour en éviter de nouvelles, la passion pour le Suprême Absolu primant toute intention, prière instante de purification. La paix, c’est au dedans de soi et au dehors la tranquillité de l’ordre dans le respect de la hiérarchie des valeurs.

 

Le yogi, le dévot, celui ou celle qui s’est lancé dans la pratique de la méditation, a une manière privilégiée de le faire, qui relève de son état religieux, se vouant ainsi au culte du Suprême Absolu, Dieu. Tous les exercices spirituels, ressortissants d’une vie de méditation sont « Adoration et Louange ». L’adoration authentique est difficile à l’homme dont elle devrait être la respiration. Il lui manque sans doute le sens profond de la transcendante Majesté du Suprême Absolu et de lui-même. Dans la méditation, les divines perfections sont contemplées, l’idée d’Incarnation Divine étant acceptée dans l’hindouisme autant que dans le christianisme car, en fait, chacun est en quelque sorte une incarnation divine, puisque la Vérité Suprême imprègne chaque créature et s’exprime envers elle. Plus l’esprit est pur, plus le rayonnement de cette Essence divine resplendit.

Il est maintenant raisonnable de faire parler le Seigneur Krishna dans ses indications concernant la pratique de la méditation. Les versets, chapitre 6. 10-17 sont une traduction minutieuse  de la version anglaise du Sanskrit par Dr. Ramananda Prasad :

 

 

Un yogi, assis dans la solitude et seul, doit constamment s’efforcer de contempler le Suprême Être après avoir mis son mental et les sens sous contrôle, libéré du désir et de droit de propriété. (6.10)

Il ou elle devrait s’asseoir dans un endroit propre, sur un siège stable qui est ni trop haut ou trop bas, couvert d’herbe sacré Kuśa[6], d’une peau de daim, et d’une étoffe superposées. Là, assis (dans une position confortable), concentrant son mental sur Dieu, et maîtrisant ses pensées et les activités des sens, mettra en pratique la méditation pour sa propre purification. (6.11-12)

La personne doit s’asseoir, la taille, la colonne vertébrale, la poitrine, le cou et la tête droites, immobiles et d’aplomb ; le regard et le mental fermement fixés sur l’extrémité du nez, sans regarder autour de soi ; serein et  sans crainte, mettant en pratique le célibat ; le mentale sous contrôle, pensant à Moi, et M’atteignant comme le dessein suprême. (6.13-14)

Ainsi, exerçant toujours le mental fixé sur Moi, le yogi dont le mental est soumis atteint la paix de Brahma-nirvana et  vient à Moi. (6.15)

Ce yoga n’est pas possible, O Arjuna, pour celui qui mange trop ou qui ne mange pas du tout ; pour celui qui dort trop ou qui se tient éveillé. (6.16)

Mais, pour la personne qui est modéré dans sa nourriture, son délassement, ses travaux, son sommeil et l’éveil, le yoga de méditation détruit toute souffrance. (6.17)

 

 

La méditation (dhyâna) est une assimilation à l’objet : celui qui médite perd sa propre conscience de soi pour ne devenir conscient que de l’objet sur lequel il médite.

 

(a)    Sur la forme cosmique du Suprême Absolu : La méditation sur la forme cosmique et la forme personnelle du Suprême Absolu sont les deux manifestations importantes de la forme au cœur même du Suprême Absolu. Des deux, on considère que la seconde est plus pratique que la première, car elle est le Suprême Absolu dans sa forme la plus compréhensible pour la plupart des humains. La forme de purusa[7] est la manifestation cosmique originale du Suprême Absolu[8] ; tandis que sa forme personnelle est sa manifestation dans ses avatars[9]. La méditation sur la forme cosmique de Dieu, le Suprême Absolu,  est essentiellement une contemplation de toutes les choses créées, un regard porté sur elles de façon à voir leur signification profonde en relation avec le Suprême Absolu. C’est au fait un retour à la forme originelle de la création. Les objets considérés comme  êtres séparés et indépendants sans référence au Suprême Absolu perdent toute signification, deviennent un vain rêve, un monde du maya, qui distrait et trompe en enfonçant l’homme dans son ignorance. Le dhyâna est donc la méthode par excellence pour vaincre l’ignorance en parvenant au point central, base de toute la création, dans lequel toute chose est unifiée, toutes les choses s’articulent comme les différents membres d’un même corps.

(b)    Sur la forme personnelle du Suprême Absolu : De même que la méditation sur la forme cosmique du Suprême Absolu est considérée comme plus difficile que sur la forme personnelle, la méditation dont elle fait l’objet est censée d’être ainsi d’un niveau presque exceptionnel à celle sur la forme du Suprême Absolu[10], comme nous allons lire plus bas dans la Gîtâ. On pourrait dire que la méditation sur la forme personnelle de Dieu n’est qu’une préparation à celle sur la forme cosmique, ou la transition progressive de formes plus simples à des formes plus parfaites. On discerne un approfondissement aussi bien dans les objets de la méditation que dans ses formes mêmes, chacune réclamant  au yogi ou dévot davantage de concentration pour finalement atteindre l’union (Samadhi) avec l’objet contemplé.

 

Si vous êtes vraiment détaché de tout et constamment orienté vers le Suprême Absolu même par le désir, vous n’aurez pas besoin de paroles. Le Seigneur Krishna interprète cette tension amoureuse dans la Gîtâ, qui traduit jusque dans votre chair l’élan de votre être assoiffé. Les divines perfections que le yogi ou dévot contemple ne lui arrachent qu’un mot où passe toute l’extase de son âme parce qu’elles lui apparaissent éblouissantes dans l’unité et l’infinité du Suprême Absolu, le mot sacré « AUM », que nous allons voir plus loin. Tout d’abord, en ce qui concerne la méditation sur la forme cosmique et sur la forme personnelle, la Gîtâ dit au chapitre 12 :

 

 

Arjuna dit : De ces très fermes dévots qui T’adorent (comme Krsna, Ton aspect personnel), et de ceux qui adorent Ton aspect impersonnel, l’Être Éternel  (Brahma) ; lesquels ont la meilleure connaissance du yoga ? (12.01)

Le Seigneur Suprême dit : Les très fermes dévots (Bhaktas) qui adorent avec une foi suprême en fixant leur mental sur Moi comme Dieu personnel, je les considère comme étant les meilleurs yogis. (12.02)

La réalisation du Soi est plus difficile pour ceux qui fixent leur mental sur l’Être Éternel (Brahma) impersonnel et non manifesté ; car, le non manifesté est très difficile à saisir pour les êtres incarnés. (12.05)

C’est pourquoi, fixe ton mental sur Moi, et laisse ton intellect demeurer uniquement sur Moi (par la méditation et la contemplation). Ainsi, tu M’atteindras certainement. (12.08)

 

 

La méditation peut être considérée comme une sorte de participation à la vie du Suprême Absolu dans sa forme cosmique ; ou, dans les pas de la Gîtâ, le Seigneur Suprême Krishna, en tant qu’aspect personnel du Suprême Être. Dans la méditation, le yogi ou dévot se découvre lui-même dans la vie transcendantale  du Seigneur Suprême Krishna.

 

Méditation -I

 

Une simple technique de méditation est exposée ici :

 

(1)      Lavez votre visage, yeux, mains, et pieds[11] ; et asseyez-vous dans un lieu propre, silencieux, et sombre[12], empruntant n’importe quelle position confortable, avec la tête, le cou, et la colonne vertébrale droite et verticale. La musique ni l’encens sont recommandables pendant la méditation. L’heure et le lieu pour la méditation devraient être fixés au préalable. Observez les yama et les niyama (voir page 6), comme étant les bons principes de vie, autant en pensées, paroles, et actions. Quelques exercices yogiques sont nécessaires. Minuit, matin et soir sont les meilleurs moments pour méditer 15 à 25 minutes chaque jour[13].

(2)      Souvenez-vous du nom ou de la forme du dieu personnel (Isht Dev)  en qui vous croyez, tout en implorant Son ou Sa bénédiction.

(3)      Fermez vos yeux[14], et faites cinq à dix respirations lentes et profondes.

(4)      Fixez votre regard, l’intellect, et émotions au-dedans le centre du thorax, le siège du cœur causal, et respirez lentement. Chantez mentalement « So » lorsque vous aspirez, et « Hum » lorsque vous expirez. Pense que c’est la respiration elle-même qui retentit les sons « So et Hum » (Je suis Cet Esprit). Visualisez mentalement et poursuivez la voie respiratoire par les narines, jusqu’au centre situé entre les sourcils, en descendant jusqu’au centre de la poitrine, ou les poumons. N’essayez pas de contrôler ou de conduire votre respiration, mais suivez le cours naturel de votre respiration[15].

(5)      Dirigez votre volonté tout en pensant que vous vous émergez dans l’infinie espace d’air que vous respirez. Si la pensée s’écarte du rythme respiratoire entamé, recommencez à partir de l’étape (3). Soyez régulier, et persistez sans remettre au lendemain.

Informez-nous de vos problèmes avec cette technique.

 

Quelques activités profitables lors de la méditation.

 

Lors de la pratique de la méditation, le mental doit être possédé par les activités suivantes :

 

(1)     La première est celle de l’intention, du désir, ou la ferme résolution. C’est un désir suprême, ou une préférence pour le contrôle dans une certaine direction, telle que la méditation. Pour que l’on puisse atteindre le but de la méditation, il faut souhaiter et être résolu à éviter toutes les pensées erronées et mondaines, tous les états d’esprit qui sont des empêchements à la méditation, tout ce qui rend l’attention confuse ou vacillante. Il faut que le but visé soit la tranquillité, la connaissance transcendantale et la sagesse deviennent le désir ultime et le but de l’esprit.

(2)     La seconde activité nécessaire est d’avoir de la sincérité et du zèle. Cela veut dire que l’on observera les préceptes yama et les niyama avec une sincérité persévérante.

(3)     La troisième des activités nécessaire est celle de l’attention vigilante et de la réminiscence. Cela veut dire que l’on doit toujours avoir présente à l’esprit la nature vide et décevante du monde présent avec toutes ses tromperies et ses souffrances et qu’il faut toujours chérir la Vérité Une et de la valeur de l’Illumination résultant de la pratique de la méditation.

(4)     La quatrième activité nécessaire du mental est l’acuité de la vision profonde. Il faut réfléchir en comparant les plaisirs du monde avec ceux que nous procurent la pratique de la méditation. Les attractions fascinantes terrestres arrivent souvent à cacher la souffrance et l’irréalité. La vision pénétrante éveillera la conviction que la pratique de la méditation fait gagner.

(5)     La cinquième activité du mental est la clarté et la concentration sur une idée unique, par exemple celle de la forme cosmique ou personnel du Suprême Absolu, Dieu. Cela veut dire que l’on doit clairement comprendre la véritable nature du monde qui produit la douleur ce qui est abominable ; et, en même temps il faut reconnaître que la tranquillité et l’intelligence du mental produites par la méditation sont très précieuses et honorables.

 

OM (AUM) – GAYATRI – OM TAT SAT:

 

Les mantras, sont des saints proverbes, mots, hymnes des Védas, ou prières issues des textes sacrés. Au sens exotérique un mantra est la partie la plus ancienne des Védas, la seconde partie de ce qui est composé par les Brahmanes. Le mot mantra signifie, la faculté, ou pouvoir psychique qui conduit à la perception ou à la pensée. Un mantra peut aussi être une vibration sonore spirituelle, qui a pour effet de libérer l’être en purifiant le mental de ses souillures et tendances matérielles. Ainsi, en langage métaphysique, c’est la parole fait chair, ou ‘Grâce’ objectif de la Divinité. C’est également un arrangement de mots ou de syllabes, disposés de telle sorte, qu’à leur énoncé rythmiques des vibrations sont conçu. Par exemple, OM (AUM) est une vibration sonore spirituelle qui représente la forme impersonnelle de la Vérité Une.

 

OM (AUM) est une syllabe mystique représentant l’univers entier dans sa forme manifestée (le monde des noms et des formes) et non manifesté (le Principe Suprême invisible, substratum cosmique). La syllabe ‘OM’ (AUM), est le plus grand « mantra » de tous les Vedas. La syllabe ‘OM’ est constituée de trois sons : ‘A’, ‘U’, ‘M’, chacun représentant respectivement l’état de veille, le rêve et le sommeil profond. Le prolongement du son ‘M’ représente le quatrième état de conscience « turîya » (l’état transcendant), et le silence entre chaque ‘OM’ est l’Infini. Le ‘OM’ est le mot de gloire, du Moi spirituel (l’âme) en nous, et l’espérance de la gloire par la libération finale. Lorsque le ‘Mot’ est correctement prononcé, il s’ensuit un rayonnement resplendissant de la Divinité, car le son fait également entrer en manifestation l’âme incarnée (macrocosmique ou microcosmique), étant le saint mot par lequel la lumière radieuse intérieure est visible sur terre. OM (AUM) est le Mot libérateur de la conscience; correctement compris et utilisé, le Mot Sacré délivre l’âme des bornes de la forme de ce monde.

 

 

Je suis Bhrgu parmi les grands Sages ; Je suis le monosyllabe et son cosmique OM parmi les mots ; Je suis Japa-yajna parmi les disciplines spirituelles (yajna) ; et Je suis l’Himalaya parmi les immobiles. (10.25)

Lorsqu’une personne quitte le corps physique en contrôlant tous ses sens ; fixant le mental sur Dieu, et Prâna dans le cerveau ; engagée dans des pratiques yoguiques ; en méditant sur Moi et en prononçant OM – le monosyllabe et son sacré, force de l’Éternel Être (Brahma) – il atteint la demeure Suprême. (8.12-13)

 

Le mot sacré ‘OM’ (AUM) est la voie la plus directe pour constituer un canal servant à la transmission du pouvoir, autant efficace dans la méditation individuelle que collective lors d’un Satsang[16] par exemple, ou autre rassemblement de caractère religieux. Parmi les vibrations spirituelles c’est le ‘OM’ (AUM) qui représente le Suprême Absolu dans tout l’univers visible et invisible jusque dans le plus intime de l’homme. En effet, le divin habite au plus intime de l’être humain où l’on ne peut pas éteindre sa lumière. Il est la clarté intérieure, le témoin caché, ce qui perdure impérissablement de naissance en naissance, non touché par la mort, le déclin ou la corruption. La grâce du Suprême Absolu est Sa vie même, et elle est sans cesse déversée dans le monde de bien des manières et à des niveaux divers. C’est donc le but de la Gîtâ de procurer aux yogis et dévots des canaux pour cette effusion de force divine tel que le mot sacré, et de les préparer à profiter pleinement. Apprendre à énoncer ‘OM’ (AUM) est une préparation inconsciente à l’activité de la création spirituelle, notamment son accoutument  dans le cerveau sans qu’il soit énoncé. Pour réussir, ne faut-il pas établir une progression graduée d’un état d’activité physique à un état de tranquillité mentale !

 

 

Je suis Brhatsana  parmi les hymnes Sâma. Je suis Gãyatrï parmi les mantras Védiques, Je suis Novembre-Décembre parmi les mois, Je suis le printemps parmi les saisons. (10.35)

 

 

Le Gãyatrï Mantra  dont le rôle est d’ordre majeure dans la civilisation Védique, est considéré comme la manifestation sonore Brahman. Brahma en est l’initiateur, et c’est par une filiation spirituelle[17] qu’il fut, à partir de Lui transmis. Le Gãyatrï est composée de trois vers, chacun de huit syllabes. Côte à côte avec le mot sacré ‘OM’ (AUM), nul n’a été aussi glorifié que le Gãyatrï et aucun ‘mantra’ n’a eu le privilège d’être chanté par tant de dévots, et depuis si longtemps.

 

Aum Bhûr Bhuvah Svah

Aum Tat Savitur varenyam bhargo devasya dhîmahi

Dhiyo yo nah prachodayât

Aum

 

Ce qui traduit :

 

Aum O Créateur de l’univers

Puissions-nous recevoir Votre Suprême Lumière qui détruit le péché[18]

Puissiez-vous guider notre intellect dans la bonne direction.

Aum

 

La vie sur terre est une manifestation matérielle de la force suprême et solaire de Gãyatrï. Ce qui signifie que le Gãyatrï mantra exerce son influence sur divers niveaux de l’existence : physique, mental et émotionnel. C’est pour cela, indépendamment de notre bagage culturel ou croyance scientifique, inattentif à nos croyances religieuses, nous chantons Gãyatrï mantra, en l’absorbant et le méditant car il possède la puissance pour ouvrir les écluses de plus hauts capacités intellectuelles et créatives. Le Gãyatrï mantra se chante individuellement ou en chœur 108 fois avec un rosaire qui s’y apprête. Pour comprendre comment un mantra peu avoir une telle importance, nous devons connaître un peu ce que l’on pourrait appeler la physique des mondes supérieurs, et les lois qui régissent ces forces puissantes et la manière de les utiliser, ce qui au fait la Gîtâ nous fait découvrir.  Le Gãyatrï mantra est le Seigneur Krishna Lui-même ; et en chantant ce mantra comme Arjuna son charretier, nous lui confions la lutte, Lui tendant les armes, les reines et du gouvernement.

 

 

« OM TAT SAT » est dit d’être le triple nom de l’Éternel Être (Brahma). Les personnes avec des qualités Brahmaniques, les Vedas, et le service désintéressé (Seva, Yajna) ont été crées dans les temps anciens  de et par Brahma. (17.23)

Par conséquent, actes de sacrifice, de charité, et d’austérité prescrits par les Écritures, commencent  toujours par l’articulation « OM » chez les connaisseurs du Suprême Être (Para-Brahma). (17.24)

Divers types de sacrifice, de charité, et d’austérité sont accomplis par les chercheurs de libération (Mokşa[19]) en articulant « TAT » (ou, Il est le tout) sans viser à la récompense. (17.25)

Le mot « SAT » est employé dans le sens de la Réalité et de la Bonté. Le mot « SAT » est aussi utilisé pour un acte favorable, O Arjuna. (17.26)

La foi dans le sacrifice, la charité, et l’austérité est aussi appelée « SAT ». Le service désintéressé pour plaire au Suprême, est appelé en vérité « SAT ». (17.27)

 

 

OM TAT SAT. Sur chaque plan du système solaire, le Suprême Absolu déverse Sa Lumière, Sa Force et Sa Vie ; et, c’est naturellement sur les plans supérieurs que l’effusion de force divine peut nous être confiée dans toute sa plénitude sur le plan mental, ce qui fait découvrir la méditation et l’utilisation des mantras. OM TAT SAT représente la Vérité Absolue, Dieu Lui-même, le Suprême Absolu, et reflète en trois mots l’aspect de l’unique Réalité. « OM » représente le Soi transcendantal et pur, l’Absolu, qui est le Substratum Infini sur lequel se maintiennent les projections du corps, du mental, et de l’intellect. Le terme « TAT » est utilisé pour indiquer le But Éternel, Immuable et Parfait. « TAT » désigne la source dont tout a émergé, en laquelle tout existe et tout se dissoudra à la fin. Le mot « SAT » signifie ‘existence’ : c’est le Principe d’Existence fonctionnant à travers tout ce qui est perçu, ressenti et pensé dans notre vie.

 

Donc, invoquer « OM » exprime l’Absolu transcendantal ; « TAT », la Vérité Universelle ; « SAT » le concept. « OM TAT SAT », est la Réalité une en trois parties qui permettent d’élever notre esprit et de purifier notre activité dans le monde. De ce triple désignation coule la vie divine avec une plénitude incomparablement grande sur le plan mental et de l’intuition. Cependant, ainsi pour tout ce qui se rapporte à la spiritualité de la Gîtâ ou autres, des expériences répétées et des investigations patiemment poursuivies, nous montrent que le vrai succès n’arrive que lorsque le yogi ou dévot y est totalement ouvert par une conduite de vie pure et irréprochable à la quête du Suprême Absolu. Lorsque la pensée ou le sentiment d’un homme est égoïste, l’énergie produite se meut en courbe fermée et revient inévitablement se verser sur son propre plan ; mais lorsque la pensée ou le sentiment est parfaitement altruiste, l’énergie s’élance en une courbe ouverte et ne revient pas dans la direction habituelle, mais passe dans le plan au-dessus, trouvant sa place nécessaire à l’expansion requise. Un courant illimité de force élevée est toujours prêt à se déverser dans et par le yogi ou dévot qui s’offre à Lui, comme l’eau d’un réservoir qui abreuve les assoiffés.

 

Le terme « OM » est prononcé au moment où ceux qui suivent la vie intérieure, s’adaptent aux valeurs divines en entreprenant les actes de sacrifice, la charité et l’austérité ou l’ascèse. Ce sont des étapes préliminaires pour devenir compétent en matière de méditation, comme :

 

1.      LE REPENTIR, c’est-à-dire se rendre compte de ses imperfections et faire de sincères efforts pour les surmonter.

2.      L’ABSTINENCE  de ce que l’on considère comme faux et de ce qui, à nos propres yeux, nous dégrade.

3.      LE RENONCEMENT, c’est-à-dire renoncer au sens de possession, aussi bien pour les choses matérielles que pour les affections.

4.      L’AUSTÉRITÉ, c’est-à-dire réduire au minimum ses besoins matériels. L’austérité n’implique pas un manque, pour personne ; le manque tourmente l’âme.

5.      LA CONFIANCE AU SEIGNEUR SUPRÊME, c’est-à-dire la patience face aux instabilités de la vie. Prenez tout ce qui vous arrive comme venant du Seigneur Suprême et tout sera bienvenu.

 

Nous savons déjà que le mot « TAT » représente la Vérité Universelle et indique l’unité de toutes les créatures vivantes. Si l’on garde dans le mental les intérêts de la famille, on oublie son intérêt personnel, et l’accomplissement des actions avec l’attitude mental juste et désintéressé.

 

Le mot « SAT » signifie à la fois la réalité et bonté, et les actions dignes de louanges, et a aussi trait au substratum unique, la Réalité Absolue, « SAT ». Le verset 27 explique  comment le mot « SAT » est utilisé pour désigner « Brahman ». Ce mot est également employé pour indiquer la foi et la dévotion d’un yogi ou dévot face au sacrifice, l’austérité ou l’ascèse et la charité. « OM TAT SAT » invoque le concept du Suprême Absolu (OM), de l’Universel (TAT) et du Réel (SAT), « Brahman » Infini. Dans tout ce qu’accomplit le yogi ou dévot, le but suprême « OM TAT SAT » est invoqué, servant à parfaire toute action, et confère à toute chose la plénitude. Le souvenir du Divin exalte l’éclat et la gloire de nos motifs. Le don de soi au Suprême Absolu signifie consacrer au Suprême Absolu toutes ses actions et Lui offrir son mental.  De même qu’un filet d’huile, versé d’un récipient dans un autre, coule sans interruption, de même le yogi ou le dévot déverse toute sa vie en Dieu ou « OM TAT SAT ».

 

Il y a trois degrés dans le don de soi à Dieu. Le premier, c’est de penser qu’Il est tout, l’esprit immanent en tout. Le deuxième, c’est de penser qu’Il est dans le mental, c’est-à-dire qu’Il est manifesté dans le mental exactement comme l’électricité se manifeste partout mais plus particulièrement dans l’ampoule qui donne la lumière. Le troisième degré, c’est la conviction qu’Il est mon Moi réel, Lui et Moi sommes un. Le premier de ces degrés s’applique à la méditation et à la douceur, le deuxième à la méditation et à la maîtrise du mental et le troisième c’est le but de la méditation. Patanjali déclare d’ailleurs : « Le don de soi à Dieu mène à l’absorption spirituelle ».

 

Le Suprême Seigneur Krishna (Krsna). Le Seigneur Krishna est le personnage principal dans le Mahâbhârata. Il est né à Mathurâ, dans le clan des guerriers Vrni, nom d’un ancêtre du Seigneur Lui-même. Krishna est le fils de Vasudeva et de Devakî sa mère. Sa naissance avait été menacée car son oncle qui était roi, suite à une prédiction  obscure, tuait tous les enfants que sa sœur mettait au monde[20]. C’est ainsi que Krishna fut enlevé à sa mère dès sa naissance, emmené à Gokula, et confié à des parents adoptifs. Beaucoup d’événements miraculeux marquèrent la jeunesse de Krishna parmi les bergers. Il était très intelligent, plein de joie de vivre, et jouait merveilleusement de la flûte à l’enchantement de tous. A l’âge de douze ans[21], il revint à Mathurâ et vainquit le roi despotique, faisant preuve d’une force absolument surhumaine. Ensuite, il construisit à Dvârakâ une ville, et il y établit un royaume. En réalité, il ne monta jamais sur le trône, mais prodigua ses conseils en toutes les matières concernant le bon déroulement d’un royaume, et dans les négociations diplomatiques les plus délicates. Son entourage, autant que les citoyens du royaume et bien au-delà reconnaissaient tous qu’Il était exceptionnel et absolument divin. Il fut la réalisation divine qui marqua toute Sa vie, de plus Il était un exemple pour le monde entier de hier, aujourd’hui et demain. En effet, une fois que l’on est parvenu à la réalisation du Suprême Absolu, rien ne peut nous faire tomber de cet état de conscience élevé. Il n’existe pas de profit plus grand que celui-là. Le Seigneur Krishna vivait comme son enseignement dans la Gîtâ. Il pratiquait le détachement, aimant, servant inlassablement autrui sans attendre les fruits de son action, en parfait yogi, et engagé dans toutes les activités humanitaires, tout en restant observateur des événements. Krishna fut plus qu’un chef  de clan, Il était le Guide Spirituel et le Dieu Suprême de toujours. Il ne cessa de dire à son charretier et ami, Arjuna : « Lève-toi et combats ! » C’est suivant la notion spirituelle qu’il faut comprendre cet ordre, et jusqu’à nous aujourd’hui, et non réservé aux guerriers d’autrefois mais à l’humanité toute entière, à bien mener la bataille de la vie. Krishna, par les paroles de la Gîtâ nous apprend à maintenir notre esprit dans ce même état que Lui-même a mené, afin d’atteindre la libération, le Nirvana, la Grande Illumination pour toujours. Et, dans la Gîta, la philosophie de vie qu’Il nous propose pour arriver à la plus haute perfection, c’est l’amour de Dieu le Suprême Absolu, l’obéissance à Ses préceptes  divines, le célibat ou le contrôle des sens, l’austérité, le détachement, la méditation, l’oraison, le silence, la paix.

 

Prasâda:

 

Prasâda, qui signifie grâce ou miséricorde, est un rituel d’offrande lors d’un Satsang, d’une réunion religieuse ou d’un culte Hindou. C’est de la nourriture d’abord offerte au Seigneur Krishna, ou à une autre divinité et redistribuée ensuite aux yogis ou dévots comme une bénédiction. Le Seigneur Krishna accepte cette nourriture de la part de ses fidèles pour autant que les dons soient offerts avec amour et dévotion ; et, ensuite Lui aussi les consacres pour les partager avec Ses bien-aimés en guise de purification et de bénédiction. Toutes les religions recommandent aux fidèles de faire des  offrandes comme d’ailleurs dans la Chrétienté, dont la célébration Eucharistique dans les Églises Apostoliques et Épiscopales (Catholiques, Orthodoxes, Anglicanes), et la Sainte Cène chez les Protestants d’après 1 Corinthiens 11. 23-29 de la Bible. Par notre rituel que l’on nomme ‘prasâda’ dans l’Hindouisme, c’est notre offrande à Dieu ou à un avatar[22], que ce soit le Seigneur Krishna ou autre divinité, même Jésus Christ, pour redevenir enfin le partage entre fidèles, disciples, yogis ou dévots peut importe la qualification ou le nom.

 

 

Quiconque M’offre une feuille, une fleur, un fruit, ou de l’eau avec dévotion ; J’accepte et mange cette offrande de dévotion venant d’un cœur pur. (Gîtâ 9.26)

 

 

« Eucharistie » vient du grec eucharistia, que l’on traduit par « action de grâces », et utilisé dans le Nouveau Testament de la Bible pour traduire le terme hébreu berakah, l’action de grâce prononcée par les Juifs pieux sur toutes choses, et ne l’est certainement pas au sens étroit d’un remerciement égoïste. « Prasâda » est également une eucharistie qui purifie. Mais, ce « prasâda » (eucharistie) ne purifie, ne nourrit et ne fait pas l’unité avec l’avatar, que si l’offrande est vécue dans la foi et dans l’amour, dans une concorde sans tiraillement. La foi et la charité sont une participation de l’amour inlassable dont prasâda est le gage, et ainsi se traduit toute la dynamique de ce rite de partage. La mentalité d’aujourd’hui pourrait s’étonner que le Suprême Absolu ait besoin d’objets aussi insignifiants qu’une cuillerée d’huile pour la lampe, un cierge, un ‘mandir’ (temple), ou église. Le verset 9.26 ci-dessus montre que les objets matériels offerts n’ont aucune valeur, sauf la dévotion avec laquelle l’offrande est faite, que ce soit une feuille, une fleur, un fruit ou simplement de l’eau. Dans un temple ou un simple coin réservé chez soi à la méditation, le Seigneur accepte l’offrande faite dans un esprit de pure dévotion. Bien attendu, le Suprême Absolu n’a pas besoin de nos libéralités pour augmenter ou maintenir Sa gloire. Tout ce que nous Lui présentons ne vient-il pas de Lui ? Autant qu’un amoureux cueille une fleur pour la donner à sa bien-aimée ; de même le yogi ou dévot cueille une fleur pour offrir au Seigneur Krishna. Prasâda est une réalité vivante, vivifiante car purificatrice, une énergie, une puissance. Le Seigneur Krishna, la représentation humaine de Dieu, après avoir montré qu’Il se trouve à l’origine de la création, qu’Il est comme Avatar le Créateur autant que la création, est donc véritable objet de tous les sacrifices. Le Seigneur Suprême révèle quelques dons à offrir en offrande, non seulement par le soi personnel mais aussi par ‘prasâda’. Le Seigneur Krishna, tout comme Jésus de Nazareth, le Messie (le Christ) des Chrétiens, trois mille ans plus tard, est le centre et le nœud de l’histoire, Dieu Lui-même incarné, désireux se voir présenter en oblation, la nourriture devenant céleste, spirituelle et divine. Si, en effet, nous voulons nous dévouer au Seigneur Krishna, et par conséquent à l’enseignement de la Gîtâ, par le culte de dévotion, et nous purifier ainsi pour atteindre le but de l’existence, notre offrande sera valide.

 

Celui qui aime le Seigneur Krishna Lui offrira tout ce qu’Il désire, en mettant en pratique les préceptes de la Gîtâ, donc ce que le Suprême Seigneur a enseigné dans le dialogue avec Arjuna. Prasâda est une offrande de produits naturels que produit la terre, ce que nous retrouvons dans le rite Eucharistique Catholique, par exemple, lorsque les dons sont offerts à Dieu à l’offrande : « Tu es béni, Dieu de l’univers, Toi qui nous donnes ce pain et ce vin (jus de raisins non alcoolisé), fruits de la terre et du travail des hommes, pour qu’ils deviennent le pain et le vin (jus de raison non alcoolisé) du Royaume Éternel. » Pour la brièveté, nous avons jumelé les deux offrandes, celle du pain et le jus de raisin (produit de base pour faire le vin[23]), de plus que de nos jours les deux espèces (le pain sur patène et le vin dans le calice) sont très souvent offertes en même temps. Naturellement, les Catholiques et Orthodoxes ajoutent à leur « prasâda », la « consécration » qui fait partie de la prière eucharistique où à lieu la transsubstantiation (comment le Christ se rend présent sous les deux espèces de pain et de vin), dogme vivement contesté de nos jours. Malgré que le dogme infaillible ( ?) de la « Présence Réelle » sous les deux espèces soit vérité pour les uns ; pour les autres, le pain et le vin simplement symbolisent l’œuvre rédemptrice du Christ, pendant que le peuple de Dieu s’unit au Christ et devient ‘un’ en Lui, contemplant en esprit et vérité Sa mort et résurrection (dogme chrétien universel).

 

Prasâda nous unit également au Suprême Absolu dans la personne du Seigneur Krishna, ou autre avatar, mais une immolation spirituelle comme dans chez les Catholiques et Orthodoxes n’existe pas. Simplement, le Seigneur Krishna est présent là où Il  est invoqué.

 

La troisième et dernière partie de la célébration Eucharistique est la communion, lorsque les espèces bénies et consacrées sont distribuées aux fidèles comme don salutaire. La prière spécifiquement du prêtre à la communion mentionne, « qu’elles soutiennent mon esprit et mon corps et me donne la guérison. » D’abord, nous donnons au Seigneur Krishna notre offrande, puis nous recevons de Lui, et avons ainsi communion avec Lui. Toutes les religions insistent sur l’importance de l’offrande, sans que le fidèle à l’impression qu’il fait un sacrifice lorsqu’il donne quelque chose. Quand  dans la dernière partie de prasâda, celle de la « communion », nous allons chercher ce que le Seigneur nous donne, soit une feuille, une fleur, un fruit, ou de l’eau pour nommer quelques espèces seulement, une telle nourriture n’est pas différente de Krishna Lui-même. D’où l’urgence logique pour ceux qui participent à prasâda en offrant des présents au Seigneur, finalement partagent aux dons du Seigneur Krishna Lui-même, se conformant toujours plus pleinement a Lui, en se mettant davantage sous l’abri de Sa plénitude.

 

Il est clair qu’une offrande n’est pas efficace que si elle est offerte avec dévotion et par un mental pur, devenant ainsi un facteur d’évolution spirituelle. Sans ceci, l’offrande est nulle et non avenant. Celui qui aime le Seigneur Krishna, Lui offre ce qu’Il désire, et non ce qu’Il Lui déplaît. A ce propos, la Gîtâ dit :

 

 

Les justes, qui mangent le restant du service désintéressé (Seva, Yajna) sont libérés de tous péchés, mais les impies qui cuisinent seulement pour eux-mêmes (sans d’abord M’en offrir, ou partager avec les autres), vraiment mangent le péché. (Gîtâ 3.13)

Les êtres vivants subsistent des aliments de grains ; les grains sont produits par la pluie ; la pluie arrive (comme une faveur des Dévas) si le devoir est accompli en tant que service désintéressé (Seva, Yajna). Le devoir est prescrit dans les Védas. Les Védas viennent de Brahma (l’Éternel Être). Par conséquent, le Brahman omniprésent est toujours présent dans Seva.  (3.14-15)

 

 

Il est défendu d’offrir au Seigneur Krishna de la viande, du poisson ou des œufs, ce qu’Il accepterait d’ailleurs jamais. Dans le verset 9.26 (voir plus haut), Il confirme que seuls, une feuille, un fruit, une fleur, et l’eau, Lui est agréable, mais Il ne mentionne en aucun cas, viande, poisson et œufs. Seuls les légumes, céréales, fruits (boissons non alcoolisés de fruits), lait (beurre et fromage), et l’eau composent une nourriture substantielle pour l’être humain, ce que le Seigneur Krishna recommande Lui-même. Si l’on ne respecte Son désir, comment se croire encore attaché et uni d’une manière indissoluble au Bien-Aimé Seigneur !

 

Voilà comment se révèle cette théologie mystique de la Gîtâ, et cet amour secret que portent les yogis et les dévots dans l’âme pour monter jusqu’au Suprême Absolu. L’amour est comme le feu ; il s’élève toujours vers le haut pour atteindre le centre de sa sphère, le Cœur spirituel du Seigneur. Offrons au Seigneur Krishna les fruits de la terre, et préparons Lui des plats végétariens simples et savoureux pour offrir devant Son Image, Sa Forme dans Son sanctuaire, que ce soit un mandir (temple), ou un lieu de méditation d’une habitation, une salle où se tient satsang, en se prosternant et en Le priant d’accepter notre humble offrande, ce qui nous permet de progresser sur la voie spirituelle. C’est en effet une grande merveille et une chose vraiment suave et douce que le Seigneur tient en réserve à ceux qui accomplissent leurs devoirs et de l’offrande faite même de soi, dans un sentiment d’amour. Répétons le, le Suprême Absolu n’a pas besoin de nos offrandes pour augmenter ou maintenir Sa gloire, car toutes choses viennent de Lui. Le Seigneur accepte l’offrande de celui ou celle qui désire Lui plaire en faisant offrande des fruits de la terre et de notre travail (nos efforts). Le facteur dominant de prasâda, dans la préparation, la présentation, et finalement l’offrande, ne sont que pour exprimer notre amour pour le Seigneur Krishna. Le verset 9.27 suivant, confirme :

 

O Arjuna, quoique tu fasses, quoique tu manges, quoique tu offres comme oblation au feu sacré, quoique charité tu donnes, quelle que soit l’austérité que tu pratiques, accomplis tout en offrande à Moi. (9.27)

 

 

Le Suprême Absolu a Ses Desseins. Même au point de vue naturel Il veut que nous perfectionnons, et Il nous conduit à ce sommet de perfection par la Gîtâ. Au point de vue métaphysique surtout, notre cause est tout à fait claire et certaine.  On se procure ces devoirs dans la joie de la foi et en pénétrant dans la retraite mystérieuse de la méditation où la foi devient vie, et dans le détachement comme l’enseigne la Gîtâ.

Philippe De Coster, D.D.[24]

The International Gita Society

 

Cette société internationale pour la diffusion de la Bhagavad Gîtâ fondée en 1984, est enregistrée aux États Unies d’Amérique comme « International Gita Society » (abrégée ‘IGS’). C’est une association absolument sans but lucratif, taxe exempte en tant qu’institut spirituel, sous la Section 501 (c) (3) du Code. L’adhésion comme membre est totalement gratuite. Tous sont bienvenus.

 

Les Actions et Objectives de la IGS sont :

 

 

Une édition de poche de la Gîtâ est gratuitement disponible en langue anglaise, traduit du Sanscrit par le Dr. Ramananda Prasad. Une traduction de cette version anglaise est en préparation. Vous pouvez également copier la Gîtâ aux adresses suivantes :

 

gita-society.com/

ou

gita4free.com/

 

 

Dr. Ramananda Prasad, Ph. D.D.

 

Le Dr. Prasad, un ingénieur gradué de l’Institut Indien de Technologie à Kharagpur, en Inde, obtint son grade M.S. à l’Université de Toronto, et un Ph.D. comme ingénieur civil à l’Université d’Illinois. Il retrouve sa racine à Bihar (Inde) près de Bodh Gaya. Il travaille dans la recherche et l’enseignement, comme ingénieur consultant pour différentes entreprises, autant pour le gouvernement d’État et Fédéraux aux États Unis d’Amérique. Il travailla comme superviseur à la Division Ouest de la Marine Américaine avant de prendre sa retraite. Il est aussi professeur ingénieur civil de l’Université d’État  ‘San Jose’, et professeur adjoint de Religion et de Psychologie au Collège de « Union Institute of Cincinnati » à Ohio. Il publia plusieurs pages dans les journaux  de la Société Américaine des Ingénieurs Civils. Le Dr. Prasad comprend confirmer l’immense contribution et guidance de la part de ses gourous sur sa voie spirituelle, lui offrant le privilège de commencer l’étude de la Gîtâ et de Kriya Yoga. Ils sont : Swami Prabhupada, Swami Chinmayananda, Swami Dayananda Sarasvati de Rishikesh, Swami Harihar, et Paramahamsa Hariharanandaji ;

 

Le Dr. Prasad est le membre fondateur de différentes organisations sans but lucratif à San Francisco Bay Area comme le ‘Vedic Dharma Samaj’, qui a maintenant un temple Hindou à Fremont ; Ramayan Sabha, et le Centre Universel de Yoga à San Francisco. Il est le fondateur du « International Gita Society » en 1984, qui a comme but de servir l’humanité par l’enseignement de la Bhagavad Gîtâ et autres Écritures, tout en établissant l’harmonie entre toutes les cultures, races, religions, Foi Mondiale par l’enseignement immortelle des grands maîtres spirituels et Écritures majeurs. Sa traduction « La Bhagavad Gîtâ » (Le Chant de Dieu), est maintenant à sa quatrième édition, et est obtenue gratuitement sur Internet en Sanscrit, Hindou et en Anglais.

 

Il est aidé par son épouse Sadhana Prasad, une grande dévote du Seigneur Shiva. Il a une fille, Madame Reeta Raina, épouse du Dr. Abhinav Raina, M.D. ; et un fils célibataire, Sanjay Prasad qui dirige les activités de l’IGS, et prévoit de devenir un Docteur en Ostéopathie.

 

Le Dr. Prasad prit sa retraite en Mars 2000, afin de se consacrer entièrement à la propagation du message de la Gîtâ avec l’aide et la coopération de personnes qui partagent le même idéal et organisation.

 

Pour la lecture de la Gîtâ en langue anglaise, que vous pouvez également copier :

 

bhagavad-gita

 

Pour acheter le livre en anglais :

 

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[1] Prêtre, ou une personne de la classe des intellectuels en Inde.

[2] La séparation du monde fait l’ascète.  Elle va si loin pour lui qu’elle le coupe de la société des hommes et femmes, fussent-ils ses émules dans la recherche du Suprême Absolu, et qu’elle le fait vivre d’une façon continue avec l’Absolu seul, n’ayant de contact avec les autres que ceux qu’imposent le besoin ou la charité.

[3] Si nous oubliions le Suprême Absolu, si notre vie intérieure se repliait sur elle-même, si elle ne tendait qu’à une expérience du divin destinée à nous satisfaire nous-mêmes, nous ne serions plus dignes de la Gîtâ et du nom de yogi, de dévot et d’ascète suivant notre vocation.

[4] Pour l’appelé par vocation, le yogi (l’ermite), l’entrée dans la solitude d’une forêt ou du désert est très certainement un instant solennel. Vous quittez le monde normal des relations sociales pour l’inconnu de la solitude. Là, il faut commencer par des arrachements, des brisements, peut-être des reniements. On n’accomplit pas sans larmes cette universelle et parfois définitive rupture avec ce qui nous était le plus cher. On trouvera bon la solitude, tout en affrontant l’austérité, mais l’anachorète à travers les âges en quête du Suprême Absolu définit la solitude d’une terre aride et ravinée, terre de sécheresse et de ténèbres, terre que nul homme ne parcourt, où rarement l’homme se fixe. Finalement, grande est la paix intérieure, vivant suivant l’enseignement de la Gîtâ.

[5] D’après des statistiques peu récentes quand-même datant de quelques années, environ trois cents ermites, hommes et femmes, vivent en France. Ils étaient une vingtaine en 1960. De ces hommes et de ces femmes – de ces femmes surtout – qui choisissent de tout quitter pour vivre dans la précarité matérielle, la solitude et le silence. Tous à la recherche du Suprême Absolu. Hindouistes, bouddhistes, juifs, chrétiens et mêmes musulmans ont toujours su qu’un des chemins vers la Transcendance – peut-être le plus court et certainement le plus difficile – se trouvait dans la solitude dite désert. Mais, en Occident depuis deux siècles, rares étaient ceux qui l’empruntaient. Au fait, pour la plupart d’entre nous, la solitude, le désert n’est pas un cadre, il est un état d’âme. En cela gît sa difficulté dans le monde. Le centre de la solitude, c’est vous en qui cette absence de l’homme et de ses vanités crée une première zone de silence. Sur la steppe, il n’est qu’un bruit : le gémissement du vent. C’est, dit le proverbe arabe, le désert qui pleure parce qu’il voudrait être prairie ! Ainsi de vous, terre aride et sans eau, qui supplie le Suprême Absolu d’y faire pleuvoir sa rosée. Le souffle du Suprême Esprit doit seul se faire entendre.

[6] Kuśa: herbe à longues feuilles pointues et coupantes que long utilise dans les rituels.

[7] Purusa : Le Moi spirituel ; Le moi incarné. Le mot signifie aussi : l’habitant dans la cité, c’est-à-dire dans la corps. Il dérive du sanscrit « pura » qui signifie cité ou corps et du « usa », un dérivé du verbe « vas » habiter.

[8] Dans le premier livre de la Bible, la Genèse, l’allégorie de la création relate, « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. » (Gen. 1.1-2)

[9] Avatars: Dieu, une ou autre de Ses émanations plénières ou l’un de Ses représentants, “descendu” du monde spirituel dans le monde matériel pour rétablir les principes de la religion, par exemple le Seigneur Krishna, Moïse, Jésus, Mohammed, pour en citer quelques uns.

[10] Par exemple, méditer sur l’effigie du Seigneur Krishna.

[11] Le repas doit être pris depuis quelques heures afin que la digestion soit accomplie. Le corps doit être parfaitement propre autant que les vêtements.

[12] Se retirer dans une chambre tranquille où l’on est assuré de n’être dérangé par aucune intervention ni aucun bruit. En Orient, on trouve souvent dans des maisons mêmes peu fortunées, une chambre réservée exclusivement pour la méditation. Si on le peut, se mettre dehors sous un arbre, mais s’assurer toujours la plus grandes tranquillité.

[13] Au fait, pour les débutants, il est bon avant de commencer la méditation, de s’exercer quotidiennement à demeurer assis de la manière souhaitée pendant 5, 10, 15 minutes, afin de discipliner le corps et n’avoir plus à s’en occuper quand ils commenceront la méditation. On doit le faire chaque jour à la même heure.

[14] Ou, les yeux légèrement baissés, pour limiter le champ de vision, ou complètement fermés, si on peut le faire sans céder au sommeil. L’attention doit être concentrée entre les sourcils.

[15] Beaucoup de personnes font confusion entre les idées et les pratiques de la respiration du Yoga des Hindous. Il est ainsi utile de donner certaines explications sur les exercices Hindous de respiration rythmique, mais l’on doit se rendre compte que seuls deux exercices Yogiques : la respiration dite de purification et la respiration rythmique sont sans danger pour nous. Le yoga est une science expérimentée qui permet à chacun d’obtenir un contrôle inusité de son corps et de son esprit. Le mot « Yoga » employé dans l’Hindouisme veut dire l’union avec Brahma, le Suprême Absolu, l’Être Suprême, et quand on respire, le corps absorbe avec l’air une force appelée « Prâna » (énergie vitale) qui est latente dans l’atmosphère.

(1)     Respiration Purificatrice.

Pour purifier le système respiratoire, cet exercice est indiqué :

Fermez la narine droite, en la comprimant sur le côté avec un doigt. Aspirez alors par la narine gauche. Renvoyez l’air aspirez en exhalant par la narine droite ; recommencez en comprimant la narine gauche et en aspirant l’air par la narine droite, et ainsi de suite. Les voies respiratoires seront ainsi nettoyées de l’acide carbonique et autres impuretés. Si la rétention du souffle indiquée est trop longue pour certains, nous conseillons :

Aspirer en comptant huit ;

Retenir le souffle en comptant quatre.

Expirer en comptant huit.

Rester sans respirer (vide) en comptant quatre.

(2)     Respiration Rythmique.

Voici un  exercice très estimé :

Vider les poumons en comptant six.

Rester sans respirer en comptant trois.

Remplir les poumons et le thorax en comptant six.

Retenir l’air en comptant trois.

Il ne faut pas que les comptes de la respiration soient plus rapides, ni plus lents que le battement du cœur. Cette respiration doit être rythmique, et deviendra par la suite automatique. Un conseil, il vaut mieux commencer par cette pratique respiratoire en dehors des heures saintes de méditation pour s’y habituer. On doit comprendre que plus tard on peut augmenter le nombre des comptes et retenir la respiration plus longtemps, mais si un débutant essaie la rétention du souffle, il se peut qu’il ressente des vertiges ou autres troubles. Il faut toujours se rappeler que le motif de cette respiration est de purifier le corps, de fortifier le système nerveux et de calmer le mental, mais en évitant tout surmenage.

 

Les deux exercices dont partie du « Prânâyâma » pratiqué dans les systèmes Yogiques des Hindous.

[16] Compagnie (sanga) des maîtres et des sages qui sont ancrés dans la Vérité (Sat). C’est aussi la compagnie de ceux en quête de connaissance spirituelle.

[17] Filiation spirituelle, ou succession disciplique (paramparā) : Succession de maîtres spirituels qui ont transmis, sans l’altérer, l’enseignement originel du Seigneur jusqu’à nos jours, ce que au fait la Bhagavad Gîtâ représente en tant que  Sainte Écriture. Dans la Chrétienté Apostolique (Catholique, Orthodoxe, Anglicane et autres), et d’après leur enseignement, par le souffle de l’Esprit, le jour de la Pentecôte, un peuple « spirituel » est né, dont Jésus est le premier-né et le Roi. L’Église Chrétienne est donc née, et l’apôtre Pierre avant les autres apôtres, dès ce moment, est entré dans son rôle d’ « économe des mystères de Dieu » suivant l’enseignement de Jésus Christ. C’est à partir des apôtres, qu’en première instance l’Église de Jérusalem fut, pendant un certain temps, toute l’Église de Jésus Christ ; et, de là Antioche et puis Rome, et cette même succession apostolique ou disciplique ininterrompue jusqu’à nos jours par les évêques.

[18] En Anglais :

Oh, Creator of the universe

May we receive thy supreme sin-destroying light

May thou guide our intellect in the right direction

Aum

 

[19] Mokşa : Libération, nirvana, Mukti.

[20] Trois mille ans après, marquant le début d’une nouvelle ère pour la religion Abrahamique par la naissance du Messie promis, rejeté jusqu’à nos jours par ceux qui attendent encore Sa venue, et accepté par les autres de la Nouvelle Alliance, Jésus de Nazareth, fils de Marie et du père adoptif Joseph, le roi Hérode dans sa tyrannie fit massacrer les nouveaux nés, afin d’être certain de la mort de l’Enfant Messie de Bethlehem.

[21] A l’âge de douze ans, Jésus de Nazareth monta avec ses parents à Jérusalem comme chaque année pour la fête de Pâques. Au moment de repartir après la fête, l’enfant Jésus resta dans la cité, pour discuter avec les docteurs dans le temple, et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfiés de son intelligence et de ses réponses. Après à  Nazareth, il resta soumis à ses parents. Ici, la narration évangélique  s’arrête jusqu’à l’âge de trente ans environ lorsque Jésus commença sa vie publique.

[22] Incarnation divine (littéralement) ‘descente’. Dans la tradition vishnouite, ce mot désigne les incarnations de Visnu au nom de dix venant rétablir l’ordre dans le monde : Matsya (le Poisson), Kûrma (la Tortue), Varâha (le Sanglier), Narasimha (l’Homme-Lion), Vâmana (le Nain), Parasurâma (Râma portant une hache), le Seigneur Rama, Balarâma (frère aîné de Krishna), le Seigneur Krishna (Krsna), et pour terminer Kalki qui doit venir à la fin de notre ère actuelle. Le Bouddha est parfois aussi inclus dans cette liste, et  même Jésus comme incarnation de Dieu fait homme.

[23] Il est impérieux de dire que toute boisson alcoolisée nous est absolument interdit. S’en abstenir, signifie que le yogi ou dévot a vraiment compris le dessein du Suprême Absolu pour chacun de nous. L’alcool fait déraisonner même les Sages. S’abstenir d’alcool et de drogue (fléau des temps actuels), offre au Suprême Absolu quelque chose de son propre mouvement dans la joie du Suprême Esprit, retranchant ainsi à son corps un ‘interdit’ dans l’exaltation du désir spirituel.  Il est donc impérieux de faire de notre cœur une carte blanche où la Suprême Sagesse divine puisse y graver ce qu’Il Lui plaira. Combien est-il pénible pour un yogi ou dévot de passer des heures entières dans la méditation, muettes, humbles, soumises, et ne pas vouloir comprendre le réel motif de l’interdiction. L’âme arrive à la libération par la purification opérée en elle par le Suprême Seigneur Lui-même.

[24] Pour situer en bref,  ‘Philippe De Coster’ sur le plan  religieux et spirituel, il est un gradué en théologie protestante. Il fut élève à l’Institut Biblique de Bruxelles (1960) ; il reçut en 1970 un certificat de fin d’études en métaphysique chrétienne de l’ « Unity School of Christianity, Lee’s Summit, Missouri, USA » ; obtint  un diplôme au London Bible College, Northwood, Londres en 1984, et accepté depuis lors comme ancien élève de cette institution. Entretemps, il poursuivit un programme d’étude ‘extra muros’ de réadaptation théologique avec une faculté de théologie universitaire Américaine, et obtenu le degré de « Bachelier en Théologie » en 1980 au Southeastern University, Greenville, South Carolina par l’intermédiaire du Pasteur Diederik D. J. Quatannens, Professeur à la Faculté Théologique Protestante de Bruxelles, Aumônier Général des institutions pénitentiaires belge ; et, responsable Européen pour la Southeastern University. En 1979, il reçut le titre ‘honoris causa’ Anglo-saxon de ‘Docteur en Divinité’, d’où les initiales ‘D.D.’, conféré par l’Institut St. Ephrem à Stockholm, Suède, suite à un travail de recherche et traité théologiques important. Depuis 1963 environ, il s’est toujours intéressé à la méditation, à la vie érémitique et, fut même le fondateur d’une telle institution en Belgique sous l’abréviation    ‘OMESA’, l’ésotérisme notamment Hindou ; et, il eut  depuis 1974 une haute fonction dans le Vieux Catholicisme Romain et Latine (hors Rome). Le 1e Octobre 1991, il fut reçu comme oblat séculier à l’Abbaye Bénédictine Saint Pierre (Catholique Romaine), Steenbrugge, lez Bruges (Belgique), par feu Dom Livien, prieur de la dite Abbaye. Il jouissait ainsi des privilèges spirituels de l’Ordre Bénédictin. Le Père Dom Livien-Frans Biebuyck mourut le 5 Février 1998. Désormais, à la retraite depuis Janvier 2000, il s’occupe unique de propager la Bhagavad Gîtâ et la Méditation (comme toujours d’ailleurs depuis les années soixante), tout en vivant son idéal de vie semi érémitique, puisque il est situé en ville.